‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 84 sur 347 · I^XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I^XXXIV INTRODUCTION

volonlU-i-s lyrannique * oubliait parfois, en écrivant à SCS dirigées, que c'était lui qui les dirigeait. 11 venait leur gémir ses souffrances et leur demander consolation : c'est dans ses lettres spirituelles qu'il s'est le plus sincèrement confessé -. Mais ce ne sont là que des aveux fragmentaires, dont on a dailleurs abusé. l'our rendre justice à ce noble ci généreux esprit, il le faut suivre dans toutes ses ondulations. Sa confession à Mme Guyon est plus juste, parce qu'elle est plus complète.

Car, par mobilité desi)rit, autant que par impuissance à être sincère, « il ne pouvait se dépeindre luimême ^ », ni jamais rien dire de lui, « qui ne lui parût faux l'instant d'après^ ». Il n'avait pas la force d'être franc, et ne sentait en lui qu'incertitude, inquiétude et mensonge •■. Il allait dans la vie avec une démarche sinueuse, ayant, jeune encore, des prudences de vieil homme « toujours délibérant et précautionneux*^ ". Tout ce que son hérédité lui avait légué de hauteur aristocratique et d'habitude de domination se trouvait à la fois exaspéré et adouci par la faiblesse de son tempérament. Les faibles, qui ne savent ni se pos-

1 Cf. en particulier ses lettres de direction à Mme de La Maison-

""V. Lettres spirituelles, t. VIII, p. 555, g, 565, .7. 58o, d, 64o, g, etc. La lettre CCXIX., la plus belle et la plus connue de toutes (p. 589, g). qui a été trouvée parmi les lettres de Fénelon à la duchesse de Mortemart, me paraît être adressée à Mme Guyon.

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