‹ Ferdinand GagnonChapitre 3 sur 17 · RESTONS CANADIENS. III · texte numérisé non relu

RESTONS CANADIENS. III

Ces villes vous offriront des jouissances, sans doute ; elles se composeront pour vous des airs coquets ; elles enchaîneront la liberté de votre travail avec des fleurs ; elles vous prodigueront des plaisirs ; mais votre cœur ne sera pas satisfait. Il manquera quelque chose à ce bien-être de fiction. Car l'émigré canadien :

Jamais pour consoler sa morne rêverie, Il n'a devant les yeux le ciel de la patrie, Et le sol sous ses pas n'a point de souvenirs.

Mes chers amis, vous avez presque tous éprouvé déjà ces mêmes sentiments. Mais pour vous l'exil a cessé. Vous êtes aujourd'hui à la table de la Patrie. Vivez-y heureux.

Avant tout, restez Canadiens.

Oui, soyez-le de tout cœur.

Pour moi, mes amis, après avoir vécu depuis huit ans aux Etats-Unis, je ressens un plaisir ineffable à venir répéter aux échos de nos forêts canadiennes, ces cris de mon cœur : Avant tout, je suis Canadien.

Quand je me rappelle le souvenir de la cérémonie qui avait lieu ici, il y a un an, j'admire l'apostolat bienfaisant de notre clergé, le patriotisme de nos fonctionnaires publics et je ne puis m'empêcher de dire : oui, soyons orgueilleux des hommes du 15 juin, 1875, et de ceux du 15 juin, 1876 ; avant tout, je suis Canadien.

Quand j'ouvre les pages de notre glorieuse histoire, qui est, hélas ! trop peu connue, et que j'y vois gravés en traits de flamme l'héroïsme de l'apôtre, du

Page 1