CHAPITRE III
DE l'éducation des FILLES
Personne ne dira maintenant que « rien n'est plus négligé que l'éducation des filles ». Programmes, écoles, professeurs, rien ne diffère, examens en moins, et ce serait même là un avantage, de l'éducation des garçons.
A remonter à l'origine de ce mouvement, nous nous arrêtons à Fénelon. Sans doute, c'est depuis cinquante ans que cette orientation s'affirme avec intensité et dans tous les sens. C'est Fénelon qui le premier a jeté le cri d'alarme.
L'antiquité avait à peine soupçonné la dignité de la femme. Les conversations si simples et si naturelles d'Isomachos avec sa femme dans l'Economique de Xénophon ne sont que des aperçus moraux sur le rôle d'une maîtresse de maison. Il n'est pas question de meubler une tête pour mieux conduire le cœur.
Les admirables conseils de saint Jérôme à Lirta ou à Gaudentius, qu'on a appelés avec raison le premier Traité sur rÉducalion des Filles, visent surtout