Lettres spirituelles, t. \ III, p. 5G8, g
LXXXM INTRODUCTION
làlc, sccoule, soxamine et ijreiul plaisir à aiialyst-r iniiiiUioiiseiiient sa maladie en rexagérant, — il aimait, inalgro leiii- amertume, ces descentes intérieures, où il éprouvait plus fortement c la servitude de sa corruption ' », et découvrait dans son âme incertaine et craintive « un amollissement à faire fraj'cur pour toutes les passions- ». Plus il s'attardait avec une douloureuse complaisance dans cette malsaine recherche, plus « il trouvait la boue » au dedans de soi^ plus il « voyait sortir du fond de son cœur une infinité de reptiles sales et pleins de venin* ». Et. humilié, découragé, las, il se sentait « un pauvre homme'' ».
Ce sentiment si aigu de sa détresse intérieure aurait pu le conduire, désespéré de la vie, à embrasser passionnément la pensée de la mort comme un très doux refuge. Mme Guyon le sauva de ce désespoir et de cette pensée. A ce cœur fatigué, qui avait honte de sa misère, elle fit trouver le repos dans sa misère même. A ce cœur inquiet, assoiffé d'amitié, elle offrit l'immensité de l'amour de Dieu pour sy perdre.
Cet homme frêle, toujours à demi malade, et dont la vie n'était guère qu'une perpétuelle langueur, avait dans les médecins une confiance d'enfant, et se livrait à eux avec une absolue soumission". Son cœur surtout demandait un médecin. 11 alla à Mme Guvon,