‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 60 sur 347 · Id., octobre · texte numérisé non relu

Id., octobre

II. Id., juin 1C97 (id.) : « Qu'on aille dans son diocèse, et que de là on écrive au P[ape], etc.

f). Id., juin 1^97 (autre lettre, même recueil).

INTIUIDCCTION Ll.\

La tempc'ie vint, et Dieu « rendit sa paix » au iiobfe exilé'. Ses répliques aux évèques, ses inslructions pastorales, ses lettres au pape, tous ces plaidoyers d'une si ingénieuse et si gémissante éloquence, la ravirenl par leur « force », leur « netteté », leur « honnèttîté -». l^n nionieiil, elle eut une crainte affreuse. Klle avait appris que l'archevêque de (Cambrai, dans son « désir de revenir à la cour », avait fait « une démarche pour un acconiiiiodement » : « A-t-il oublié ce passage, s écrie-t-elle tout indignée : si vous aimez et soutenez la Vérité, la Vérité vous rendra libre ?... Cette démarche affaiblit beaucoup la Vérité. Prions Dieu cpiil lui donne plus de fermeté et plus d'indifférence pour la faveur... S'il préfère la cour à la Vérité, la cour sera son écueil '. » L'impatience de l'exil fut-elle en effet assez forte chez Fénelon, pour lui faire jouer le rôle de solliciteur repentant? Il est plus probable que Mme Guyon avait été mal renseignée. Au reste, sa crainte fut courte. Elle eut la grande joie de voir son ami rester ferme, et, suivant le conseil qu'elle lui avait <lonné *, porter sa cause, ou plutôt leur cause devant

I. /(/., août 1G97 (^ï" recueil Chevreuse) ; cf. les deux Lettres di' M. l'archevêque de Camhnii à un <le ses nmis après sa disgrâce, t. 11. p. 282-G.

■}.. « Je suis charmée tles lettres de N. (S. 15.). Rien n'est plus fort, plus net, plus décisif : il y a une certaine honnêteté tpii ne diminue rien de la force, et une manière délicate do démêler les choses » (Lettre inédite à } de mars i6g8, I" recueil Chevreuse, p. igi); cf. Lettre d'octobre 1697 ■ " L'"* '(^t-tre au pape a plu à tous les gens sans prévention » (Il« recueil Chevreuse).

3. Lettre inédite à ? d'avril iûg8 (1" recueil Chevreuse, p. 197-8).

'1. (' Je crois «[u'il faut faire tous les efforts possibles pour aller soi-même à R[ome], envoyer, si l'on ne peut obtenir d'y aller, les éclaircissements et la traduction... J'écrirais au P[ape] une lettre très soumise, très filiale, et d'im style qu'il n'a pas appris do voir dans les adversaires, etc. )> (Lettre inédite de mai 1697, II' recueil Chevreuse).

lA' intiu)i>u(;ti()n

le [>ap(', n abandonner aucun jioint de doctrine, et coud>aUre avec une souplesse el une énergie admirables iuscjuà la déCaile définilive : « Vous ne sauriez croire, ('■crivait-elle à (]lievreuse, la joie que vous nie donnez de nie mander quon tiendra ferme et que la chose ira à R[ome]. Je donnerais jusqu à la dernière goutte de mon sang jjour qu'on demeure ferme dans cette résolution. S'il reste encore (jtielque union pour moi, je n'en veux que cette seule marque'. » « Au nom de Dieu, écrit-elle deux mois plus tard, qu'on poursuive à R[ome] avec toute la vivacité et la paix possible, mais qu on ne retarde pas un instant le voyage du grand vicaire [Chanterac]. 11 faut pousser à Rome, comme s'il n'était pas question d ici, et écouler ici, comme s'il n'était pas (jueslion de Rome -. » Elle savait bien que tout ce mouvement était vain et que « le livre serait condamné par le crédit des gens »; mais elle savait aussi que « Dieu, voulant l'auteurpour lui et détaché de tout, ne l'épargnerait pas^ ». Ce n'était donc pas sans une joie secrète qu'elle voyait « M. de C[ambrai] seul et abandonné de tout aide* ». llWe se disait : « Il est traité comme Jésus-Christ, et par des personnes semblables ''. » Et, après cette « passion », elle attendait une résurrection et une ascension.

Nous n'avons point les confidences de Fénelon durant ces années de soulfrance enfiévrée, mais seule-

I. Lettre inédite nu diu- de Chevrcuse do juin iGç)7 (II' recueil Clievreuse.

Page 1