Is., I
Si vous voulez bien lire cette lettre dans l'esprit de foi, et la recevoir de la part de celui qui m'a fait vous l'écrire, vous y découvrirez des caractères de vérité, que vous ne sauriez vous dissimuler à vous-même sans vouloir vous tromper.
C'est jour de Noël, à deux heures après minuit '.
Il y a des défauts passagers, et il y a des défauts essentiels. Ceux qui seraient essentiels pour vous, seraient : le défaut de souplesse à l'esprit de Dieu, en chose qui vous paraîtrait même de peu de conséquence ; le moindre défaut d'abandon, de petitesse, de docilité à recevoir ce que Dieu vous donne ; le moindre arrêt sur votre raison, les retours, réflexions volontaires et de durée, l'agir propre, se mêler de soi sous bon prétexte ; tout cela sont des défauts essentiels, qui arrêtent l'âme, empêchent sa course, causent des milieux3 entre Dieu et l'âme. .
Un agir* [par exemple5] choquera la raison ; on ne peut s'y rendre, et l'op demande : pourquoi cela plutôt que
i. Cette lettre, ayant été écrite le jour de Noël, — comme il semble très difficile de la placer entre celles des 2 5 et 26 décembre 1689, qui trahissent d'autres préoccupations, et que toute cette Correspondance paraît se renfermer dans les deux années 1688 et 1689, — il est infiniment probable qu'elle doit être datée du 25 décembre 1688.