‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 113 sur 294 · T. V, Lettre II, p · texte numérisé non relu

T. V, Lettre II, p

3. Il s'agit évidemment ici de la description d'un état intérieur, comme le montre le premier paragraphe de la réponse de Fénelon.

4. On désigne sans doute ici le Père Lacombc, ou un ancien directeur de Mme Guy on.

5. Cf. Vie de Mme Guyon, IIIe partie, chap. vin, § 4 (t. III, p. 83) : « Fait ce 21 d'août 1688, âgée de quarante ans, de ma prison que j'aime et chéris et mon amour. — Je ferai des mémoires du reste de ma vie, pour ebéir, et pour achever un jour, si on le juge à propos. »

n'ai eu aucune peine d'y écrire et mes misères et les miséricordes de Dieu, Les premières sont ce qui est à moi, et le reste est tellement à Dieu, que je n'y ai point de part. A* présent que Dieu m'a ôté les personnes auxquelles. j'obéissais1 et qu'il me donne pour vous, Monsieur, une entière confiance, étant toujours plus convaincue que vous êtes la personne qui me fut montrée il y a huit ans 2, je* vous prie, Monsieur, de me dire, si je dois conserver ou brûler ce que l'on m'a fait écrire ou continuer? Gela me serait, que je crois, encore plus pénible que jamais, à cause de l'extrême simplicité de mes dispositions, dont je ne puis plus rien dire ; je ne puis parler que des faits particuliers ou de ce qui s'exprime, qui est la moindre partie dé l'état que je porte ; et encore j'ai si peu de mémoire que j'oublie ou j'use de redites. Si vous voulez bien m'honorer d'un petit mot de réponse, je vous prie qu'elle soit cachetée, et que l'on ne sache point ce que vous aurez décidé là-dessus. Je vous obéirai aveuglément, n'ayant rien de propre, et je vous promets aussi, ou de brûler votre réponse, ou de vous la renvoyer, et que le secret sera inviolable. Mes importunités seront rares, quoique mon estime et ma soumission soient continuelles : vous connaissez le caractère. J'ai des excuses à vous faire de vous avoir envoyé des papiers mal copiés et souvent sans sens, pour ne les avoir pas relus3.

V. — FÉNELON A M™ GUYON * L'écrit que vous m'avez envoyé, Madame, m'a fait

i. Le P. Lacombe était enfermé à la Bastille depuis Tannée précédente, ou peut-être déjà à Oleron. Cf. plus haut, p. 10, n. 4.

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