XL1V INTRODUCTION
édifié1. » C'était donc sans préjugé et sans scrupules conventionnels qu'elle se donnait à lui avec toute la tendresse de son fonds, tendresse si forte, qu'elle en était comme oppressée, et que souvent elle était obligée de lui crier toute seule, pour se soulager 2 : « O mon enfant 3, votre âme m'est chère au delà de tout ce que je puis dire4, elle n'est qu'une même chose avec la mienne5, vous êtes l'unique6, vous êtes mon fils bien-aimé, en qui je me complais1. » Dans ses rêves, elle se voyait avec lui, glissant, ou plutôt se laissant « couler » ensemble sur les pentes flexibles des vallées mystiques, étroitement enlacés et se disant l'un à l'autre: « Il n'y a rien de plus doux au monde8. » Souvent aussi, elle s'éveillait avant l'aube, « avec une douce et suave occupation de lui en Dieu9 ». Quand elle pensait à lui, elle avait des façons innocentes et enfantines de témoigner son affection pour lui 10, et elle lui donnait de petits surnoms amicaux, qui restent aujourd'hui encore une énigme pour nous11 : « Rien ne me scandalise en vous, lui répondait Fénelon et je ne suis jamais importuné de vos expressions13. »
i. Fénelon à Mme Guvon. Lettre du 3 juin 1689, p. i53.
>. Fragment d'autobiographie, p. 5.
3. Mme Guyon à Fénelon, Lettre du 28 mai 1689, p. idi ; cf. encore Lettre LXIII, p. i5G.
h. /</., Lettre GXIII, p. 298.
5. Mme Guyon à Fénelon, Lettre du 2 5 septembre 1O89, p. a83. ' 6. /</., Lettre LXXX1V, p. 20*.