u L'intérieur » de Fénelo
De loulos les aventures où ce cœur cliiinri-ique sesl risqué, c'est dans celle-ci peut-être qu'il s'est livré tout entier, si jamais âme aussi souple a pu se laisser prendre au piège, sans y échapper par quelque endroit. A cette sainte, qui a été la directrice et presque la maîtresse de sa vie, il a tenté d'expliquer ce « fond inexplicable ^ », dont lui-même par instants « ne savait que dire ni que penser - ». A cette guérisseuse, que rien ne scandalisait, il a raconté sans humiliation et sans trouble les faiblesses, les craintes et les incertitudes de sa douloureuse humanité : « Je ne m'ouvre à personne qu'à nous deux ^ », lui disait-il. Sa correspondance avec Mme Guyon n'est pas seulement sa confession d'une année. Si « dans les changements perpétuels » de cet insaisissable esprit « je ne sais quoi ne changeait point * », comme il le sentait luimême, ces lettres permettent peut-être d'atteindre ce « je ne sais quoi »,
Il était à la fois un ardent et un faible. Treizième enfant d'un quinquagénaire, il ne connut jamais cette vaillance physique, qui rendit si laborieuse chez un Bossuet ou chez un Corneille la belle robustesse de leur maturité. A trente-huit ans, il avait déjà une petite santé vacillante, qu'il soignait comme un vieillard ■'. Il
1. Fenelon .1 Aime Guyon, Lettres du lo octobre i68g, p. 290 et n. 7.
■-!. Lettre à l;i comtesse de Monthoron du y.o uo\endji'e 1701, t. VIII, p. C/40, rt.