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4 PRÉFACE
Guesclin, Bayard et Turenne ; le piédestal de César s'éclipse devant celui de Napoléon, ce géant, qui, porté sur les ailes de la foudre, fit ployer l’Europe entière sous sa volonté souveraine. Digne enfant de la France, le peuple canadien possède à un haut degré le sublime sentiment de la reconnaissance, Nous aussi, nous savons honorer nos gloires nationales. Les d’Iberville, les de Salaberry, les Papineau, les Viger, les Chénier, les de Lorimier, les Plessis, les Garneau, les Crémazie, les Bourget, les Taschereau, et cette plétade d'hommes illustres qui font honneur à notre nationalité ne possèdent-ils pas notre admiration, notre vénération et notre reconnaissance ?
Désormais, à la longue liste de noms respectés qui ornent nos annales historiques, il faudra ajouter celui de Ferdinand Gagnon. Le soldat trace à la pointe de son épée des récits légendaires qui feront l’'étonnement des générations futures ; le dignitaire ecclésiastique imprime au caractère des peuples le sceau de la Foi ; l’homme d'Etat dépense ses talents et son énergie au bien-être de ceux qu’il a pour mission de protéger ; le journaliste, lui, cherchant sans cesse des horizons nouveaux, éclaire et dirige l’opinion publique. Ce rôle important, M. Gagnon l’a compris et rempli noblement. Jetés, sans fortune et sans défense, sur le sol américain, où tant d'éléments hétérogènes se disputaient le pas, des centaines de mille Canadiens se demandaient quel avenir leur était réservé, lorsque Ferdinand Gagnon fit son apparition sur la scène. Il était armé pour la Iutte, et sa na-
PRÉFACE. S
ture chevaleresque le lança biéntôt dans la lutte gigantesque qui se livrait sur le terrain social et religieux. S’apercevant d’un coup d'œil que ses forces étaient insuffisantes pour prendre une part glorieuse au combat, il fit, à l’instar d'Antée, sortir de terre des légions. Alors, se jetant bravement dans l'arène, il remporta de nombreux succès. Sa voix était devenue l'interprète de la victoire ; sa plume, une épée flamboyante !
Comme doyen du journalisme canadien dans la Nouvelle-Angleterre ; comme patriote ardent et convaincu ; comme chef et bienfaiteur des Canadiens aux Etats-Unis, Ferdinand Gagnon a droit à l’immortalité. C’est pour redire à la postérité ce que fut ce vaillant chrétien, que nous élevons à sa mémoire ce modeste monument. Son nom appartient à l’histoire de l'élément français sur le continent américain. Puisse-t-il, avec ceux de nos autres gloires nationales, inspirer aux Canadiens de l'avenir les sentiments d'honneur et de patriotisme qui ont été, dans le passé, la sauvegarde de notre nationalités,
Un philosophe français écrivait, un jour: “Si vous ne trouvez plus la patrie autour de vous, cherchez-la dans sa littérature ; elle y est tout entière.” Ce conseil s'applique admirablement à nos compatriotes des Etats-Unis.
Soyons reconnaissants |
Honorons nos morts !