CORRESPONDANCE DE FÉNELON AVEC M™ GUYON
Voilà quelques petits écrits, dans lesquels on vous prie en démission * de réprouver tout ce qui n'est pas de l'Esprit de Dieu, et de faire à l'égard de ces écrits l'office de juge et de censeur, car celle, dont on 3 s'est servi pour les écrire, souhaite fort que tout ce qui se sera glissé d'elle, soit ôté. Que de bon cœur l'on exposerait tous les autres à votre lumière ! et avec quel plaisir vous prierait-on de brûler tout ce que le propre esprit aurait produit4, si l'on ne craignait de vous fatiguer de leurs lectures ! Si cependant vous ne les jugez pas indignes de votre application, je vous enverrai ceux qui sont transcrits, les originaux étant trop difficiles à lire, que je vous ferais voir dans la suite, si vous vouliez. Vous devez par retour ne rien épargner dans ces écrits, puisque je vous les présente avec autant de soumission que de sim-
i. Lettres chrétiennes et spirituelles, etc., loc. cit., t. V, Lettre I,
a. Cf. Fénelon, Lettres spirituelles, t. VIII, p. 56g, g. « Laissez-vous juger avec une entière démission desprit par celui que vous avez choisi pour vous conduire, »