‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 92 sur 294 · LXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXVI INTRODUCTION

tâte, s'écoute, s'examine et prend plaisir à analyser minutieusement sa maladie en l'exagérant, -»- il aimait, malgré leur amertume, ces descentes intérieures, où il éprouvait plus fortement « la servitude de sa corruption * », et découvrait dans son âme incertaine et craintive « un amollissement à faire frayeur pour toutes les passions2 ». Plus il s'attardait avec une douloureuse complaisance dans cette malsaine recherche, plus « il trouvait la boue » au dedans de soi3, plus il « voyait sortir du fond de son cœur une infinité de reptiles sales et pleins de venin4 ». Et. humilié, découragé, las, il se sentait « un pauvre homme 5 ».

Ce sentiment si aigu de sa détresse intérieure aurait pu le conduire, désespéré de la vie, à embrasser passionnément la pensée de la mort comme un très doux refuge. Mme Guy on le sauva de ce désespoir et de cette pensée. A ce cœur fatigué, qui avait honte de sa misère, elle fit trouver le repos dan6 sa misère même. A ce cœur inquiet, assoiffé d'amitié, elle offrit l'immensité de l'amour de Dieu pour s'y perdre.

Cet homme frêle, toujours à demi malade, et dont la vie n'était guère qu'une perpétuelle langueur, avait dans les médecins une confiance d'enfant, et se livrait à eux avec une absolue soumission 6. Son cœur surtout demandait un médecin. Il alla à Mme Guyon,

i. Id., id., p. 5a8, d.

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