‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 122 sur 294 · T. V, Lettre V, p · texte numérisé non relu

T. V, Lettre V, p

4. Fénelon, Instructions, XXIII, t. VI, p. 126, g : « Dans ce premier attrait sensible, ... elle (l'àme) se déprend de toutes les consolations extérieures ; et celles de l'amitié sont aussi retranchées... Il ne reste plus que les amis auxquels on est lié par conformité de sentiments... : tout le reste devient à charge. »

inutiles ; il me tarde d'être seul, et dès que je suis seul, le recueillement s'ensuit. Je sens une certaine peine unissante, quand la présence de Dieu m'empêche et que les hommes m'occupent ; mais en tout cela il n'y a point d'impatience volontaire. Quelquefois il ne me reste rien dans le cœur pour Dieu, tant je me trouve sec, vide et occupé de choses communes. Mais la peine que j'en ressens, et l'abandon que j'aperçois encore, me soutient1. Ayez la bonté de me renvoyer le billet, quand vous l'aurez lu, ou de le garder pour me le rendre.

La personne 3 pour laquelle Notre- Seigneur me donne toujours plus de correspondance intérieure, éprouvera souvent de semblables vicissitudes de sécheresses et de distractions. Quoique les occupations extérieures y contribuent un peu, ce n'en est pas la première cause, mais bien le dessein de Dieu, qui est, d'épurer la foi, et d'affermir la volonté par le dessèchement de l'esprit. L'ennui et mésaise fréquent que l'on éprouve dans les occupations extérieures, l'approche des amis, et des conversations qui paraissent inutiles, viennent d'une bonne et d'une mauvaise cause. La première est, que le cœur

1. Id., id., id., p, 125, d: « C'est un soutien infini que dépenser qu'on n'est plus soutenu de rien, et qu'on ne cesse point, dans cette épreuve horrible, de s'abandonner fidèlement et sans réserve... Il faut tout perdre, même l'abandon aperçu, par lequel on se voit livré à sa perte » ; cf. Lettres des 11 et 12 août 1689, p. 289 et n. 3, p. 256 et n. 2.

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