‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 27 sur 102 · EAFtMQS · texte numérisé non relu

EAFtMQS

La conduite que tint Yan éer Noot , tiass la journée dn !&« fiit

. une; conséquence de cette résolution et de la poKtique adoptée par les états*.

Ce jour-là y il avait été notifié aux volontaires dèVass^mUer, vers quatre heures après-midi > à la Grand!Place. Longtemps avant l'heure indiquée, là place était crâyerte de peuple : toirtes les croisées étaient occupées; il y avait du motide jusque sur les toits. On s'attendait à voir arriver les volontaires en corps, et c'éta.it une ovation qu'on leur préparait. Mais^ par suite de la résolqtioii prise la veillé par le comité, ils arrivènenC s^ré-

, ïnent Tun après Taiitre et montèrent à la maison de ville. Là Van der Noot ne craignit pas de compromettre sa popularité ^n se rendant Torgané de la politique des états. Il engagea les volon-

,,taires à Tabaindon, au moins momentané , de leur uniforme, sans préjudice à leurs ^rmts , [privilèges , etc. ; mai» ceuKH^ , qui n'enr tendaieAt rien à toute. cette diplomatie, ne firent que s'exalta davantage, et le discours du fîitur père du peuple fut couvert de sifflets et de hiiées. Les volontaires descendirent de la maison de ville en jurant qu'on ne les dépouillerait jamais des mar^œ de leur civisme : de sorte que cette tentative n'eut d'autre résultat

• que de mieux préparer les événem^its du lendemaûn.

Cependant, les états avaient envoyé une d^utation au gouverneur général , pour lui anncmcer le prétendu succès de leurs efibrts, et pour l'engager à faire paraître la ratification tant désirée. M. le comte de Murray s'y était, en qnelqiie sorte, engagé, lorsqu'il apprit que les volontaires ne tenaient aucun compte de la parole des états et de l'espèce de traité qui venait de se conclure tacitement entre eux et lui. Le 20 sq;>tembre, vars dix heures du matin, quatre à cinq cents volontaires en uniforme se rendirent à l'église S^-Géry , pour assister aux obsèques d'un des leurs, nomnié Pierre Kockaert. Cette déD«)nstration ne laissa point de doute dans l'esprit du gouverneur général sur l'impossibilité d'un dénoûment pacifique. Dès lors, les ordres qui avaient été préparés reçurent leur pleine et entière exécution. Toutes les troupes de la garnison prirent les armes et se tinrent prêtes

^aii8 les casemea. h^ général d'Âf berg entra dans la ville à la tôte.d'un détachement d^ dragons, qui étaient cantonnés à Yil- Yorde, et deux bataillons» qui se tron valent campés à proximité de la ville, firent leur entrée presqu'en même temps. Ces troupes, se dirigèrent vers la placé Royale, où elles prirent position. Deux pièces de canons furent braquées vers la Montagne de la Cour, et deux autres à l'entrée de k rue Royale. Pendant ce temps une partie des dr^igcms faisait une excursion dans le cen** tre de la ville. Un asseai fort dâacbemént parcqurait la rue Haute, et faisait main basse sur les voloiûtaires qu'il trouvait isolés et en uniforme. La même opération avait Heù dans d'auties quartiers moins populeux. .

Tous oss. meoveraents, ocmunè bien Ton pense» ne purent se fûre sans jeter l'alarme parmi ceux qu'on appelait patriotes^ La populaticMi presque tout enti^ se souleva. Les vol<»tatres eaumrent aux arnies et se rendirent en m»se à la Blontagne de laCionr» oà ils semblaient menacer les troupes de la place Royale. Mais tout à coup une fausse alerte les fit changer de contenance : le Imiit se répandit que les Autrichiens, qui étaient restés dans leurs casernes, venaient de se mettre en mardie et qu'ils allaient venir cerner les assaillants. Les volontaires effrayés descendirent précipitamment vers la CrandTIace. Ils y posèrent leur camp devant la maison de ville, où les états étaient restés ai permanence. Toutes les avenues furent dépavées, on tendit des chaînes, on éleva des barricades. Ce fut dans ce moment que le gouverneur général, comte de Murray, se présenta lui-onème à une des issues de la Grand'Place, pour se rendre à l'assemblée des états. Il cédait aux sollicitations du duc dIJrsel (i) et du

( i) WolfgaDg Guillaume Joseph Léopold Vital, duc d^Urset et de HpbokeQ, prince d'Arche et de GharlerUle, comte de Grobhendoock , Milan, Seneghem, Purbuy et da saint empire romain, baron de Wesemael et, en cette qualité, maréchal héréditaire du duché de Brabant, baron d'Oostcamp, Aveighem, Vicomte de Vive-Saint-Éloy , seigneur d*Hingene,. Heist, Heestert, etc., grand ?eneur et haut forestier de Flandres, chambellan actuel de Sa Majesté impériale et royale apostolique, et général^major de ses armées, né le 29 avril 1750.

Il était fils de Charles Elisabeth Conrad Albert Philippe François de Paule Norbert, duc dUrsel, chevalier de l'ordre de la Toison d'or (en 1771 ) , gouverneur de la ville de Bruxelles , né en 1718 , mort à Bruxelles, le IS janvier 1775 , et de Marie Éléonore , princesse de Lobko-

marquis de Ghaéteier, qi|i, dans ristenlilofi fort louable, sans doate, d'cmpédber de plus graves désordres, f eiitFatnaient à uue Mnarofae qui devait comprbniettre son earactère. Le gouverneur général evA beaucoup de peine à percer là foule qui encom- Ivait la place; sa calèche faillit se briser dans les barricades; u« concertée bnées le suivît dans cette course périlleuse. On avait feitiaccroire au peuple qu'if ne s'agissait pas Seulement de déshabiller lesîsoldats citoyens y mais que des dragons de MaMnes arrivaient an galop pour aider ceux de Braxelles- à égorger les bons habiliants. Aussi, toutes les doehbs sonnaient le tocsia, et les bourgeois épouvantés se prassaieHt autour des états, dans Tespoir d'échapper ainsi au massacre général. .

Murray , ifui , ju8qiie4à , avait montré asBei de ferateté, finit pat céder ans exigences des àats. Après une heure et demie de diseossîctai assez. vive, H promit de Eure puMi^r, le lendemain, la ratification impériale , et sigiia rendre de £siire netirer les troApes. L& seide condition qu'il y nul fût le réIiaMissemént de la paix puUique. Il put immédiatement s'aperoevoir, ai sortant de la maison de ville, jusqu'à quel point cette condition éteit nécutabb ; il fut reconduit à son hètel, au bruit des huées et des sittets, sous l'escorte d'un détadiement de volontaires à pied et

witz , dame de l'ordre fie la Croit étoilée , oée ea 1726 , morte le 0 mai 172S6, et petit-fils de Conrad Gaspard Charles comte d'tJrsel , qui avait obtenu le titre de duc , sous le nom dHoboken , far IflMiies Qilentea 49 reii^[»tr0uf Charles VI , ft«i 94 avril i7S4,

Il épousa , le 18 avril 1771 , Marie Flore d*Arenberg , «ée le 25 juin 1752 , morte en 1852.

Il prit séance aux états de Brabant , comme duc d'Hoboken , le 7 novembre 1775 , après j •^îr d^ siégé eo qiiaBté d» copite d^ Grobbendenck. Lor^ de son entrée «laétaU,!! %nk prouvé , aux termes des règlements , les quatre quartiers nobiliaires suivants :

Ursei., Sajji, LouowiTZ, Ds Waldsteir.

n fut élu représentant provisoire de la ville libre de Bruxelles, par rassemblée du peuple,

tenue dans l'église de Saîiite-Gudule , le 18 novembre 1792 , et prêta serment , en cette qualiié , dans la séance du 23 du même mois.

Le duché d'Hoboken , situé sur TEscaut, à une lieue au-dessus d'Anvers , était, en 1278, une bruyère apparfeiiant aui sires de Perwez , d'où la dénomination locale, eapore usitée aujourd'bui , de Uoboken heyde. Elle appartint , plus tard, à la maison de P(assa^^ qui la vendit , en 1559 , à la famille Scbetz , d'Anvers , dont descendent les ducs actuels. Elle fut érigée en baronnie en faveur de Conrad Schetz , le 20 mai 1600.

Le comté do Grobbendonek , qui appartenait aussi à bi famille d'Ursel, et qui, également, lui ouvrait TeiUréc des état3 de Brabant, était situé dans le district conuu elors sous le nom de mayerie de Santhoven ^ dans la Canipinc brabançonne.

à chcnral. Néanmoins > le gouwrnewr gënâ^t tint sa parole , «t le lendemain, vers onze heures du aiuitin, la foule étant de non* veau établie à la GrandTlace , on vit le d«c d'Ursel, le marquis dm Clhasteler (i) et ia pensionnaire des ^ts De Cock, préoédés

<i) WfmçfoU ^aluçiel. Joseph oMrqnis de Gtoteier et de GMiieelief, J^rwi dlnoowA. seigneur de Carnières, Longuevine, la Gattoire , Rianweltz, Ansennont, Bouland, des Bois de Lou- ?if iries, etc., né le 90 mars 1744, licencié en droit à ronîversité de Louvain , le 7 décembre 1764, chambellan de Lenra Majestés impériales et royales apostoliques, en 17Ç2; lieutenant de If garde royale des hsUebardiers, en 1765 ; puvemeur et pré?6t de la Tille de Bioche , en 1769, conseiller diktat d'épée , en ITTO; membre deraeadèmie Impériale et royale des sciences et Wlas-lettm de Bruxelles, éhi direjct^sur de ce corps «avant quatre années de suite (en 17M» 1887 , 4*788 et 1789 ), décédé à Liège , le 11 octobre 1789.

U laissa plosieurs ouvnges et epusesles académiques. Quelques^un^ de ses ouvrages sent indi^piés dans Quérard, France liUérair^, t. ni, p. 621. M. DeUnotte a dotmé une notioa biographique du marquis de Gbasteler, dans le 4« volume des Archives historiques e^ liUétëùrm du nord êe ici ftanee. M. le ba»oo de Rerffdnberg en adonné ané autfè daha l'^n* ntmre deïocadime^ l'« aunée, 1855, p. 90, ^ 3* année, tS^l^f. afL Voy«z aussi le supplément & la Biographie universelle de Michaud , t. ix , p. 541-544.

lAnanpdideGhaiteler siégeiitau éUts de BI«hani,odila?iitMâdmiBeii4ailil6é8 |»aron dlqçourt , le 11 mars 1777 » après avoir prouvé les quatre q^^artiers nobiliaires suivanjts ;

GiAirajti, I>v Bais, Famrbao, I>o Bpmh.

. Il «vilt acquis, «i 1713, les aeigneuries dlnoomt 4»tde LoagaèHH»,- de Jean Adrien Van Bemmel,j^lgneur de Bemmel et de Beucketaer^ bailli d'Over Betuwe, en Gneldra. L'impératrice Marie-Thérèse érigea, en sa faveur, la terre d'Incourt en baronnie, par lettres patentes du 23 juillet 1776. La même princesse lui avait accordé, par laOrea piMntes du 88 man ITM^ |a permission de sommer ms armoiries d'une ce uronne ducale fermée, et de les décorer d'un manteau fourré d'hermine.

Le marquis de Ghasteler siégeait également aux états de Hainaut , où il avait été admis le S)aiiil965.

U était fils de Jean François marquis de Chasieler, de CovroeHeB et de Mwilbais, né le 6 aottt 16#1 , eonaeilter ^tal d^4»6e des Pnys-Sas, conseiller neble au oanseil sauveraiB de lainaui, frub président do mène eonseil , créé marquis par letlrtt patentes de l'Empateuf Gharies VI , du i0 mars 1795 , mort le 10 aoèt 1763, et de la seconde ftmme de oehri-«i , llarie Oalre Jesèphe Du Sert, dame deBoiriaod, décédée le 13 janvier 4758.

U avdt épousé, en piewières noces , lé il mars 17«i , Alberline Josèphe Dorothée comtaiie dé Turheim , dianoinesse du chapitre noble de Sainte- Waudru , à Mois , morte à Bruxelies, le S5 juin 1765. H ^usa en secondes noces , le 22 juin 1767 , Catherine Elisabeth De Basfleer , HeuafHèredeGdvffick, fillede Gérard AmeM De Haseleer, bourgmesti^ d'Amst^dan, qui avait été aoibaaMdear éeê élats-généranx des Provincee-Unies au congrès d*AU-la-Gfaa^eUe« en 178S.

II laissa phisleiirs enfttnts , parmi lesquels Jeaii Gabrid Joseph Albert marqols de Chastciaiv ■é le 12 janvier 1765, décédé à Venise, dont U ét»t gouteraenr, le 12 septembre 1819. GâeA-d foi propriétaire , depuis 1802 , du célèbre réfiment de chasseurs tyroliens, qui porta lengiemps son nom , et qui étaK le 64* régiment dinUmcerie de ligne autridiieniie. PreKpie toutes les biographies modernes ont donné des notices ^us ou mofa» exâetes sur lefénéra) de Chasleier.(V. lail#9yrtfyA»eit»ttpeilsd#»Coitlwiip»rtf<iis,parJay,Jotty,eto,, t^ Biographie m^versêUe eUiuique, t. i, p. 599; WeHofmak'e kiHoriqw, de Feller, Un, p. 211. Dans ce dernier ouvrage on trouve une notice biographiquie remplie d'erreur»^ oà noire

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du porte-étendard du Brabaut, paraître au haut de Tescalrar de la maison de ville. L'uu d'eux tenait à la main un papier qu'il paraissait avoir dessein de lire à haute voix; mais les cris de la multitude, à Taspect du drapeau qui annonçait la pacificaticm, empêchèrent la lecture de Tacte. Aussitôt l'allégresse publique succéda aux alarmes, et les chefs de l'opposition , satisfaits de ce premier triomphe , en augurèrent pour Ta venir un succès plus complet.

La déclaration du comte de Murray , faite au nom de TEmpereur, portait que les constitutions, lois fondamentales, privilèges et franchises des provinces étaient maintenus, tant pour le clergé que pour Tordre civil ; que les nouveaux tribunaux de justice et les intendances étaient et resteraient définitivement supprimés; que les anciennes juridictions et administrations étaient en conséquence rétablies et maintenues; enfin, qu'à Tégard du redressement des objets contraires ou infractions à la constitution , il en serait traité avec les états, ainsi qu'ils l'avaient demandé; qu'on recevrait, en conséquence, ce qu'ils proposeraient à cet effet, et que Sa Majesté y disposerait d'après Téquité et la justice, selon les lois fondamentales.

Cette déclaration n'était que la suite et la conséquence de celle

marquk de Gbasteler , son fils , le gooyerneur , et son frère , mort au château de Moalbak , eo iSiO, sOBt confondus , pour ne fUre qu'une seule personne.)

L'hôtel du marquis de Cbasteler était situé, k BruieUes, entre les deui Sahlons. U le lendil en juillet 1788 , peu de temps ayant sa mort. Ce local changea alors de destination et de?int le monastère des religieuses carmélites thérésiennes, supprimé par Joseph II, en 1783 ; elles obtinrent des étaU de Brabant, en 1790, Tautorisation de s'établir de nouyeau à Bruielles. C'est alors qu'elles érigèrent l'église , qui est aujourd'hui convertie en temple maçonnique , et qui fût eensaerée solennement par Laurent Mille , pléban de l'église collégiale de Sainte-Gndule , le 20 septembre 1793.

Le marquis de Ghastder eut un frère putné, François liane Antoine Chrétien marquis de Cbasteler de Moulbais, né le 24 septembre 1756, décédé an château de Moulbais » près d'Ath , le 30 août 1820. Celui-ci fut , au mois de février 1814 , un des députés de la Belgique envoyés au quartier général des souverains alliés , alors à Chaumont en Champagne. ( Les autres députés éUient le duc de Beanfort , le marquis d'Assch et M. De Jonghe, ancien pensicpnaire des étatf de Brabant ). Plus tard, il devint chambellan de Sa Majesté le roi des Pnys-Bas. U avait épouaé Thérèse Ghislaine De Fourneau , comtesse de Cruyckenbourg. C'est de ce mariage que nacquit

à Wnbbourg, en Franconie, le Albert François, marquis du Cbasteler,

général de brigade au service de la Belgique et grand écayer du Roi. Quekiues biographea ont confondu le marquis de Cbasteler de Bfoulbais avec son neveu , le général gouverneur de Vemse, qui s'est illustré dan» la campagne du Tyrol.

DE BEAG. 385

que TËmpereiMT avait faite à Vienne aux députés des états, et qui avait été formulée dans la dépêche du 16 août 1787. Elle ne différait de cette première déclaration qu'en. ce qui concernait les conditions préalables, et en ce sens seulement qu'elle ratifiait les édits des archiducs avant que toutes ces conditicûis fussent remplies; mais au fond elle ne changeait rien à la nature de ces conditions j de l'exécution desquelles le gouvernement n'eot- .tendait point se départir. Ainsi qubn le verra plus loin, le gouvernement considérait comme acquise la claiise que toutes choses ^seraient rétablies sur le pied où elles se trouvaient avant le l^** avril : seulement il voulait bien donner une espèce de satiaiaçtion aux griefs de la imtion» avam que cette clau^eùt été çopipletement rempUe. :,,

En faisant cette concession» M. le comte deMurray n'avait, certes , pas rendu sa position plus facile , et il ne tarda point à s'en apercevoir lui-même. Cet officier général avait assez bien débuté; mais il finit d'une manière fort peu brillante. Lorsqu'il arriva au pouvoir , la hardiesse de l'opposition, d'une part, et la Êiiblesse du gouvernement, de l'autre, étaient telles que , sur la demande des états de Brabant , on avait suspendu , ou plutôt contremandé la marche de quelques régiments qui descendaient de l'Allemagne, et dont la présence seule aurait procuré un calme parfait au pays. On avait fait plus, on avait consenti à tenir les troupes dans leurs garnisons respectives , ce qui divisait la force militaire au point de la rendre inutile. Aussi vit-on, à Bruxelles, toute la garnison faire la haie à une procession, tandis qu'une compagnie de volontaires escortait orgueilleusement le baldaquin, en unifoime et en armes. Le gouvernement en était venu au point de ne plus oser toucher aux magasins d'artillerie et de poudre, sans la permission des états; et ceux-ci avaient même proposé d'en confier la garde à la maréchaussée , à l'exclusion des militaires. Enfin, ce n'était qu'avec la circonspection la plus timide que l'on osait se servir du trésor royal. Un des premiers actes du gouverneur ad intérim , comte de Murray , fut d'ordonner la concentration des troupes* Cette mesure provoqua des

384 KAPËBim M BERG.

/repréaentationS) mais elle s'opéra sans auciine espèce de ré^ tance : il n'entrait pas encore alors dans la tété des volontaires de Van der NooC de prétendre M tiiesarer avec les troupies de l'EMpereur. Il fallut la journée du ÎO septembre pour leur inspire^ eétte présomption : il fiiUnt qn'après avoir fetit, dans cette jouimée, un vain d^oiement de forces militaires, le comte de Mmray ràt «^nné aux troupes de rentrer dans leurs quartiers, et se fi&t fah reconduire à son hôtel par les volontait^ en armes et en tiniforme, contradictoirement à la déclaration du 38 août A dater de ce moment, tout le prestige attaché à son nom disparut; et tout Teffiet produit par ses premiers actes et par la dépêche impériale du 5 juillet ftit détruit. Ses embarras allèrent dès lors en croissant, et désormais il ne fut plus possible de l*y sdudtraire autrement que par son rappel.

cqapitkje; j:vil

m. Bft ipae Mitui A.Bmmu«B^--»iVMntei$:Hi DéoiWMnnoii.MDaâiJL

Noos avons l^ssé M. De Berg à Paris, vers le mois de juil^ let 1787; mais il n'était pas un de ces hommes que les gouver^ nements voient avec indifférence s'éloigner des affaires. Aussi, à peine le comte de Murray eutrit pris les rênes de Tadministra-* tien, qu'il voulut le rappeler et soumetlre son zèle à une nouvelle épreuve. Nous avons retrouvé Id minute d'une lettre que M. De Berg écrivit, à cette occasion , au gouverneur général. Cette lettre nous semble résumer parlailement la pensée, le caractère et la positiop personnelle de son a«teur, en même tenps qu'elle jette un jour nouveaiib sur la situation d» pays. C'est. pourquet

286 RAPÉDIUS

noDS avons pris le parti de la reproduire textuellement et sans en rien retrancher :

€ A San Excellence le comte de Murray, lieutenant gouverneur et capitaine général de Sa Majesté.

€ Monseigneur,

€ Par dépêche du 27 août, Votre Excellence m*a (ait llionneur de me signifier : c que Sa Majesté avait trouvé de sa dignité , c comme de son service, que je me rendisse à Bruxelles, pour € y reprendre, provisoirement et jusqu'à ce qu'il en soit au- € trement disposé, mon poste et mes fonctions d'amman de € Bruxelles. » A quoi Votre Excellence a daigné ajouter : c que c je ne devais avoir aucun sujet d'inquiétude pour ma sécurité à t Bruxelles, puisqu'elle ferait prendre à cet effet les mesures c qui pourraient être nécessaires. »

c J'ai eu l'honneur de répondre à Votre Excellence, dès l'instant de la réception de cette dépêche ( le 30 août ) , comme il convenait que fît un sujet fidèle et respectueux : j'ai commencé par obéir , me réservant d'adresser à Votre Excellence et à Sa Majesté, en acquit de mon devoir, par l'entremise de Votre Excellence, mes respectueuses représentations sur ce qui fait l'objet de cette disposition souveraine. 11 ne peut que me sembler juste. Monseigneur, que Sa Majesté ait trouvé de sa dignité de rétablir dans leurs anciens postes tous ceux qui , ayant cessé de les occuper par le fait de leur promotion à des intendances ou à d'autres places de création nouvelle, et qui, cessant aujourd'hui d'être pourvus de ces nouvelles charges, par le fait de leur suppression , désireraient rentrer dans leurs anciens postes ou en être remis en possession. Elle a trouvé de sa dignité surtout d'assurer de la sorte ce rétablissement à ceux qui , se trouvant dans la position mentionnée, pourraient, au défaut de l'appui de l'autc»*ité royale, se voir injustement dépossédés de fait de leurs po6tes primitifs. Mais il ne peut, je pense, être permis de croire, et rien dans la dépêche de Votre Excellence ne pouvait m'auto-

rîser à présumer que Sa Majesté eût cru convenir à sa dignité de rétablir dans leurs anciens postes ceux qui , loin de désirer d'y rentrer, auraient formellement déclaré ne pas le désirer, et auraient renoncé à toute prétention à cet égard , dans le cas même de suppression des nouvelles charges, à cause desquelles ils avaient cessé d'occuper leurs anciens postes.

c Cette dernière position est la mienne , Monseigneur. Les devoirs, les fonctioifô, l'autorité légale appartenant au poste du chef justicier, de Tamman de Sa Majesté, pour la ville et Fam* manie ou cercle de Bruxelles, sont trop généralement méconnus, pour qu'un sujet fidèle et zélé pour le service du prince et pour le bien de la chose publique , instruit, au point où je le suis, de la nature de cette charge et de l'impossibilité d'en remplir les devoirs les plus essentiels, puisse promettre à son prince, au gouverneur général et au public d'en remplir les devoirs véritables et de mériter, par des services utiles, les émoluments, onéreux à l'Ëtat, qui sont attribués à l'exercice de cette charge. Il serait superflu et entièrement inutile. Monseigneur, que j'entrasse ici dans le développement de cette vérité. Les preuves en sont consignées dans un mémoire justificatif que, comme amman de Bruxelles , j'ai légalement adressé à la fois au gouverneur général de Sa Majesté et à sa chambre des comptes de Brabant , en novembre 1784.

c J'appelle ici ce mémoire /us^cari/*, parce que son objet était de justifier le refus que j'avais fait, dès le mois d'août 1784, et que je renouvelai depuis lors, en novembre 1784, en novembre 1785 et en novembre 1786, de prêter, à la chambre des comptes, le serment annuel , que doivent y prêter tous les cfaefe justiciers et justiciers de Sa Majesté, c de ne pas savoir qu il se c serait rien fait, dans leur département, de contraire aux lois c et hauteurs de Sa Majesté, par ecclésiastiques, séculiers, corps, c communautés, etc. » J'eus été coupable, si j'eusse continué de prêter ce serment, après que je me fus convaincu, par neuf années d'étude et d'exercice de ma charge d'ammau, que dans mon d^part^nent les lois constitutives de l'autorité du monarque ,

288 H^rtDioft

coQStitutiyes aussi de l'ordre public, en ftiit d'adninidtrtdbtt ée justice, de poliiîe et de finances, étaient essentieUament méconnues. J'ai dit, dans mon mémoire justificatif, comment , h quels égards , à quel point étaient ttkécoonves^ les loi» du> souverain et les principes qui seuls pussent me servir de règle et.de dkred^ tion, à reflet de maintenir les kuUeurs du prince, de iaim ren^ dre droit, loi et justice à chacun, en matière dladtannaôstfation de justice, de. police et de deniers publies , eottformément'àr mes patentes et dai^s le sens des lois émanées de l'autorité souve^ raine, renouvelées et confirmées par toutes les obartes coniti*tutionnelleSL Queiquô méfiance que j'aie de mon j«fpemeBlv Monseigneur , je dois croire que ce refus de prêter lé serment susmentionné , et les motifa que j'en ai donnés, étalent et se sont trouvés fondés en raison et en justice. Je doi» le croire, pnisqne, loin d'avoir vU' ma conduite, à cet ^ard , désapprouvée par le gouvememeiît on par Sa Majesté, je puis démontrer n'avoir jamais épropvé plus de marques de bonté et de bienvetUanee de la part du gouvernement général , que depuis cette déclaration et cette explication de la conduite que j'avais tenue précédemment et de celle que je me proposais de tenir par la suite; et qu'end je me snis vu comblé de bienfaits et de marque^ dé bienv^Uande de Sa Majesté, de son gouvernement génàtil et de ses mintsires, depuis le mois d'octobre 1786 jusqu'à ce jour.

c Malgré de si justes motifs de ne pas désirer d'occuper encore, infructuensement pour le service et au détriment inutile de ma santé, un poste aussi péniUe, je me suis offert, il y a trois mois environ (en mai dernier), d'en reprendre l'e^rcice^ Mais un concours de circoifêtanoes particulières, qui n'existe plus aujourd'hui , m'avait déterminé alors à donner à Sa Majesté et à son gouvernement cette marque , la plus fbrte qu'il me fût possible de donner, de mon zèle et d'un dévouement absolu poar le royal service et pour le bien de la chose publique. En offrant alors de mprendre Texercice de cette charge, je n'entoidis pas offitr et n'o£teis pas d'en remplir les devoirs généraux les plos essentiels, ce qni , à mon sens, était aussi impeesibèe afloils que jaiaais ; mis

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