‹ Ferdinand Gagnon, sa vie et ses œuvres [microforme]Chapitre 28 sur 32 · FR, * CREER · texte numérisé non relu

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nombre, il y a 12,692 enfants canadiens, c'est-à-dire un cinquième. Et de plus, ces Canadiens, ces Chinois des Etats de l'Est, ont assez de religion, de patriotisme et de dévouement pour soutenir 48 écolès où l’anglais et le français sont enseignés simultanément avec les principes de leur foi religieuse, et cela dans les 31 villes précitées. Est-ce assez probant contre les accusations du rapport ?

Nous admettons que quelques-uns des nouveaux venus, pauvres, ne parlant pas l'anglais, sont obligés d'envoyer les enfants aux fabriques de tissus en contravention avec les ordonnances scolaires ; mais qui doit-on blâmer le plus fortement ?

N'est-ce pas le fabricant qui donne de l'ouvrage à de jeunes enfants de 8 ou 9gans pour un salaire de quelques sous ?

Ils profitent, ces manufacturiers, de la pauvreté des immigrants pour obtenir leur travail à prix réduits; et,non contents de cela, ils employent des enfants pour un salaire nominal. Et ils viennent alors accuser les Canadiens en général de la faute de quelques familles qui sont tombées dans le piège qu'ils leur ont eux-mémes tendu.

Si la cupidité rapace de certains fabricants n'était pas en jeu, nous ne verrions pas ces enfants s’étioler sous les chaudes buées d’une atmosphère empestée. Les fabricants ! si le sentiment de la charité chrétienne était plus développé dans leur cœur, ils refuseraient de l’ouvrage à l'enfance, donneraient un salaire plus élevé à l'adulte, et permettraient par là aux

familles ouvrières de donner une instruction élémentaire à leurs enfants.

Mais, au nom de la justice, manufacturiers, cessez vos accusations contre les quelques Canadiens coupables, par votre faute, de refuser cette instruction à ceux qui leur sont chers. C’est votre âpreté au gain, par tous les moyens, qui a fait cette plaie, qui perpétue ce lent infanticide. |

Le colonel Wright, dans son rapport, dit que les ‘Canadiens de la Nouvelle-Angleterre ne prennent aucun intérêt à la chose publique, ne deviennent pas citoyens américains, ne votent pas, &c., &c., &c. Or, sur les 10,000 familles canadiennes dont il est parlé ci-dessus, 3,880 de leurs membres sont naturalisés citoyens américains. N'est-ce pas la meilleure réfutation des avancés mensongers du rapport ?

Il y a plus que cela. Ce nombre de 3,880 est assez éloquent par lui-même, surtout quand nous opérons sur les statistiques de 31 villes et villages seulement ; mais il y a mieux encore. Ces 3,880 électeurs ‘canadiens ont réussi à élire 58 de leurs compatriotes à des emplois publics, depuis un an.

Et cependant combien d'obstacles s'opposent à la naturalisation des Canadiens !

Car, Messieurs du bureau, n'oubliez pas que la grande majorité des émigrés canadiens ne sont en ce pays que depuis 10 ans ; or, la loi de naturalisation ‘exige de l’aubain un séjour de cinq années avant de lui octroyer ses lettres de naturalisation. De plus, la Constitution du Massachusetts n’accorde le droit de

vote qu'à l'électeur qui peut lire en anglais la Constitution des Etats-Unis. De plus,la Constitution du Rhode-Island n’accorde le droit de suffrage qu’au a. turalisé qui possède un bien-fonds d'une certaine va-. leur. De plus, la Constitution du New-Hampshire ferme aux catholiques Y'entrée aux emplois publics.

Avec toutes ces /#béralités constitutionnelles de trois Etats où les Canadiens comptent près de 200, 000 âmes, n'est-il pas étonnant que 3,880 Canadiens aient droit de suffrage?

Et nos journaux, nos conventions, nos tribuns populaires sont tous à l’œuvre pour augmenter le nombre des électeurs canadiens.

Cette accusation du rapport est donc mensongère comme toutes les autres.

Passons maintenant à la dernière et la plus ridi-cule assertion du fameux document, laquelle tend à faire croire que les Canadiens vivent en mendiants, afin d’accumuler des économies qu'ils portent au Canada.

Il est reconnu par nos pasteurs et par nos hommes politiques que les Canadiens pèchent par excès contraire, Nous n'avons pas hérité de la frugalité et des idées économiques du peuple français. Nos compatriotes, aux Etats-Unis comme au Canada, sont en-. clins à la braverie ; ils aiment les habits de gala, et leur nourriture est toujours des plus substantielles. Nos pasteurs et nos hommes d’affaires reprochent à bon droit aux Canadiens de dépenser tout ce qu'ils. gagnent, de ne pas faire d'économies. Mais voilà que-

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