‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 22 sur 102 · ZZ · texte numérisé non relu

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privilèges, chartes, coûtâmes , usages et autres droits quelconques, publics ou particuliers; que, de plus, les infractions y faites seraient aussi, sans limitation ni exception quelconque, incessamment redressées et remises dans le même état conmie elles avaient été depuis deux cents ans. » Ils annoncèrent, en même temps, qu'ils dirigeraient immédiatement, par eux-mêmes, les affaires du gouvernement, et que les personnes suspectes, sur lesquelles tombaient Findignation publique , seraient éloignées.

Il fut fait des concessions analogues aux autres provinces, qui s'empressèrent d'en témoigner leur reconnaissance. Les états de Flandre seuls trouvèrent que ce n'était pas assez que de i^ mettre les choses sur le même pied où elles étaient avant les wnh veautés'j ils voulurent qu'on les fit rétrograder, comme en Brabant, de deux siècles au moins : t Nous ne pouvom, dir^it41s dans leur représentation du 5 juin , dissimuler à Vos Altesses Royales que, tandis qu elles daignent annoncer qu'elles en usent à l'égard de notre province ainsi qu'elles l'ont fait à l'égard du Brabant, par leur résolution du 30 mai dernier, la nation flamande a cependant remarqué avec douleur que la dédaraticm que Vos Altesses Royales nous (mt adressée, le 4 de ce mois, ne fait mention que de remettre les choses dans le même état où dles étaient avant les nouveautés, ce qui est bien différent de ladite résolution adressée aux états de Brabant, laquelle porte exprès* sèment que le tout sera remis sur le pied où il a été, d'ici depuis deux cents ans. > Leurs Altesses Royales les gouvernears généraux s'empressèrent de faire droit à cette réclamation. € Nous vous faisons la présente, dirent-elles dans leur dépêche du 8 juin, pour vous dire que notre volonté n'a pas été et n'est pas de limiter lesdits termes aux nouveautés récentes' et faites en dernier lieu, mais que nous avons entendu et entendons que toutes les dispositions contraires, directement ou indirectement, à la constitution de la province de Flandre, ou aux droits, franchi* ses, privilèges , chartes , coutumes ou usages, et aux droits qiiel*conques publics et particuliers > et toutes les infractions y Êiites

seront, sans limitation ni exception aucune, redressées et remises dans leur vigueur et état primitif. » *

Toutes ces concessions devaient être approuvées par TEmpereur , avant d'avoir un caractère définitif. Cependant, on n'attendit pas la décision impériale pour entonner le chant de victoire. Une sorte de délire s'empara de toutes les têtes. Il semblait que la nation eût pris au sérieux la fable du Bon vieux Temps, et qu'un miracle eût comblé ses veux en la reportant à une époque si souvent regrettée. De toutes parts , des adresses de remercîment, conçues dans les termes de la joie la plus expansive, furent adressées aux gouverneurs généraux; mais, comme on devait s'y attendre , à ces adresses succédèrent presque immédiatement de nouvelles représentations, exprimant de nouvelles exigences. Cétait la noblesse de Flandre, qui demandait à être rétablie dans le droit d'avoir des députés permanents aux états; c'était le chapitre de la métropole de Malines, qui demandait le rappel de son archevêque et de l'archiprêtre Huleiî ; c'étaient les vingt- ^pnâtre corps de métiers de Namur, qui prétendaient intervenir ci^uns la nomination des échevins; c'était enfin l'université de X^iOnvain , qui, elle aussi, demandait à rétrograder de deux siècles, ^r^ojcEune les états de Flandre. A Anvers, l'explosion de la joie pa£>lique (ut suivie d'émeutes, de pillages; il en fut de même à Lî^j^Ere. Bruxelles se distingua entre toutes les autres villes : c'est ea ox*ganisant l'insurrection armée, qu'elle témoigna sa reconû^^â^^sance à Leurs Altesses Royales les gouverneurs généraux. Norft^ aurons occasion de revenir sur ce sujet; mais il nous reste ^ pa^:rler de l'université de Louvain, aima mater !

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