LXXV1II INTRODUCTION
d'amour pur de Dieu, d'abandon, de sainte indifférence, de simplicité ; cette dernière vertu servait de voile à la recherche de toutes les petites satisfactions personnelles... on prenait ses aises et ses commodités avec la sainte liberté des enfants de Dieu ; on ne s'embarrassait de rien, pas même de son salut. » De cette « petite église ! » guyonienne, c'est l'abbé de Fénelon qui est maintenant la voix. Mme Guyon lui avait jadis écrit : « Vous serez ma langue, vous parlerez mon même langage et nous accomplirons ensemble toute justice 2. » La prédiction se réalisait : « Lorsque Notre- Seigneur, disait-elle, me fit connaître qu'il serait ma bouche, il ne m'a pas trompée3.» Il redisait donc aux autres ce quelle lui avait dit dans ses lettres ou ce qu'elle lui avait infusé dans ses communications en silence : « Il donnait des conférences à certains jours de la semaine aux dames qu'il dirigeait, et il ne manquait pas d'y insinuer la nouvelle méthode pour s'unir à Dieu et pour faire oraison 4. » Des lettres, plus intimes et plus personnelles, précisaient la doctrine
du séminaire de Versailles, où il m'a été très obligeamment communiqué) ; cf. encore la Vie de Mme Guyon, édit. cit., IIIe partie, chap. xi, t. III, p. 123.
i. Expression du P. La Combe qui scandalisa beaucoup les examinateurs de Mme Guyon : cf. ce qu'elle raconte de son interrogatoire dans une lettre de mars 1697 * ^a duchesse de Mortemart ( ?) (mss. de Saint-Sulpicc, Ier recueil Chevreuse, p. 188)-; cf. encore la lettre de Fénelon à Mme de Maintenon du 7 mars 1696, t. IX, p. 82, g: « Pour la petite Église, elle ne signifie point... une église séparée de la catholique, etc. »
2. Lettre inédite au duc de Chevreuse du & octobre i6g4 : « Il me semble que je vois ainsi vérifié ce qui me fut donné à connaître do S. B. et que je lui écrivis : qu'il serait ma langue, etc. » (Mss. de Saint- Sulpice, Ier recueil Chevreuse, p. io5-6).