‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 137 sur 294 · Sur cet accord, cf. Lettre II, p. 17 et n · texte numérisé non relu

Sur cet accord, cf. Lettre II, p. 17 et n

M- GUYOX A FENELON 73

autrement : un reste d'amour-propre et de crainte naturelle de vous rebuter. Recevez donc ce qui vous est donné, et soyez assuré que, quoique vous ne découvriez peutêtre pas la nécessité de ces choses, elles servent de fondement à votre édifice et d'antidote contre les attaquer de la nature et de la crainte de se perdre. Quand tout ne servirait de rien, je serais assez récompensée d'avoir obéi à Dieu, et de vous avoir donné des preuves de ce qu'il1 m'a fait vous être avec un amour infini unissant toutes choses.

11 m'est impossible de résister au mouvement que j'ai de vous écrire, quoique je fisse hier au matin. J'ai voulu remettre à une autre fois pour raison et crainte d'importunité, mais le Maître est trop maître chez moi, pour que je puisse disposer de moi, en nulle manière. Car il use de son autorité souveraine sur moi, qui suis si fort toute à lui, qu'il me semble n'avoir plus rien de propre. L'on veut donc que je prenne confiance en vous, et que comme un enfant, je vous dise sans retour toutes choses. Je le veux de tout mon cœur. L'on vous portera peu à peu tout ce que Notre-Seigneur m'a fait écrire, afin que vous en fassiez tout ce qu'il vous plaira avec l'agrément de N. 3. L'on veut que je vous dise, qu'il y a, de vous a moi, une union de filiation aussi intime qu'elle est inexplicable, qu'il me semble vous engendrer souvent, pour ne pas dire continuellement, en Jésus-Christ. Cela

i . Texte de Dutoit : qui. La correction me paraît s'imposer ; cf. p- 4o, la dernière phrase de la Lettre X.

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