‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 72 sur 294 · LXV11I INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXV11I INTRODUCTION

conclusion de l'affaire du Quiétisme, d'entretenir secrètement avec Mme Guyon une correspondance fondée sur une mutuelle estime ! ».

De cette correspondance des derniers jours, on pourrait presque dire de cette correspondance d'outretombe, il est grand dommage de n'avoir plus aujourd'hui que les deux petites lettres rimées, dont on vient de lire quelques vers, mais que nos regrets ne soient pas trop vifs. Maintenant que le calme leur était revenu à tous deux, leurs chansons sans doute eussent toujours eu le même refrain. Quand encore Fénelon n'aurait plus reçu de son amie aucune lettre, l'influence d'autrefois se serait prolongée sur lui. Il n'avait qu'à rappeler dans son esprit les bienfaisantes paroles qui lui avaient été dites, pour y trouver la paix. Peut-être aussi gardait-il au cœur quelque immense espoir inavoué qui le soutenait. Ne lui avait-elle pas promis qu'il serait un jour « le père d'un grand peuple » ? Et la mort inattendue de Monseigneur ne laissait-elle pas prévoir qu'il allait être demain l'oracle du prochain règne ? Mais cet espoir, dont la réalisation paraissait toute proche, lui fut très vite et très brutalement coupé 2 . Il ne lui restait plus qu'à « mourir de bonne foi3 ». Tout ces mots d'abandon, de perte, d'anéantissement en Dieu, de désappropriation, qu'ils s'étaient tant de fois répétés l'un à l'autre, il fallait désormais, non plus se les redire, mais les vivre. Au reste, ces mots étaient puissants et portaient en eux leur vertu de

i . Notice des personnages contemporains (Correspondance générale de Fénelon, édition de Versailles, 1829, t. XI, p. 3 12). La notice est reproduite au t. X des Œuvres, édition de i852, p. i85, d.

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