‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 63 sur 294 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

le pape, n'abandonner aucun point de doctrine, et combattre avec une souplesse et une énergie admirables jusqu'à la défaite définitive : « Vous ne sauriez croire, écrivait-elle à Chevreuse, la joie que vous me donnez de me mander qu'on tiendra ferme et que la chose ira à R[ome]. Je donnerais jusqu'à la dernière goutte de mon sang pour qu'on demeure ferme dans cette résolution. S'il reste encore quelque union pour moi, je n'en veux que cette seule marque ' . » « Au nom de Dieu, écrit-elle deux mois plus tard, qu'on poursuive à R[ome] avec toute la vivacité et la paix possible, mais qu'on ne retarde pas un instant le voyage du grand vicaire [Chanlerac]. Il faut pousser à Rome, comme s'il n'était pas question d'ici, et écouter ici, comme s'il n'était pas question de Rome 2. » Elle savait bien que tout ce mouvement était vain et que « le livre serait condamné par le crédit des gens »; mais elle savait aussi que « Dieu, voulant l'auteur pour lui et détaché de tout, ne l'épargnerait pas3 ». Ce n'était donc pas sans une joie secrète qu'elle voyait « M. de C[ambrai] seul et abandonné de tout aide4 ». Elle se disait : « Il est traité comme Jésus-Christ, et par des personnes semblables 5. » Et, après cette « passion », elle attendait une résurrection et une ascension.

Nous n'avons point les confidences de Fénelon durant ces années de souffrance enfiévrée, mais seule-

i. Lettre inédite au duc de Chevreuse de juin 1G97 (^e recueil Chevreuse.

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