CHAPITRE XTI
TAW »Ul nOOT KT LS COMITÉ DES VOUtltTAniBS. — ^ tBBHlkRS ta«im.'—
U conité de» tdkmtaîres, présidé par Vaa der Noot, «nkt «HUguiiJ^itient âwgi le cei>de de âss opérations. Cest ià qae.le gépio de. Mt hoauBQB dangereox s'éuit .âéft^i>pg6.0n pent dise de Van der Noot qu'il était le type deravo(nti^itiqiii^:U avait epilffas«é:la oan^-de K<*ffp^tim, oemunelaptapart des avoiats entrepiwoaent vj» procès i sain» s'iaqniéter ni deisa jipstiâe et de wwomltté, ni des ^conséquences générales qu'il petit eatrat^or. Il;iRifiSsatâ qtae le, govvferaement <fût dareiMi laipfrtie adverse, poor «in'iliae mit à «upganiser les, moyens de l9iQf«tNittre et de !• nm^enrar. il m eo«ceTait.de ^ien-étpe et de;pfOH>^rité ponr
268 RAPÉDIUS
le pays que dans le gain de la cause. Aussi le yit-on, en 1789 , faire une réyolution pour les séminaires épiscopaux, comme plus tard il en aurait fait une pour Tinstitution du jury ou la liberté de renseignement. Aux gens de cette trempe le sujet est assez indifférent, pourvu qu'ils parviennent à ruiner le pouvoir auquel Faction est intentée, comme Ton dit en termes de palais, et à faire triompher leur client, c'est-à-dire le parti qui les emploie.
Quant aux moyens mis en œuvre par Yan der Noot, tous portaient le cachet de leur auteur. Empreints de Tesprit de chicane et couverts d'un faux vernis de raison et de légalité, aucun d'eux n était avoué pour ce qu'il était réellement. Ainsi, lorsqu'il orga- ^1^ les volontaires, c'était ^ disait-il, pour maintenir l'ordre et la tranquillité publique, que, d'autre part, lui-même avait soin de mettre incessamment en danger. Il était fort habile dans ce genre d'opération, et c'est à tort qu'on l'a représenté comme un être tout à fait inepte : il mérite, au contraire, d'occuper un vang distingué parmi les célébrités de son espèce. Trivial et même ignare sous le rapport littéraire, ignoble et grossier dans ses relations sociales, parfaitement ridicule sous divers autres rapports, Van der Noot n'^n était pas moins doué àe toutes les qualités nécessaires au rôle dont il s'était chargé. Il avait ce qu'il faut principalement dans les temps de trouble pour réussir : l'esprit brouillon et beaucoup d'audace. Il ne doutait de rien , se cropit capable de tout, et joignait à une extrême confiance en lui-même ce ton dogmatique et tranchant , pour débiter les choses/du monde les plus «iaises ou les plus absurdes, oel aplomb dans le sophisme, ^tte facilité dans le mensonge qui peut s'élieyfet jusqp'à l'impqdénce, et qui ne s'aqquiert qv'ati barreau , par la ]^atique des aoLMivaises causes. i
•Il avait «commencé, comme nous f^TOUs vu pratiquer encore aune époqtte plus récente, par étobKr une contribution patriotique. Des listes' de souscription avaient* été remises à diverses personnes, qui s'hâtent chargées ée les "feirë circuler; f^lës étaient aooènpagnées d'une espèoe de praspeetus, qui 'avait celli de «urienit qttHl indîqiitfît 4e 'trésorier de FÉlat' comme tléposi-
taire' dés fonds à ^cueillir. Yoici le texte de ce singulier doco-
€ Les précautions prises et à prendre pour maintenir le boh ordre et assurer la tranquillité publique, dans cette ville de Bmxdles, exigent des dépenses et des frais auxquels tout citoyen se fait sans doute un devoir de contribuer. Pour i^iliter les moyens de donner à cette disposition Teffet qu'elle peut avoir, toutes personnes sont invitées de souscrire ci-bas à cette contribution, fixée à deux couronnes impériales, pour le moins, sans désigner néanmoins la somme ultérieure que chaque souscripteur sera le mattre de proporticmner et à son zèle et ses facultés et à sa bonne volonté, et qui ne sera connue que des trois membres soussignés, cèoisis, à cet effet, parmi* le comité, présidé par monsieur l'avocat Yan der Noot ; auquel comité sera confié l'emploi des fonds qui devront se déposer dans la caisse publique de messieurs veuve De Nettine et fils, rue des Longs Chariots, dirigée |)ar monsieur Gaumard, vulgairement nommée la Banque.
€ Jac. Jos. Gbapbl, J. G ScnnuERS, pour nous et . : pôtur monsieur Édcmard De Walkres» absent
€ De Post. Les souscripteurs inclinés à contribuer pour plus de deux couronnes sont priés de désigner Timport de leur con-^ tributiôn dans un billet cacheté, qu'ils remettront au porteur de la liste, et qui ne sera ouvert que par les trois députés et rendu par eux aux souscripteurs, après pyemenl fait de la souscription.
€ Ita est.
€ H. C. IV, Vaw der Noot, junior, .1787. >.
A Taide du produit de cette^ souscription et des ^ub^de^ qui* lui étaient alloués 'par lés états, VanderNoot avait (irgkiiis^V tant btten que tnd, lîfn icoi'pè/^^è^ v61oniâî1^è^; înfenterie -^ càva-^' leHë:''€^ troupes fki^àiéftt'jttyiWel^ [k pÙce^*
(MMfiiîâes'âe Bruièâles; ëllek ^^xlïtaient là gàPcté |)âr c6îiii:^g'nié4' éifîèrek'; les jardins d^ couverte leùl* âe^âiént de plaiiîé'd'exer-
370 aA9(9iW
sous le rapport militaire; mais, pour l'usage auquel on lesdtet. tjgp^^t,,ii]^ SjuJMt, im'çlje^. ^m^f^^ ^ ^xivmif ^.mifQvnts.et d(^ CQ<w<ieSh De$, id4mons«f ations pAiM <mPI¥>W iMfivnèr«», mtm, fi^tçi^. l^i;^]r^es.y ^taiçjât; U>Wt q^ q/i'm HmAiiHA'jeXlf»* V^àri y 4u r^te,;f|^Ue était, cetite wgani^tJAft : l^^YoKiAlaiffmagr^éfe auj; fin) Sermcipts formpi«n|t <)eux lH«lia,iUff^, .4Q*t fujiiiélMti çQinQpsé^e 1^ çopfipagiv^ 4grégée>u $^iHn^<)t:(ki$i'^<^i«oige»idM l9,.CQm(^gïù(e xJe.S^Chri^ti^e e)l;def voloptfair^'v^t^ 9^fim pwrl li^ comité et agrégés, au Serment de Sr^Cituristont^; V^jQtre ImtMU lop se .cQQ^|iiQsait.4^ la c^inpa^^ diji graiMl< Serment ».^Jkik4om^ pigBie- «l«î $^^^s^en. et, des ^;ÇompagW€».de S'-MkAfel, ditei dç;» etmmetiri': l^ pren^iei; >at»iUp« ét^. <vnfffHi»<BiJM pttr U>itfif. fftfti/ffi.îie ififfmiquiDfl, le s)ec(M^ pa^ W «apitMnei D«ranx aâné.i lit^ p^; ^^smfffûn a,TaJit, «m «lutce, Iç «joamap^cniânt em ebef cbid^;Jt)|9)ll^U9i^/l^i, adjiv4^^ lui,étaie«taKaplt^jpottRoeae«v vice : l'un était M. Yai^; Qç^i^jel, Vautre» V»YQ(a(i l|>og^«
La compagnie des volontaires agrégés au grand Serment était oomouaidée-par le buùii Yanderbaeghea. Bile avait un premier litnlttlai^» JQKUBné-lLëlooigr et troisiflMis^lmitenants, nommés Devos, Âdan et Yan Langendonck. Elle était forte de 5 ,offî<:iers, 2 seirgéntéj'S-'Ibiirfilers, 9 caporaux, H appointés, 196 vôV>ntàïres, 2 tambours; 2 fifres et 6 càpor iltix. d là patfej en <qut 2351tommes. ;' ' ' . /" ' '..'
La bômpagoie des volontak-es agrég:és au Serment dé Saint-' Geoi'geâ, qui était la Compagnie de M. De Fraiiquin, avait pour capitaine en secqj^id le chevalier de la Puënte, pour i*' lieutenant M.Barnaba, pour. sous-lieyteQai^t 1a chevalier de Villeneuve. Elle était f6rtê 6^ 4 officiers, 4 sousHofficiers, 8 caporaux, 115 vo-
eÂi' tfttti, i4ft .J;>pi]^98..,Jtiç Se)rm§at,i^e>SKwrW «^T/Ml.eil.WtWI lj^préiwip^5ç Jieu^J^tPiAJ^^ y^,)[(^^ ^J|^f»iqa]m,,.]^ffWAr]
ii.ejîL)çnaii^.^^.^,^9^ei: fi|, ^m^m-.^yimmïfmsm^**^
DK «MU 271
I fMmWi i |nai«écbaHEèffiaiit » i .galefirâuar et ±ttomftUéà ; €b
tout 82lJbûIBitl6fiL
hk qoïoijpêgme Âm yékmtaâvn agr^^ a» SermtBt de SNS^btSH . tieii «vaiA p»«r<ca{»^ke.M«,B6i Fraye de Sdnififekeii, pour pre* mier tieutemnl M. Daniel Bouftwena, pour sous^lkulentiit M/Iaai GiniMlr pour enaeigDé IML P. LafoiuL Eiie était forte de 4 officîcn,
1 sepge< i ft^unrier ^ 7 capoÉ^iHL^ 8 appomlés, 224 volonfoiras^
2 tatobouM^ 2 ^ites, 4 caporaia ^ /a fùi^; en tout 2âS hoia*
liBt Y^léoluTOS agrégés a« Serment de SM^ittopbe étaient commandés par M. Van bseletejrn; Lé premier Ueùteiiaiit était 11^ Leunokettsv le seboild lientèmnt . M* De lieu», Tenâeigiie IL Tluiat. Cette compagnie se composait! de 4. oflficiersiy i foui^ rier » i aefigeiit , 9 chpoiîaai,. Sapfokitéfit, 1^ yokintairea, Sl^tatnr bonrà, ft fifr6»/4 caporaux àlapa^; en tout. 178 bom»»- i«} Yeloaftajff^, tftots; àgn^géa au nlôdie Serment, étiaîent cd Aoiandéd ; par Jet liduleilaaÉ De Bidder, et àTaient>pattr atoond iieetenanit . le sieuitjiWttBlhier. Getl3e^«)mpagnie<était fixfte; de:2 dfiifeûn, i adjufbnt, i.aergenè, 1 capitaine d'armea» 6capocaux, i eMrce», l mamsfett^ ,2 tùnjiioBra, .2 d^foes^ :55;:irDkBtâifea;. Vo^ Sfthomntt& . u .
Les'volontAÎKa agrjSgés an Sfflnwnbda SMi^iche), dit de&efcnn nmffv^ étaie&t conimandéa par» ML Deiraiù^ . Lemr premier tieu" tenant s'appelait Bbsaebaprb, leur soua-Uoiiténaiit PouîUonr^ leur enaeignÀGr^ber. Gette edmpaghie oemplaiti4 ottoiera,.^: sénat otteieiB> 8 caporaicç, S'àppoifalés, in% Tqbnlahrea, 2 tankbowâ:, 2fifirèâ,^ca})ianrâ:a'inpii^peqitoul(;20i!:lH)^^ . ;
Ln fptf» tiftaie dei oeq oonlpagpieâ^^ûfcntairestâmtiéoQOv àDraiKHesi senlemen^, dei i'14i!>homme^ ce/quL^^ oottskifaaMei,:styyn.ftBtiaflaDiton àlAto^ cène ëpoqneî lOn eènçoit'; jd^apièa ce!».^. ^uei Icaeiih U japt eaûgéi, coiBiie'«mi&tion>préa^Ua>; gnaloeaiOOT oÉûa^
aa4naq»pendhihaaMondUen)4bé^ <9Anlétâ?ohlenîri dn^paMT deirappeailîoâ un paveil $aoifA(»;i<lieig(Hivbfneur gteéral.&Ui
272 RAVtMUS.
oblige d^opérer par voie de tâtonnement. Il écrivit d'abord au conseil Boorerain de Brabant, pour l-engagër à loi pnopoeér imei ordonnance qui supprimât les associations nourellemént Cmv ) mëes, en laisfiant subsister les corporations anciennes (dépôcke du 19 août). Leconseil de Brabant répondit, le 27 dn même mois, > que les asieeiati<ms nouvelles avaient été incorporées dans les Serments; que les Serments étaient constitutionnels et légalement établis depuis les temps les plus reculés; que, du reste, la police de ces corporations appartenait aux magistrats municipaux , et que, par ce motif, il venait d'envoyer la lettre de Son Excellence aux états ^ afin que ceux*ci s'entendissent à ce sujet avec 1^ magistrats des différentes villes.
Survint alors une déclaration impériale datée du 2B août, par laquelle toute corporation illégale était supprimée, et déisnse était faite aiix membres des* corporations légales de porter aucun ' signe distinctif , ailleursque dans rexercice de. leurs fonctions. Une dépêche secârète, adressée le lendemain, 2d août, par M. le conte Murray aux omsâllers fiscaux de Brabant, fidt bien voir quels étaient et la. pensée et l'embarras du gouvernement.
c Trés-ebers et bien amés , nous croyons indispoisable de vous informer, plus particulièrement par les présentes, que Sa Majesté nous a expressément Êiit connaître son mécontentement sur la continuation des corporations occasionnées par les derniers embarras : les unifiMrmea, les costumes des individus desdites corporations^ leurs exercices, marches et appareils militaires étant' envisagés comme contrairea à l'autorité ^ à la dignité soirve*raine. Vous observerez, de la , déclaration que nous avons ifiût> émaner , que les nvoyens légaux pour le maintien de la police et du bon.ôrdre sont les^senls qqe l'on pourra employer;, mais comme:i|n resté de l'agitation des esprits pourrait iaîre afansAr' de ces mcnim^^i pour reproduire! lés mêmes: eorpèrations^avec' les moines i^ppateils .militaires et' dtstipcfci&i,^^^^ eétis upftjforme. seùlen^ent ^vâiriéev'^nous.vous cliai^eoiié>de prendre ,.avec.firu* denoç,îmaistawG'âfflcac3té, desalrài^emèÉÉaiwviaelesinagîfllrata^' nomiliéàiciK ^estniitlca ^6^* Bruiièlleft^ Lonn^in»! imiaées^ {TiHe^;
MB fiEROi 375
moBt , Si¥ell«», Diest , à* qui nous éoriTOnB à eet efkt , podr 4^^ blir et ne faire usage des moyens lëgmx de police que sur tm pied qui annoirce, dans le faoà etdails la forme, qtie le to<it est rentré à cet égard dans le cours naturel des choses, de façon que, sous quelque face que Ton enyisage ces moyens, ils ne puissent point être tus comme tenant à quelques appareils militaires, et plus démonsfk'atife qile les seules mesures de police ne le demandent. Nous omceVons que Télat dtô circonstances exige qu'on étende ces moyens de police; sur quoi vous devez aussi distinguer entre les villes qui ont ou n'ont pas de gariyson. Ces dernières eiigenl des mesures légales pluii étendues ; leâ autres, ayant , pour les cas extraordinaires et imprévtÉS , lé liëcdtirs d6 W g^rnisaori, cbmiM de coutume, n'ont pas besoin de monter lëui^ police jusqu'au degré nécestsairé pour parer à des càS eitraordinotires» Vous sétltineB de -là que votiâ dèt^ être «tteAtife à ctà quVm pn><jiottioAne le nonkbref d^inditidus pour' la' police, selon qtie le* villes fibnt saifs gàrbisèoF. Il fkiit'arissi quelè régittte, (}teant btnt dénominàf ièbs , atùforités êf poùvôiris de béi corporations légale», pour la subordination entre elles ou envers leurs premiers supérieurs, stoif ' etaetètnent conforme aux ordonnances et usages, sans permettre que cé8 supérieurs délègueïit leur autorité à des individus ou à dés coiMtés contre la prati(;[tiè ordinaire.
< Nous vous chargeons aussi d'être attentifs à Pexééution dé farticle 4 (i) dèf là déclaratioù , avelô sagesse, riiaià cepéndanf de façon qUe lès dékïifonstrations y mentionnée!? cessent entièrëmeilit. Tous vous chargerez, vous conèeîiler* fiscal, des vîHès de Bhiielles et de Louvain, et vous commencerez; d'abord votre' beâsbgneavtec les magistrats de là première; et vous, conseiller procureW général , vous oJ>érerez, à f égard de TlrlèmoUt, Anvers, Nivelles et DïèSt, cri cotntoetoçànt par ladite ville de TiHemont. Vous tiendrez la présente dépêche pour instructions secrètes, et vous conduirez prudemment les magistrats à diriger les mesures d après
(i) Cel article 4 éOiît ainsi odbcu : « On s'abstiendra de porter les marques distiiicti¥es, V telles que cocardes et autres , dont Tusage s'est introduit depuis quelque temps , et les contre- « venante serDDtooiidatMés'à troe aMnAe de dli écos pour chaque contnitentlon! »
274 RAPÉDim
Tesprit desdhes instractkms. Vous nous ferez successivement rapport de ce que tous aurez effectué.
€ A tant^ très-chers et bien amés. Dieu vous ak en sa sainte garde.
€ De Bruxelles, le 29 août 1787.
Cr. Y*. € MuRRA^Y.
€ Par (ordonnance de Son Excellence :
c De Reuju >
L'exécution des ordres contenus dans cette dépêche était subordonnée à la publication l^ale de la déclaration du 28 août. Or, c'était là précisément la grande difficulté : le conseil de Brabant, à qui il fiit enjoint de la faire émaner et publier dans tous les lieux de son ressort, commença par la communiquer aux états, par lettre du 51 août, les {triant de lui donner leur avis sur cette aff^aire importante. Il en envoya en même temps copie aux magistrats de Louvain , de Bruxelles et d'Anvers, et invita ceux-ci à consulter les chefs des Gilden^ Wycken et des autres corporations de leurs villes respectives, et à lui transmettre leurs avis écrits et signés. Cétait les rendre juges dans leur propre cause, et il était impossible que le conseil de Brabant ne comprit point Fabsurdité de cette mesure; mais ces retards étaient combinés dans le but d'atteindre l'époque des vacances et de se séparer sans avoir rien résolu. Dans Tintervalie les membres, du conseil donnaient eux-mêmes l'exemple de la désobéissance, en s'affîiblant de cocardes et de signes prohibés.
Le gouverneur général , qui voyait bien le but de cette manœuvre, écrivit d'abord au conseiller Van Assche, qui, étant le plus ancien, remplissait les fonctions de président, la lettre suivante :
€ Monsieur,
< Gomme l'ordonnance qui a été envoyée au conseil de Brabant, pour faire cesser le port des cocardes, uniformes et autres démonstrations de cette espèce, n'a pas été publiée encore, je
ne puis me dispenser de tous en écrire, monsieur, pour que TOUS concouriez à ce que cette ordonnance, qui né saurait être susceptible de difficulté, soit émanée sans délai.
€ En attendant je souhaite, monsieur, que le conseil, les employés, et en général tous ceux qui tiennent à ce tribunal, cessent incessamment de porter les cocardes et tous autres signes que Tordonnance interdit. J'ai trop bonne opinion des membres du conseil , d'ailleurs au service de Sa Majesté , pour ne pas m'assurer qu'ils s'empresseront de donner l'exemple de leur soumission aux intentions de Sa Majesté.
c Je sais avec une parfaite considération,
€ Monsieur,
€ Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
€ MUREAY.
c Bruxelles, 3 septembre 1787. »
Quelques jours après, le 7 septembre, le gouverneur général manda chez lui les députés des trois chef-villes, pour les presser de remettre l'avis qui leur avait été demandé. Ils s'engagèrent formellement à le faire pour le mardi suivant , et aussitôt M. le comte de Murray en prévint le conseiller Yan Assche, et l'invita à faire la publication le mercredi, c Je souhaite, disait-il, que vous fassiez les dispositions nécessaires, pour qu'au cas que les vacances commencent ce jour-là, il se trouve toujours à Bruxelles un nombre suffisant de conseillers pour que l'émanation puisse avoir lieu au jour susdit. » Le li du même mois, il écrivit au conseiller Van Assche une seconde lettre, par laquelle il invitait le conseil de Brabant, en corps, à se rendre chez lui le lendemain, vers midi. Mais toutes ces instances furent vaines : les vacances étaient conmiencées et elles servirent de prétexte à la mauvaise volonté.
Le conseil de Brabant avait reçu d'ailleurs, presque en même temps, la réponse des états à sa lettre du 51 août. Ceux-ci, au lieu de foire connaftre leur avis, proposaient de conférer , avec des ONEnmissaires du conseil , sur les avis donnés par les trois
276 lUJPteiTO
chfif-yilles. Aussi» le conseil de Brabant répondit, le i2 septembre, au comte de Mumy , qu'il n'avait pp se réunir en ncwifore sufiGisant» et que, par ce motif, il n'avâtt pu délibérer sur sa proposition de se rendre y&cs Un en corps. Au reçu de cette dépèche, le gouverneur général perdit patience, ei le nîéme jour , au nom de TEmpereur^ il intima 1 -ordre an conseil de Brabant dé procéder à l'émanation et publication de la. déclaration d« 28 aoàc, avant la fin de la journée du samedi, tô septembre. Ce jôur-l4 le conseil s'assraibfa enfin ea nombre suffisant, et prit la résolution suivante :
c Résolu , à l'intervention de l'office fiscal , d'émaner et de faire publier, dans tout le ressort de ce conseil, ^.déclaration portant la date du |28 août dernier, concernant. la poHce et le maintien du bon ordre, selon la minute ci-vue et lue, bien entendu que cette déclaration se borne à faire cesser ce qui pourrait être illégal, et conséquemment que la défense reprise dans la même déclaration ne concerne pas les Serments, Wydcen ou gardes bourgeo^ et autres corporations l^les et knrs suj^pôts agté-* gés, et ne pr^udicie en aucune manière à lenrs droits, prérogar tives, marques distinctives, privilèges, et usages.
c Au surplus résolu : d'envoyeor copie de cette résolution anx états de Brabant, aux magistrats des dief-villes de Lowain, Bruxelles et Anvers , chargeant les mêmes magistrats de donner part de ladite résolution aux Serments, Wycken et autres^ pareilles corporations légales, ainsi que d'envoyer copie de la même résolution, partout ailleurs dans leur ressort respectif par let^ très circulaires en la Corme ordinaire. »
Il n'était pas possible d-exciter plus directement à la rébel-> lion. Aussi , à dater de ce moment, l'agitation fat k son condik* Les circonstances, même les plus accidentelles^^ forent exploitées à son profit. C'est ainsi qu'à l'occasion d'une rixe qui avait eu lieu dsms un des faubourgs, entre des gens dn peuple et quelques militaires, les> Nations adressèrent une représentation aux étals pour demander justice des excès commis envers les bourgeois par les soldats autrichiens. Cette espèce de pamphlet^ népanda
M BBG. Î77
aTep ^^rafasicm dans Bnucelles , bxWït, dés le -15 seiptembrê , ùii*e éobrtër k rétoke. Lès timipes forent consignées àtmê IMM quartiers et restèrent toute la nuit sous les armes.
Ib 16 éCait un duBiaimhe. La journée se passa en Taiives parolesk On fit courir beaucoup dé bruits, inrais ou Mix. On disait, entce autrœ cbôses, cpi'nn ïeourrier était arrivé de Viehne pendrait ia Mîit, eteette noûydUe suffît pour tenir ouiFeit le champ dqs eoiqectuffesi
hè 17^ il y eut asigemUée des états à l^tire ordinaire. Vers toidi on publia^ à la brétèqué de la maison de ville, datis lés ftrnriôi accoutninéea, la déclaration im|>ériale du 28^ abûb Dès §ufe ce document lut affidié , quelques individœ ; qu'on avait ^pois- 4és^ se turent sur la planche qui Iç portait et la brisèrent en mille pièces; Quatre grenadiei», qui avuient voulu s\>pp0âér à leet acte de violeoœ^ faillirent éjtre victimes de leur zi^. « Oetfo plluiclie brisée,, dit uaïvisBaeBt un écrivain du temps, devint si notable par cettç époque, qn'uh chacun s'eforça d'en ramasser un. morceau pour lé garder en mémoire de cet événement (i). »
A trois heurea, les Natiotis ftireoft convoquées à la maison de ville, sous prétexte de s'occuper du contentement au subside. Le pensioBûaiTe des états expliqua à leurs syndics* la situation des affaires. Uleur représenta qu^il s^agissait d'obtenir la ratification des déclaraticms données psr les arcUducs; il leur traça la marche à suivre pour parvenir à ee but, mardie otdiqiie, marche diplomatique, si Ton veut, consistant à c^er sur un point pour avancer sur un autre. Il leur recomm»ida surtout de ne pas accorder le subside avant tout redressement des griefe. Les états paraissaient dans ce moment avoir adopté un plan de campagne qui tendait vers la conciliation. L'effet s'en fit apercevoir dans le oomité même des volontaires. On voit, par le procès^verbai du 18, qu'il y fut résolu c dé s'abstenir du port de toutes mari|Besdistinctives, comaie panaches, floches, etca, sans préjudice à tous droits, privilèges, usages et coutumes à ce contraires. »
(i ) Autre relation de ce qui $*eêt passé à BruiveUes , depuis le 15 septembre jusqu'au 34^ i7S7 , j^ fiêèkf eofriifée, etc. Bruxèltos, sabb nom drimprlmeor , 1787. Broch.