TS SE
Re me SE REE T
a RE A D A LE D 2 ue me
RE vies
La plus grande gloire de la France, en Amérique, n’est pas d'avoir fait des conquêtes, ni d'avoir ouvert à la civilisation la moitié de ce continent. Les vieux noms des forteresses françaises ont disparu et sous quelques-uns des noms des premiers explorateurs, noms conservés par les législatures américaines, rien ne rappellerait que la France a passé ici.
Les guerriers français, depuis Dulac jusqu’à Lévis, ont fait moins pour la conservation du nom français, en Amérique, que le plus humble frère Récollet.
Les travaux militaires des premiers ont été vains, pendant que l'œuvre des derniers a produit le plus beau rejeton de la nation française, notre peupie, messieurs, la nationalité canadienne-française.
On a oublié le nom de de Beaujeu qui défit Braddock et le grand Washington sur les rives de la Monongahéla, pendant que le nom du bon père Marquette vivra tant que le Michigan et l’ouest des États-Unis existeront.
Les noms des généraux français sont oubliés, pendant que le nom d’un homme du peuple, mais d'un apôtre, Charles de Langlade, est respecté de tous les habitants du Wisconsin.
Le cachet catholique dont notre nationalité porte l'empreinte, l'a sauvée de l’anéantissement.
La France, qui compte aux Etats-Unis 400,000 de ses enfants, émigrés de ses provinces, n'est pas par eux représentés en ce pay:, parce qu'ils ne forment
tie noyés dans la grande masse des indifférents.
£ La France a pour représentant notre peuple, no- |
, tre nationalité, Ce sont ses petits-fils qui font le plus 5
d'honneur à son génie chrétien, à cet esprit catholique
« qui a fait sa grandeur passée et dont la perte fait sa honte actuelle.
| Quand l'intrépide Jacques Cartier baptisait du
n nom d'un saint notre fleuve majestueux ; quand de
e Maisonneuve élevait sur Montréal le signe de la Réderption; quand Champlain, le père véritable de la
| pas un tout identique, parce qu'ils sont en grande par- | à À
LS EE PTS Sen SE A
s, patrie baptisait la première église de Québec, n'éis taient-ce pas là des gages que le Canada serait par sa | :, foi, ses apôtres, ses martyrs, le Jean-Baptiste de l'A- | | mérique ? | ; j ju 1. Il a depuis parcouru les aéserts, les montagnes Ro- | "a cheuses, les prairies qui baignent les eaux de l’Arkan- il e sas et du Mississipui, les immenses solitudes du Nord- 12 Ouest, de Vancouver au golfe St-Laurent, du golfe 1h
du Mexique à l’Arthabaska et au Mackenzie, le Cana-
da a prêché le Dieu de Carïtier, de Maisonneuve et de
n Champlain. il
8 k Nous sommes les continuateurs de l’œuvre. Il \4 y a cent ans, les croix étaient rares, aux Etats-Unis; et bi
" voyez l'influence de la vérité: pour distinguer l’exté- {1
rieur de nos églises catholiques de l'extérieur des égli- ji
n se protestantes, il nous faut exposer des statues patro- 14 , , ° , k
nales ; car des croix, il y en a aussi sur leurs églises. jh it Les fêtes religieuses catholiques, que leurs pères à
puritains se faisaier:t un devoir d'ignorer, leurs petits-
LH pi mi { 1 fl ul f
he:
‘au | jl
fils les adoptent. Noël, Pâques, sont autant d'innovations pour leurs églises.
Le protestantisme vit d'emprunts. Après avoir reçu la bible de l'Eglise catholique, il a cherché à réformer le culte, et petit à petit il revient à l'Eglise mère, la seule vraie, la seule chrétienne parce qu'elle vient du Christ, parce qu'elle vient de Dieu, parce qu’elle est éternelle. Si tous les anciens fondateurs ‘du protestantisme colonial se levaient de leurs couches funèbres, ils auraient de quoi s'étonner.
En voyant nos riches cathédrales, nos nombreuses églises, nos fêtes religieuses reconnues par leurs ‘descendants, qui les observent comme nous; les journaux de leur foi remplis de détails sur le culte catholique, qu'ils abhorraient avec tant de fanatisme ; les fabriques conduites par leurs fils, fermer leurs portes à nos jours de fête, pour permettre aux employés catholiques de chômer ces jours consacrés, c’est cepen- ‘dant le spectacle consolant de notre époque.
Et aujourd’hui, mes chers amis, vous contemplez à votre tour, sur la place publique la plus en vogue de notre riche cité, votre église agrandie, embellie des écoles catholiques, un couvent de religieuses, et comme monument commémoratif, la statue de la mère du ‘Christ.
Les fidèles sont appelés à la propagation de la foi, comme les prêtres; ils ont un apostolat.
Pour les uns, c'est de défendre leurs croyances contre les fausses doctrines ; pour d’autres, c'est de
es de
BÉNÉDICTION D'UNE STATUE. 22k
prendre soin des pauvres ; pour tous, c’est de prêcher par l’action, par le bon exemple.
Dans notre religion, pas de colporteurs de bibles ; pas de pamphlets remplis d’injures et de faussetés, mais la prédication des bonnes œuvres. Le catholicisme est de Dieu ; il est l'expansion terrestre de la céleste et éternelle vérité. C’est pour cela qu'il n’a pas. les moyens des institutions humaines pour parvenir à ses fins.
Il respecte les victimes de l'erreur; il les aime, il les attire, tout en fulminant contre l'erreur ; c’est l’antique parabole du bon Pasteur ne se consolant pas de la perte de la brebis égarée. Membres de cette Eglise, nous devons nous en glorifier, nous devons en être orgueilleux. Notre apostolat, Canadiens de Worcester, est accompli en ce qui regarde la partie des sacrifices matériels.
Abel fut béni pour avoir donné les premiers de ses biens à Dieu, et Caïn fut haï à cause de sa parcimonie envers son Créateur.
Nous avonsélevé un autel au Seigneur ; tous, nous. allons contribuer comme le bon Abel des prémices de notre travail.
Et il nous restera encore à prêcher d'exemple, à prouver à nos frères séparés, par notre bonne conduite, notre honnêteté et notre sobriété, que notre religion est efficace dans son influence moralisatrice.
Soyons une paroisse de caractère, d'esprit public. Imposons le silence aux esprits contentieux par notre énergie à repousser leur malice. Rame-
EE
EE
nons les mécontents par notre charité; soyons tous unis dans le bien. Et dans cette œuvre de rénovation, la femme a le beau côté du rôle.
Ce sont nos jeunes vierges, qui placent aujourd'hui la statue de la plus illustre des femmes, de celle qui s'appelle ‘“l’arche d'alliance.” Nos femmes, nos filles doivent se rappeler que notre race fut convertie à la foi par une femme, et que la Nouvelle- France, le Canada, a été témoin du plus bel apostolat de la femme.
Nos épouses et nos filles devront suivre l’exemple de ces femmes courageuses, et faire pour notre paroisse ce qu'elles doivent faire: imposer le respect aux hommes, par leurs discours, par leur conduite, par leurs vertus.
En étant des épouses dévouées, catholiques, des filles soumises et vertueuses, elles formeront une génération de citoyens honorables, des Canadiens de caractère et de religion. Et forts des enseignements maternels, les enfants qui nous succèderont pourront redire dans la même langue, avec le même accent que leurs pères, en entrant dans cette église : Gloire à Dieu père, fils et St. Esprit.
Le temps me manque pour vous dire tout ce que cette cérémonie m'inspire de profonds sentiments. Je termine.
Mes chers amis, faisons notre devoir ; formés par notre foi, soutenus par elle dans les épreuves de la vie, continuons à la glorifier par notre conduite.
Notre église est une affirmation dans notre religion. Les derniers arrivés dans la grande famille républicaine des Etats-Unis, les Canadiens ne doivent pas s'attendre à être les premiers dans l'échelle politique. Mais dans le domaine du dévouement religieux, ils seront des premiers, et ce sera la grande gloire que la patrie et la religion décerneront à leurs mérites.
Chers compatriotes, la vierge de Lourdes, la vierge de Fourvières, la madone de Lorette, la vierge de Séville, dont les sanctuaires ont été visités par notre dévoué pasteur, a une statue de plus, c'est celle
‘que nous saluons en ce moment. Et la Ste. Vierge
est aussi honorée par cette humble effigie, que par les statues de marbre et d'or que la vieille Europe lui a élevées.
C'est que, voyez-vous, Votre-Dame des Canadiens a été bâtie par les sueurs du travail ; que sa statue a été élevée par le zèle pieux des jeunes filles ouvrières, et que Dieu et les saints se complaisent dans le
tabernacle des humbles et des petits.