Cf Lettre XXXIX, p. 106 et n
4. « Et vers l'un ou vers l'autre il faut être perfide » (Cinna, v. 8i8).
5. « Ni de mon amour même et démon injustice» (Bajazet, v. 1 554).
6. Lettres spirituelles, t. VIII, p. 562, b< « Le dégoût n'est qu'une épreuve... : on va contre le vent à force de rames. »
j'amuse un peu mes sens1, poui\ pouvoir me tenir dans un certain recueillement simple et facile ; et, bien loin d'être troublé par cet amusement des sens, il est au contraire plus paisible par là. C'est un enfant à qui on donne un jouet, pour l'empêcher de courir, et pour laisser dîner et reposer la nourrice2. Rien ne m'entre si avant dans le cœur, que la pensée d'être uni en vous à Dieu. Cela s'approfondit tous les jours 3. Ce ii mai 16894.
On voulait seulement savoir, Monsieur, si le péché mortel est incompatible en même temps avec les effets du pur amour, dont il est parlé dans la lettre6, car pour être impeccable7, nul ne présume de l'être. Tout ce que vous dites est très clair. Par nous-mêmes nous pouvons toujours déchoir ; mais il est très rare que Dieu abandonne une âme qu'il s'est acquise avec tant de soin et
1. Lettre à Mme de Maintenon de février 1691, t. VIII, p. Aga, d :' « Amusez vos sens » ; cf, plus loin de quelle façon Fénelon les amuse (Lettre du 9 juin 1689, p. 161).
2. Ce genre de comparaison (nourrice, allaitement, maillot, etc.) revient souvent dans les Lettres spirituelles de Fénelon ; cf. t. VIII, p. 5a6, d, 535, g, 546, g, etc. ; cf. encore Explication des Maximes, art. XVII, vrai, édit. cit., p. i45.
3. Lettre d la comtesse de Montberon da a3 septembre 1703 (t. VIII, p. 664, g) : « O que vous m'êtes chère !... Gela croit tous les jours en moi. »