ld., Lettre du 28 mars 16Ô9, p
3. Sur Faction de Mme Guyon à Saint-Cyr, cf. le § II de cette seconde partie de l'Introduction, p. lxxxi.
'4. Saint-Simon, année i6q5, édit. des Grands écrivains, t. II, p. 344-5.
XLVlll INTRODUCTION
qu'un maintenant avec celui que Fénelon avait jadis groupé autour de lui, Saint-Simon ajoute que l'abbé « ne les conduisait pourtant que sous la direction de la prophétesse ». La remarque est vraie, mais insuffisante. Pour Fénelon, comme pour tous ces néophytes, Mme Guyon restait l'initiatrice, la femmme visitée de Dieu et, dans toute la force du terme : « la prophétesse ». Mais l'élu du Seigneur, le prédestiné, celui qui devait être entre les mains de Dieu un instrument privilégié de rénovation religieuse, c'était lui. Mme Guyon le désignait elle-même comme le Christ de son « nouvel Evangile * » : a Consultez, disait-elle au duc de Chevreuse, consultez mon oracle après le Petit-Maître : c'est S. B. 2 », c'est-à-dire Fénelon. Elle ne se lassait pas d'ailleurs de lui rappeler le rôle providentiel qui l'attendait : « Les desseins de Dieu sur vous sont grands, lui répétait-elle3. Vous êtes la lainpe ardente et luisante qui éclairera l'Eglise 4. Dieu vous veut faire le père d'un grand peuple5. » Quant à elle, elle se contentait d'être « la victime éternelle, brûlant sans cesse devant Dieu 6 » pour l'homme prédestiné, et donnant sa vie, — « mille vies, si elle les avaient eues », — pour que la volonté et la gloire de Dieu se réalisassent en lui 7.
Rien dans ces prophéties, dans ces appels, dans ces
i. Fénelon à Mme de Maintenon, Lettre du 7 mars 1696, t. IX., p. 81, d.
2. Mme Guyon au duc de Chevreuse, Lettre inédite du 24 octobre iCç)4 (Mss. de Saint- Sulpice, Ier recueil Chevreuse, p. 110).
3. Fragment d'autobiographie, p. 8 ; Lettre XXIX, p. 77. /». Mme Guyon à Fénelon, Lettre XXXI, p. 79.