T. V, Lettre XLVI, p. 33g-34i
5. Dangeau, Journal, édit. cit., t. II, p. 457-8 : « Dimanche 28 (août 1689) à Versailles. — L'ordinaire de Flandre a apporté les lettres de M. le maréchal d'Humières (sur l'engagement de cavalerie de Valcour)... Liste des morts et des blessés à l'action de Valcour : Lieutenants (du régiment des gardes)... Guyon : bras cassé. »
6. Dangeau, id., id., p. 45g : « Lundi 29 (août 1689). — M. le
Î70 FÊNELON ET M- GUYON
Je n ai aucun travail aperçu. Je fais beaucoup de fautes extérieures. Il y en a même plusieurs, qui vont au dedans et qui marquent qu'il échappe de petites saillies à la volonté; mais je ne veux pourtant que ce que vous savez1. Et, quoique mes fautes me causent une humiliation cuisante, je Yeux non seulement porter cette humiliation, mais encore sans exception toutes les suites les plus terribles que Dieu veut y al tacher. Ce que je vois, quoique nouveau et flatteur pour moi, ne m'entre point au cœur, et je ne puis m 'empêcher de me rendre ce témoignage, que ce n'est pas là ce que j'aime*. Dieu sait où il met mon amour, et c'est à lui à le garder. Je ne m'embarrasse point de certaines fautes de prudence, que j'aperçois, après qu'elles sont faites, vers s les personnes avec qui il semble qu'il faudrait le moins en faire; mais il me semble que la terre ne peut me manquer, et que Dieu me mène à son but, autant par mes fautes que par tout le reste.
Vous m'avez promis de m'envoyer quelque chose de votre façon sur mon nouvel état; j'espère que vous aurez cette bonté. Je voudrais bien aussi que
marquis de Vaux, fils de M. Fouquct, épousa ici, il y a trois jours, Mlle Guyon, fille très riche (?), qui n'a qu'un frère [inexact, elle en avait deux] qui vient d'avoir le bras cassé à Valcour. » Sur Mlle Guyon et les négociations de son mariage, cf. Lettre du i5 juin et lettres suivantes, p. 177, n. 4, etc.
1. Cest-à-dire : tout et rien ; cf. Lettre du 28 mars 1689, p. 8g.
3 . Cf. la lettre bien connue à la comtesse de Gramont : « Il y fant (à Versailles) un visage riant, mais le cœur ne rit guère, etc. » (4 juillet i695, t. VIII, p. 6i4, d).
3. Sur cet emploi de vers au sens d'envers, cf. Lettre LIV, p. *5$.
vous me fissiez, entendre en deux mots comment va le nouveau ménage. Les petits nuages sont-ils dissipés? Quelle joie aurai-je de vous savoir en profonde paix ! Et, quand M. deC [hevreuse] viendra à Versailles, je lui donnerai ma petite cassette, où sont toutes mes lettres, pour les faire transcrire1. Je suis de plus en plus uni à vous, Madarne, en tyotre-Seigneur, et j'aimerais mieux mille fois être anéanti que de retarder un seul instant le cours des grâces par le canal que Dieu a choisi. Si Dieu vous donne quelque mouvement de prier [pour le Roi] et pour [le petit Prince] *, faites-le, et je vous recommande aussi [Desmarets] 3, qui est fort blessé. Ce 3i août 1689.
CVI. — FÉNELON A M™ GUYON4 J'espère que Dieu conservera ce cher fils5, qui est
1 . Sans doute les lettres mêmes que Fcnelon écrivait à Mme Guyon, et qu'il demandait de lui renvoyer ; cf. Lettre du 26 novembre 1689, p. 3a6 et n. 1.
2. Texte de Dutoit : prier... et pour... faites-le; mais la restitution est certaine ; cf. la Lettre de Mme Guyon du 3 3 septembre, p. 276.
3. Je conjecture ici le nom de Desmarets (peut-être quelque parent de Godet- Desmarets, évèque de Chartres) parce qu'il s'agit évidemment d'un blessé de l'affaire de Val cour et que la liste donnée par Dangeau (cf. p. 269, n. 5) porte précisément (p. 458) : « Desmarés,fort blessé.»