‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 59 sur 347 · mars 1O97 (I"'' recueil Chevrcuse, p · texte numérisé non relu

mars 1O97 (I"'' recueil Chevrcuse, p

INÏHOIJL'GTION' I.VIl

« Jai lu le livre avec respect et satisfaction. J'y trouve peu de choses à redire. On se pouvait peut-être passer de mettre quelque chapitre des épreuves, mais aussi peut-être cela était-il nécessaire. Je trouve en t[uelques petits endroits le faux trop poussé, et qu'il peut causer bien de la peine à quelques âmes limoi'ées. Je trouve encore qu'il est trop concis en bien des endroits, qui auraient besoin de plus d'explication. Tout en gros, je le crois très bon, et que les crieries viennent de l'ennemi de la vérité. A Dieu ne plaise <|ue je me plaigne d y être condamnée en quelques endroits ', puisqu'outre que la condamnation n est pas formelle^ Dieu sait que je voudrais de tout mon cœur pour le bien de l'Eglise en général et pour l'utilité des particuliers, être condamnée de tout le monde. Dieu connaîtla sincérité de mon cœur. Je peux m'expliquei' mal étant une femme ignorante, mais plutôt mourir que de croire mal et de ne pas soumettre toute expérience à ceux qui doivent juger de tout, et surtout à une personne pour laquelle j'ai tant de respect... Voilà devant Dieu quels ont été et quels seront toujours, .s'il plaît à Dieu, mes sentiments, prête à tout et prèle à rien. Je prie Dieu (pi'il inspire d'ajouter et d'éclaircir ce qui sera pour sa gloire, et qu'en nous enseignant le pur amoui-, il n'y mêle jamais ni politique, ni propre intérêt, ni considération humaine. Il doit bannir tout cela de sa conduite, comme il le bannit de l'amour pur. Je prie donc Dieu de tout mon cœur qu il se glorifie toujours en lui et par lui ^. »

I-. Ces endroits sont très r.ircs ; cl', par exemple sur « l'union livpostatique du verbe avec l'homme », la lettre XIX, de Mme Guyon et le texte de l'Explication cité p. 5f|, n. /|.

2. Lettre inédite à ? de 1697 (I'^'' recueil Clicvrcuse. p. 19'^).

LVlll INTliOnUCTION

Ainsi elle semblait s'oublier loul onlièrc, pour ne penser qu'à la Vérité et à lui : « -le ne désire point, (lisait-elle, (piil me justifie, si cela peut lui faire le moindre tort '. » Mais leurs deux causes n'étaient-elles pas liées en fait et dans l'opinion ? Rt la victoire de Fénelon n'aurait-elle pas été sa victoire à elle même ? Sans oser peut-être se l'avouer, elle le sentait confusément. Puisque le livre était fait, il fallait bien le défendre ^ et jusqu'au bout. Mais elle se demandait avec angoisse si l'ami faible, ondoyant, proraptau découragementsaurait tout saci-ifîer, tout perdre, et se perdre lui-même pouisauver la vérité. Elle craignait qu'il manquât de fermeté, qu'il voulût se gagner les évêques par des concessions, qu'il ne trahit le pur amour, pour plaire à Mme de Maintenon et rester à la cour^ Elle pressentait très justement que le salut serait pour lui dans l'exil volontaire^ ou dans la disgrâce acceptée simplement, sans récrimination vaine : « J'espère, pensaitelle, que Dieu l'éloigiiera d'un lieu qui lui est si funeste, puisqu'il y tientsifort. J'ai toujours connu son attache pour une certaine personne (Mme de Maintenon) ; c'est ce qui lui tient le plus au cœur... J'espère que la tempête le jettera au port, et que, lorsqu'il sera éloio-né de ce lieu, il sentira le repos que son attache lui dérobe. '^ ».

1. 1(1.. mai 1C198 (((/., p. 2o3); cl', même recueil, p. ho : « J'ai bien plus de peine de la suspicion qu'on a sur B., que do tous les maux qui pourraient arriver » (Lettre du i't novembre lOgS).

2. Lettre inédite nu duc de Chevreuse de juin i(3<)7 (II" recueil Chcvrcuse).

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