INTRODUCTION LUI
Paris, autant pour se dérober à ses fidèles et ne pas les couipronieltre, que pour se soustraire à ses persctuleurs, — Mme Guyon avait cessé toutes relations avec tous. Elle avait d abord passé quelques jours à la campagne dans une maison que personne ne connaissait ; puis, raconte-t-elle dans sa Vie, « après avoir laissé croire à ma famille, à mes amis et à ceux qui me persécutaient que je ne reviendrais plus à Paris, je retournai dans ma maison, où je ne vis aucun d'eux le reste du temps que j'y demeurai. Il n'y avait que M. Foucquet, oncle de mon gendre, qui sût où j'étais ' ». ( lomment alors écrivait-elle à Fénelon et à (^hevreuse i* I oute sa correspondance passait-elle par les mains de M. Foucquet ? c'est possible. Mais pourquoi leur auraitelle caché, surtout à I ami tt unique », ce qu'elle croyait pouvoir confier à un ami moins intime. Il est plus probable ([uc Foucquet servait effectivement d'intermédiaire, mais que Fénelon savait tout : « Que personne ne sache que je vous écris ceci, dit-elle au dutde Chevreuse, car S. B. m'a mandé de ne recevoir de lettres de personne sans exception que de M. Foucquet' ». Un an plus lard la correspondance secrète entre les deux amis prenait fin, })rovisoirement du moins : hï '2^ novembre 1694 Mme (luyon remettait pour Fénelon au duc de Chevreuse un « billet, qui, disait-elle, sera le dernier^ ». Il lui seiiii)laii cjue ce silence volontaire mettait 1 abbé |)Ius à I aise pour se défendre. PLlle continuait, il est vrai, de correspondre avec leurs amis communs, moins engagés dans la lutte, les
1. Ile, cdil. cit., IH'- partie, cluj). \ii, I. 111, p. i,'!o.
2. Lettre inùdi le du ir) novembre iOg3(I'^'' recueil fîlicvroiis(\ [>. 'ii).