‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 73 sur 347 · Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 10 octobre i6Sg, p · texte numérisé non relu

Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 10 octobre i6Sg, p

9. Sur cette « sainte indifférence au salut » les textes abondent chez Mme Guyon comme chez Fénelon ; cf. en particulier, Explicaiion des Maximes, art. X, vrai, et plus loin Lettre XXXVII, p. gi-g*!.

INTRODUCTION LXXIll

dans lu joie, dans la huniore comme dans la nuit, elles le suivent « à la piste' », allant derrière lui « tête baissée- », sans savoii' où elles vont^, sans toujours même sentir qui les conduit^. Ayant fait au divin « Petil-Maîlrc •' » l'absolu sacrifice de leiu" raison'', elles se laissent manier et pétrir par lui dans une amoureuse souplesse', avec une naïveté el une petitesse d'enfant **. Leur vie n'est plus qu'un amen perpétuel*. Si le monde pouvait pénétrer au dedans d'elles, il serait scandalisé de leur folie. Mais elles, sont heureuses d'être folles'"; elles voudraient « passer pour folles aux yeux de tous les hommes " » ; elles ne désirent pour elles que l'imbécillité, l'impuissance et le bégaiement'^; et c'est avec cet abandon délicieux qu'elles se laissent entraîner et anéantir « dans cet abîme d'amour où toute sagesse humaine perd pied'^».

La nécessité d'un rédempteur ne s impose plus avec la même force dans celte religion d amour passif. Plus

I. Fénclon ;i Mme Giiyon, Lettre du i8 juillet iC8g, p. 217. 3. Mme Guyon à Fénelon, Lettre du 2 5 septembre 1689, p. 288.

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