PLAIDOYER
EN FAVEUR DES CANADIENS DE LA NOUVELLE-AN- GLETERRE ET DE L'ÉTAT DE NEW-YORK, À L'AUDIENCE-ENQUETE TENUE À BOS-
Messieurs :—
ME COLONEL Carroll-D. Wright, chef du
] bureau des statistiques pour l'Etat du Massachusetts, a cru devoir avancer, dans
le 12ème rapport annuel des statistiques :
du travail, que les Franco-Canadiens sont un obstacle à l'adoption du système de dix heures de travail, dans certains Etats, et il y a prétendu : que les Canadiens sont une Æorde d'envahisseurs industriels, ne prenant aucun intérêt aux institutions du pays ; négligeant de devenir citoyens américains; vivant dans un état voisin de la mendicité ; cherchant à se soustraire aux obligations des lois scolaires;étant un peuple sordide et de bas étage, et bon tout au plus à travailler sous la férule de
n'importe quel contremaître et pour n'importe quel salaire.
Honte!!!C'est la première fois que de telles injures, que de tels outrages, sont lancés contre un élément national, dans un document officiel.
Le colonel Wright prétend que son devoir d'officier public l’obligeait d'inclure & as son rapport tous les faits que ses agents lui avaient transmis. Tout en admettant cette obligation imposée au Colonel, l'emphase qu'il met dans sa phraséologie semble indiquer qu u était lui-même fortement impressionné par ces calomnies et cette enquête exparte ; et nous regrettons que le Colonel se soit servi des expressions malheureuses qu'il a employées en parlant de nos compatriotes.
Nous devons cependant reconnaître que le Colonel a fait preuve d'un grand sens de justice en convoquant les Canadiens à cette audience-enquête, pour leur permettre de prouver la fausseté des allégués de son rapport.
Nous nous présentons,il est vrai devant des juges qui ont exprimé déjà leur opinion exparte contre les Canadiens, et nous venons pour annuler ce jugement; aussi notre position de plaideurs, condamnés déjà, devant les juges qui ont prononcé l'arrêt contre nous, est assez anormale. Confiants dans la justice de notre cause et l’impartialité du tribunal, nous présen-
tons l’exposé de nos griefs et de notre défense, et nous disons :
Que, dans chaque ville ou village où ils ont pratiqué leur espionnage, les reporteurs de ce bureau ont pris l'exception pour la généralité ;
Que la malice, les préjugés et les intérêts privés de certaines gens ont été les principaux délateurs de nos compatriotes ;
Que, en raison des circonstances dans lesquelles ils émigrent, et parlant un langage différent de l’idiome des Etats-Unis, nos compatriotes peuvent montrer un tableau de leurs progrès, depuis dix ans, auquel aucun autre élément national ne peut comparer le sien;
Que, relativement à leur nombre, les Canadiens de la Nouvelle-Angleterre font plus pour la prospérité de l’industrie nationale qu'aucun autre peuple ;
Que les Canadiens-français ont droit au respect des populations des Etats-Unis ; car ils ont rendu à ce pays des services importants : fondant des villes, des comtés, des Etats, combattant pour le drapeau étoilé, pacifiant des tribus sauvages, guidant des explorateurs ou des armées, &c., &c., &c. Sans réclamer, en cette circonstance, l’honneur d’être des fils de la France, cette généreuse amie des Etats-Unis, dont l'alliance a été cimentée par le sang de Lafayette à Brandywine et par la reddition de Cornwallis à Washington et à Rochambeau, dans la plaine de Yorktown,il y a un siècle.
Nous nous proposons de mettre à néant, l'un après l’autre, par la logique du raisonnement et des statistiques, tous les faux énoncés contenus dans les
rapports transmis à ce bureau. Mais, tout d’abord, n'est-il pas étrange de constater que, dans le rapport | , du Colonel Wright,nous ne voyons, dans les réponses L.
des manufacturiers aux questions de ce bureau, rien | | : de défavcrable aux Canadiens-français ? Aussi le lecteur est-il fort surpris de lire, à la fin du volume, les |
1. insultes contre nos nationaux, quand rien, dans les Æ énoncés des fabricants, n'apparaît pour corroborer ces | dénonciations. L 2. Une autre surprise nous était réservée. Dans ve son rapport, le Colonel Wright n'exclut pas les Canadiens du Massachusetts du cercle d’injures dont il 4 entoure les Canadiens de la Nouvelle-Angleterre. ‘ | 7 Le 3 octobre courant, il e:"oyait à la Convention des | Canadiens du Massachusetts, tenue à Fall River, une | nee circulaire invitant les délégués à l’audience-enquête. | ne Cela voulait bien dire que ces Canadiens étaient par- | 25 tie au procès. { 1} sde Mais voilà que, le 15 octobre, dans une lettre à | à ere moi adressée et publiée dans le 7ravailleur, il déclare | pue ; les Canadiens du Massachusetts hors de cause. | ii ss S'il en est ainsi, pourquoi ne l'avoir pas déclaré | | si dans le rapport même? Pendant un an, nos conci- | A toyens du Massachusetts ont été et sont encore sous L: dé l'impression, d’après les énoncés du rapport, que leurs L es concitoyens canadiens-français sont une /orde d’en- | il id vahisseurs industriels, les CZinois de l'Est. L d Mais nous passons outre, et nous, Canadiens du 1 sv Massachusetts, fiers et heureux de nous mettre au ï
ban de l'opinion de nos délateurs, en compagnie de
POP A er
br ho AR TR Enr
TRE Tr st
er are
nos frères des autres Etats, nous allons entreprendre de détromper sur notre compte les officiers de ce bureau.