‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 253 sur 294 · Cf. Lettre 111, p. 22 et n · texte numérisé non relu

Cf. Lettre 111, p. 22 et n

3. Sur cet emploi archaïque du pronom il, cf. Lettre du 12 août, p. a55 et n. d.

k. Cette suspension est dans le texte de Dutoit.

368 FENELON ET M- GUYON

Je nie sens pressée de vous dire qu'il est de conséquence de savoir qu'il y a des âmes que Dieu choisit d'abord, et sur lesquelles il a des desseins, mais elles s'égarent et quittent par leurs fautes la voie du Seigneur. Cela n'empêche pas que leur appel et leur grâce n'aient été véritables, comme il est vrai de Judas à l'apostolat, et de Salomon. Il y a deux sortes de ces personnes : les unes déchoient véritablement et ne reviennent plus ; les autres au contraire ne font que s'égarer et reviennent. Jésus-Christ ne s'était pas trompé en cet Apôtre, ni Dieu en Salomon; mais ce sont des promesses conditionnelles, comme celles qui furent données au peuple Juif: son égarement n'empêchait pas qu'il neût été choisi de Dieu ; Dieu le punissait ; mais après un long châtiment, il retournait en sa grâce. Je vous assure que M. J.1 retournera au Seigneur, et que, malgré son égarement, qui sera très long, il est un \ase choisi : c'est pourquoi je vous prie de ne lui point nuire. Je le ferai sortir, si je peux; si je ne le puis, il faudra prendre la voie de ses supérieurs. J'ai été plus certifiée encore que vous serviriez à N., et que c'est vous qui avez pris pour cela la place de..., lorsqu'il me fut arraché ; et cette pensée m'est imprimée ; son épiscupat sera donné à un autre2...

Lorsque l'on m interroge sur les choses que j'ai dites ou écrites, je reste interdite, et il ne me reste aucune idée, à moins que Nôtre-Seigneur ne me le rappelle. Mais il permet souvent qu'on me parle des choses sur lesquelles il ne m'a donné nulles lumières, parce qu'il a dessein de m'éclaircr après là-dessus. Je vous dis tout simplement ce qui me vient dans l'esprit.

i . L'allusion faite plus loin à « ses supérieurs » me donne à croire qu'il s'agit ici de M. Jasscaux, prêtre de la mission et confesseur de Mme de Main tenon. Il était du parti « guyoniste », et travaillera plus tard activement à faire rentrer en grâce Mme Guyon auprès de Mme de Maintenon (Phelippeaux, loc. cit., t. I, p. 3o).

2. Dans le texte de Dutoit, la phrase s 'arrête sur les points de suspension.

M. l'abbé de L[angeron] a besoin de vous, et il mènerait une vie pleine de vicissitudes, s'il ne vous avait point. Dieu vous l'a donné, ayez-en soin ; il l'aime, quoiqu'il n'ait pas dessein de le conduire jusqu'à la consommation : il y a plusieurs demeures dans la maison du Seigneur ' .

Depuis ma lettre écrite jusqu'ici, j'ai une certitude queN. vous était donnée. Il faut de la patience, car les choses ne s'accomplissent pas d'abord ; mais Dieu le fait attendre et. souvent bien acheter. J'ai tiré tout à coup le i4e chapitre du 4e livre d'Esdras2, et j'en ai été pénétrée •du commencement. Je n'ai pas lu la fin. Lisez, si vous en avez le temps, les cinq premiers versets 3.

GV. — FÉNELON A M™ GUYON *

J'ai ressenti, Madame, tout ce que je dois sur la blessure de Monsieur votre filsr'. On assure qu'elle n'est pas dangereuse. Vous n'aurez de moi aucun compliment là-dessus. Il me suffit d'être sur elle et sur tout ce qui vous touche comme je dois être. J'ai appris que le mariage est fait enfin6. Dieu veuille le bénir, et faire sa volonté en eux.

i. Jean, XIV, 2.

2. Le IIIe et le IVe livres d'Esdras ne font plus partie des recueils canoniques de la Bible depuis le Concile de Trente. Les versets cités ici par Mme Guyon contiennent le début des révélations faites à Esdras.

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