‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 108 sur 294 · Cf. plus loin, Lettres I, p". i^ et LXXXIV, p · texte numérisé non relu

Cf. plus loin, Lettres I, p". i^ et LXXXIV, p

2. Juin 8g a été ajouté de la main de Mme Guyon. C'est la date, où a été rédigée cette partie de la Vie.

3. Ce paragraphe est sans doute un peu postérieur aux précédents : l'écriture en est différente.

l\. Depuis 1 671, le P. François Lacombe, barnabite, avait été le compagnon de voyage, le directeur et l'ami de Mme Guyon. On prétendait même qu'il avait été pour elle quelque chose de plus. Il était enfermé par ordre du Roi depuis 1G87 ; cf. Phclippeaux, loc. cit., I, p. 29. Bossuct a utilisé ce passage dans sa Relation : cf. plus haut, p. 2 et n. 6.

5. M. L. a été écrit dans l'interligne par Mme Guyon. La copie porte N.

encore tout d'une autre nature ; et il y a quelque chose dans la nature de l'union que j'ai pour lui, qui [748] m'est entièrement nouvelle, ne l'ayant jamais éprouvée '. Il en est de même pour ce que je souffre pour lui. Cette différence ne peut jamais tomber que sous l'expérience. Je crois que Dieu me l'a donné de cette sorte, pour l'exercer et le faire mourir par l'opposition de son naturel ; aussi vois-je clairement qu'il ne sera point exercé par les fortes croix2, son état étant uni et non sujet aux alternatives de douleurs et de joie. Il faut donc détruire sa propre sagesse dans tous les endroits où elle se retranche ; et c'est à quoi il me paraît que Dieu me destine. Il me semble :' qu'il m'a choisie en ce siècle, pour détruire la raison humaine et faire régner la sagesse de Dieu par le débris de la

i. Fénelon fait allusion à cette préférence de Mme Guyon pour lui dans une lettre à l'abbé de Chante rac du 13 septembre iGgS (t. IX, p. 5a3, d).

2. « Vous ne serez point conduit par les fortes croix. » (Lettre do Mme Gnyon à Fénelon du i5 juin 1G89) ; cf. plus loin, p. 173.

3. Bossuet a condensé cette dernière page dans une citation de sa Relation (vi, § i3, édit. cit., t. XX, p. 97) : « Il m'a semblé, dit-elle, que Dieu m'a choisie en ce siècle pour détruire la raison humaine, pour établir la sagesse de Dieu par la destruction de la sagesse du monde ; il établira les cordes de son empire en moi, et les nations reconnaîtront sa puissance. Son esprit sera répandu en toute chair ; on chantera le cantique de l'Agneau comme vierge, et ceux qui le chanteront seront ceux qui seront parfaitement desappropriés ; ce que je lierai sera lié, ce que je délierai sera délié. Je suis cette pierre fichée par la croix sainte v rejetéc par les architectes ; et le reste que j'ai lu à M. l'abbé de Fénelon. Il sait bien ceux qui assistaient à la conférence, et que c'était lui seul que je regardais. » \tmc Guyon avait essayé en vain d'expliquer ce passage à Bossuet : « Je lui ai éclairci l'article de lier et délier, qui consistait en une autorité intérieure pour tirer Icb âmes peinées de leur peine, etc. » (Lottrc inédite au duc de Chevreuse du icr septembre 1694, mss. de Saint-Sulpicc, Ier Recueil Chcvreuse, p. 9/4) ; cf. plus haut, p. 2 et n. 5.

sagesse humaine et de la propre raison. Le Seigneur fera un jour éclater sa miséricorde ; il établira les cordes de son empire en moi, et les nations reconnaîtront sa puissance souveraine. Son esprit sera répandu en toute chair ; mes fils et mes filles* prophétiseront, et le Seigneur mettra en eux ses délices. C'est moi, c'est moi qui chanterai du milieu de ma faiblesse et de ma bassesse le cantique de l'Agneau, qui n'est chanté que des vierges qui le suivent partout ; et il ne regarde comme vierges, que ceux dont le cœur est parfaitement désapproprié. Tout le reste lui est en abomination. Oui, je serai en lui dominatrice de ceux qui dominent; et ceux qui ne sont assujettis pour quoi que ce soit, seront assujettis en moi par la. force de son autorité divine, dont ils ne pourront jamais se séparer, sans se séparer de Dieu même : ce que je lierai sera lié ; ce que je délierai sera délié ; et je suis cette pierre fichée par la croix, rejetée par tous les architectes, qui sont les forts et les savants, qui ne l'admettent jamais, mais qur servira cependant à l'angle de l'édifice intérieur, que le Seigneur s'est choisi pour composer cette Jérusalem descendue du Ciel, pompeuse et triomphante, comme une épouse qui sort de son lit nuptial.

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