‹ Ferdinand Gagnon, sa vie et ses œuvres [microforme]Chapitre 10 sur 32 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

DE DOIS vous avouer que ce n’est pas sans éprouver un sentiment de crainte et d’hésitation que j'accepte l'honneur redoutable que vous me faites, de vous adresser

la parole dans une circonstance aussi solennelle, au nom de la Patrie.

Cet honneur est redoutable parce que le sujet à traiter est grand, est immense, est tout après Dieu. J'ai hésité, j'hésite encore à l’accepter, parce que je sens mon impuissance à le bien rendre, et qu'il me semble que l'atmosphère de l'opinion publique ne m'est pas favorable, parmi mes compatriotes de Worcester, du moins si j'en dois juger d'après l'encouragement limité que mon œuvre, toute patriotique qu’elle soit, a reçu de votre population.

Cependant, je me rassure, vu que dans cette fête nationale tous les sentiments d'antipathie, de rivalité, d'animosité et de divergence d'opinions doivent disparaître ct faire place à l'union, à la concorde. Je me rassure à la pensée que la devise de tes drapeaux, belle société St.-Jean-Baptiste, doit être en même temps la devise de ce grand jour: Egalité, Fraternité, Amour. C’est devant une portion de la grande famille canadienne-française qui se trouve aujourd'hui groupée comme un seul homme, sous le

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