‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 336 sur 347 · Sic ; cf. la pièce suivante · texte numérisé non relu

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3. « Je ne connais plus ni péclic ni justice » (Lettre a Fcnelon du 7 mai 1689, p. 182).

RÉPONSK l>K M- C.UYON 349

C'est peu, dit il, que n'avoir plus de vie Et de quitter pour moi ce Toi si cher. Je veux si loin porter ma jalousie, Qu'en me perdant, tu n'oses me chercher.

Je veux de plus, ((u'ignorant si je t'anne, Tu n'oses pas songer à le savoir.

Il faut qu'en toi je m'aime seul moi-même, M'y contemplant sans te le laisser voir.

Depuis ce temps, je me trouve sans vie, Je ne vois plus en moi de propre amour. Dieu tient mon àme en soi-même ravie, Sans me laisser sur moi faire un retour.

Je ne connais ni la mort ni la vie : Dieu vit en moi et je vis en Dieu.

Pour tous plaisirs mon àme est assoupie : Il n'est pour moi ni loi, ni temps, ni lieu.

Sans rien savoir, il n'est rien que j'ignore ' Sans rien avoir, je ne manque de rien. Sans rien aimer, nul tourment je n'abhorre : En voulant tout, je ne veux aucun bien'-.

Plus que la mer mon cœur se trouve immense '. Rien d'ici bas ne saurait le borner"' ; Dieu verse en lui sa divine science :

Ferme et constant, (jui pourrait l'ébranler I

1. «On sait tout sans rien savoir » {Instructions, X\II, t. M, p. lao, rf) ; cf. encore plus Ijaut Lettre C\XX, p. 820 et n. 8.

2. C'est la mise en vers de la formule fcnélonienne : « Je veux tout, je ne veux rien « ; cf. Lettre de Fcnelon à M"'" Guyon du 28 mars

1689, p. 89 et n. 2. •

3. « Je prie Dieu d'élargir votre cœur comme la mer » (Fénelon u M"" de Malntcnon. Lettre du 8 septembre 1690, t, VIII, p. 489, ,7).

.'1. Goiiiparez la fin du discours de Fénelon sur la Parole intérieure (Instructions, XXII, t. YI, p. 12't, d): « On ne veut rien et on veut

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