‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 28 sur 102 · DB MEO. W · texte numérisé non relu

DB MEO. W

j'tffiris dsTMciplir^ daEasce poste, cette partie de ses d«roiit$ ^e Ie& circonstancest du moment me semUaient indiquer comme poaTant élre remplie ntilement pour le serrîce dé Sa Majesté et pour la.cbose publiqitô. Dans ce moment , les Nations de Bruxelles s'étaient pasassemblées éL n'avaient ^ je pense, pas été convoquées encore. Je cros voir qu'il serait conv^iaUe de les convoquer , et ^'il siérait utile que leur assemblée et leurs délibérations fiassent présidées, surveillées et dirigées, autant que possible» par ^am*^ jOÈon de Sa Mafesté. Je «rps alors encore que , malgré les préjugés iopBtes^ que ites bruits r^andus sur la conscription, les qua-» rante pour cent, les tortures à ordonner par les intendants, et la prétendue autorité juridiotionndle de ceux*ci , avaient fait naître ^coitfre les principes et les sentiments de ceux qui, comme Moi, avaient accepté des intendances, je crus, dis-je, que les Maticms de Bruxelles, détrompées en partie de ces erreurs , v^* raient enioore avec plaisir et avec confiance parmi elles un homoie qui avait captivé. leur estime et leur confiance dans le poste d'amman depuis 1775 jusqu'il octobre 1786*

c Alors et jusqu'au moment de mon départ de Bruxelles, le 48 juin dernier, je pouvais me flatter d'avoir conservé cette estime et cette omfiance des Nations, et je pouvais espérer de tirer un parti avantagauc, pour le service et pour la cho$e publique , de ces sentiments mérités de leur part : sentimients sur la réalité dcisquels j'eusse désiré les voir consultés, sans crainte d'éprouver un désaveu , tant qpe ma persévérance à rester dans ftruxdles était, aux yeux du public , une sorte de démonstration de mon irréprochabilité et du calme de ma conscience. Mjaiis depuis qœ des motifs quelconques, dopt j'ignore la nature, m'ont Êtit, d'après des réquisitions d'une nature également inoonnne,:adresser de la part du gouvernement la sign^facation verbale de la convenance de m'expatrier, depuis que cet exil apparent , soutenu durant plus de deux mois, a dû contracter inévitablement, aux yeux du public, le caractère d'une fuite et celui d'une crainte de ma part, il est devenu impossible d'emiJêcher qu'une partie considérable du corps des Nations de Bruxelles

iW »iaÉDiiii

B^aît {M» attribué cette fuite apparenta wx mouveneitfB d^iuiè QMaoenoe coupable ; il eat devenu impoesible encore d'mpèehnr que les 6AQettii& qua je dois avoir, puisque je oie suis vu comblé de grâces et de ÊtVeurs de la part du souverain et de ses mtnishres, ne fissent eflfiôaœment germer parmi les Nations cette opinion contraire à la boline r^utation que j^ss croire savoir conservée jusque-là^ jusqu'à mon dernier départ de Braaoeltes, panni oetl^ classe de reprëMntants de la nation (i).

f Ne voyant donc jdus auiourdliui) ne pouvant plus! voir, comme ensmai denueryd'utiiité réeHe pour le swvice du prince et pour la chose publique» k ce que je me trouvé» comme jadis, à la tête des assemblées du magistrat et des Nations, je trahiriiis ma conscience et mon devoir a, dans ces ci|*oonstaÉiiies, je témoignais pouvoir désirer d'occuperi encore ce poste tfammia ou de le vouloir accepter autrement que par obéissance ateolue. Le gouvernement n'ayant pas jugé^ comme moi» en mai' dernier, qu'il y eût convenance alors de me replacer dans le peste ^am^ man, je me soumis à ce jugeaient, comme il convenait^ avec une ptirfaite abnégation et une résignation entière et b^en natufelle, paisque ce n'était nen moins que mon tntéréit privé qneif avais en en vue en faisant alors cetteûffre non atoeptée. Les ciroén^ sliJices ayaat para exiger , vers le commenoonent de juin^ qu'à ^^y eûA plus de: doute sur la; réalité de la vaunoe de la diargf d'amman, réalité dont le geuverâeinent et le pufblio pouvsimt douter tant qu'on pouvait me^ supposer le désir d'occuper enopre ce poste, je remis, vers le 10 ou le 13 dernier» à Leurs Altesses Royales, la déclaration fomelle de moii désistement de l'ieffre que j'avais faite de reprendre Texencice deiicette charge. Cette déclaration formelle de ma part , reitérée ici, né «â laîaàe fdua dans la classe de ceuK <^, ayant dû cesser d't>cduper leilr poato

< 1 ) En lisanl cette lettre, on ^t Uoti de /coDai^é^ cQ\Di»e Hf^^pb^ , A^iMiMi^iiai^rW:^ tennes dans lesquels elle est conçue , la demande de démission que nous avons reproduite h, la page 147 de ce Télvma.. Nous Mm trouvé ob ^leraiér dufuiiMt rii^pdvaé màt (MUIè'«toiÉÉt«v comme le sont une mvjtitude de pièces ^t ^tte épofpe, et opus J*moqi doiwée M^ d'«^UMt moins de défiance qu'elle se trouve citée par M. Borg;net /dans ses XeUres tur la révolution

lp:4iQilif>IMM^ wit0 40! immMUoiii. désiremenr Mjoupd'hui ea r#np^r^ i^ {K^fip68Â<4)tpaiwM0f ^ au <ji^ir deaqn^ Sa Majeslé

4 J^a&cûncideraUoQg qui yi0iineot d'^rQ développées semblent wwiQûîiv i^îdeoivieot démontrée qiw I^ service^ de Sa Mi^té #t >. (^QSû piibliifw pe sapraiemr ^s étrq i»tér«8$és jaujottTf* 4'J^ à «e %ua 1^ po^o d'ammao d^ Bpuxellas fut occupé pay* ^fDOh Je:<^0)&, comequemm^, Mo&fimgoeur» pe pcHiYoir mieu: fiffff^ypr anjqurd'bjai IP09 zèleeli laon dévoueaieiit abçohiipoup le ^rviçeti^t pouf 1§ Jlnanpubl^, comitte sertiteiir, eomme sii>»t6t QO^m» €t^W »t qu'en /SMpi^lÂWt Votre Ëx^aelleoce d9 Aura pariée- A^ aux. pied^ de Sa Majesté mes très-bumblp^ représentations, sur là couY^uanca jrée}le qnll me sfoqble y av<^ que jeue seÂs plusTreplacédau» le pDste:d'aqœap; déclara^ n^wuioîiisqua, ^, noi^dista^t la ^co/de wesmotife ci'^lemi^ allégués et coûtée sat^n.yœu^, Sa Maî^té per^^it à me juger utile à sou service d^ ce m^e ppst^,.i^m'y dévpueraiç au prix; dp ma sauté #t, s'il le fallaîf , au p^ix da m^ vie et de ma foriuue r beureux si , p»* oçs sacrifipçs , je pqif copv^iucre uu jowr m^u {>rûce et ma pairie d?8 se^timeifila avec besqHfsls j« me &i9i9 çugagé m mf^^méf^ Vunetcfe Tautrç.

c l^aup 1« cas où la voloiué ^^bspluefdi^SaMiijestéaarait!^ Je r^risse oe pq^^ m^l^é Jest qs^ifs qui me ^ut désirer/ df eu obteuir la démissipu définitive, daufr o^ f:as, dîsrj^» ^prj^s «voir marqué à Vojre PiM?eUettçe la (dus vive .et la pI«Sî;rç3pe«to«ise reconnaissance, pour riB|^ét.qu.'eUe a às^gm témoiguer pneiidre k, m'ôter. tqut s^yçt d'ipq^iétwàe pww. ma sécurité, ^et dois, repré- ^iseu^er tri?^h|îmb|ement w^Oïe : . .; .

c Que hf^efi d^MMuaui ayat^t du paraîtra lai^utOid'a^pèsima déclaration susmentionnée du mois de juin,. et j^usievpil mquât^s ayant été p^ésçu^ dffpuîsi iM^.eC wa»t flela mâme^per des aspirants à cette place réputéa vacante^ y ayaut^ tieuide'icroire même» d'après uw SPr^ de uotQfi^té publique, que. 1^ Nations a|i|»aiçnt ^^ c^p^suUo^^ gur le qbon; jqui seiait ie^pibis» agrédble au pe^f^ ^ il^mb}?^d'aptfèa «es eonaîdératioua^que qiiaitd même

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eette chaîne ne devrait pas rigoureusement et en termes de droit être dédarëe vacante , €4le pourrait néamnoins être réputée. telle, avec assez de raison pour donner lieu à dés contestations sur la légalité des aptes d'autorité que jaurais à exercer dans ce poste , à moins que, par une déclaration formelle de Sa Majesté; expédiée dans sa chancellerie de Brabant, il fôt notifié à tous beux qu^ pourrait appartenir , que la volonté royale serait que je reprisse les ibnctions de cette charge et que j'exerçasse Tautorité qui y appartint, avec ordre à chacun de s'y conformer et avec injonction au conseil de Brabant, à la chambre des comptes et au magis^ trat» d'enregistrer cette déclaration dans leurs greffes respectife.

c Je ne puis qu'inhérer dans mes respectueuses instances pour qu'ilplaise à Votre Excellence de faire parvenir cette très-humble représentation aux pieds du trône, le plus tôt possible ,^et qu'elle daigne l'agréer comme une preuve de mon zèle pour le service de Sa Majesté et pour le bien de la chose publique ; zèle en considération duquel et de mes services passés ,^j'ose^supp1fer Sa Majesté, très-bumblement et par l'entremise de Votre Excellence, de daigner, en me conservant le titre de^[conseiller du gouvernement et les attributions honorifiques qui y sont attachées, et en me dispensant des devoirs de la charge d^ammanî, m'accorder telle pension modique qu'elle trouvera équitàblement convenir, soit par forme de retraite oa par tntmm et en attendant que les circonstances puissent permettre de m'employer utilement , à son sei^vice, dans une place et à des afi'aires quelconques tenant au gouvernement général,

c Je compte être à Bruxelles avant le 16^ du mois et de m'y soumettre en personne aux ordres qu'il plaira à Votre Excellence de me donner , ainsi que j'ai eu l'honneur de lui annoncer par ma lettre du 50.

c J'ai celui d'être, avec le plus profond respect, etc.

c Paris, 5 sept^odbre 1787. »

ilertes, le style de cette lettre diffère beaucoup de celui des lettres écrites de France et d'Italie par le même homme, en 1767; mais vingt années de travaux administratifs, vingt années de

lutte contre le mauvais vouloir étranger et le dégoût personnel , sont bien capables de changer Thomme et son style. Il y a, dû reste ^ dans cette dernière lettre un ton de bonAe foi , de dignité et de par&ite convenance, qui témoigne en faveur du fruit que son auteur avait su tirer de l'expérience des affaires: Ce qu'il dit de la proposition qu'il avait faite, au mois de mai 1787, de reprendre ses fonctions d'amman, mérite une attention toute particulière. On voit qu'à cette époque il nourrissait l'espoir d'exercer une certaine influence sur les Nations; qu'il voulait les r^nir, présider à leur assemblée; qu'il espérait diriger leurs délibérations; qu'enfin, il comptait pouvoir les éclairer sur les impostures à l'aide desquelles on cherchait à égarer l'opinion publique, telles que la conscription militaire, l'impôt de 40 pour cent,pa bastonnade administrée par les intendants, etc., etc. Il est difficile aujourd'hui de juger du résultat qu'auraient pu produire ses efforts, si, au lieu de l'expatrier, le gouvernement l'avait secondé ou seulement l'avait laissé agir ; mais on ne peut se défendre d'un sentiment fâcheux, quand on considère qu'à cette époque le comité des volontaires n'existait point, que Yan der Noot ne s'était pas encore emparé des syndics des Nations pour en composer son comité, et que Finfluence d'un homme éclairé et sage pouvait préserver cette partie de la population des effets de la séduction , du mensonge, de la calomnie, de tous les moyens qui sont ordinairement mis en œuvre par ceux qui veulent renverser un gouvernement pour se mettre à sa place. Car les hommes qui, de nos jours, se servent de semblables moyens, auraient tort de s'en croire les inventeurs : grâce au ciel, la Belgique n'en est pas à son apprentissage en fait d'impostures et de duperies. Nos pères étaient même plus avancés que nous, sous certains rapports, et c'est pour cela sans doute que les choses allèrent si bien : ils faisaient des journaux dans le sens qui leur convenait, et ne voulaient pas que d'autres en fissent dans un sens contraire. Un des premiers soins du conseil de Brabant avait été de prc4iiber le Qmrrierlde tEscaut, la Gazette de Cologne et le Journal de Hervé ou Journal général de t Europe. Ces feuilles, disait-on, étaient

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édrites par de^il» metcen^tièÈ i des ëctivàittS tltîpetiiify, déS Français à là solde d& FEttipereiïr (4), et par consëtpieiif elfes ne pouyaient a(voir raison^ C'eûf été perdre ton temps ()tie dètéâ réfoter; il était beaucoup plus simple de leâr exclure du pays.

La carieatore et la poésie étaient également portées au ptûs haut degré de dévergondage. Les plus sales images et les plus méàKLUts vers de nos petits jamnaux sont de timides essais, en comparaison de ce qui se publiait alors. Nous voudrions pouvoir en citer quelques exemples; mais le choi% est difficile, pour pea que Ton craigne d'outrager la pudeur publique. Toutefois, la pièce suivante, pins anodine que les autres de scm espèce, nous a semblé pouvoir ^re reproduite, peur donner tine idée âtt goât et du style de r^|>Oque.

• Louis de Barbiano , ministre aux Pays-Bas , Apté^ a?oir tenté un feit 4 fc Judas , OuTre tes yeux eofia et dis aiec raison : Je crains , amis. Je crains ies brates Brabançons. GottiÉiedi! tel TMihis dova, afw ta fiéM audace, Mettre aix travaux publics, à Imraette, à beittse. Des citoyens zélés, fidèles au souverain ? Ahr méchit* Milanais, ta es inhomaki; Indigne dMYalier d'un (N^dre respectable. Tu es, à tous égards , un instrument du diable. fin nnait iti roage ôm blten, [ Tu mérites vrttraent qu'on brûle ta maison.

Toi, infime souCfen de la chère patHe, Citimpipen , vil sujet , hopÉiie issndek lie, De race de laquais , d'un maréchal ferrant , lA^gne de ta charge ou c#n^ de BTd^t , Après sermeât piété , lu devieu' inpoaleari Un fourbe , un traître , enfin un lâche suborneur. Et toi, mriheuretnReQss (a), quf pour mie plaquette Parûtes, en poUnoft , ci-devant k caNfIttt De rhonnéte Lcsuillei , joueur de violon , Vou tt*éte9 reconnu qu« pour un vr«l (Hpèft. Mais toi , brive vieaiard , Joi ittusd^ Van AsiflM , Venez , bon citoyen , et remplissez la place Dhm lâche dianoéRer , d^alr inlkme boléei* t Vis et soutiens nos lois ea rends nous tous. bAraïK. Et vous , nobles états , incomparables pères , Qlift résiétéa si blétt , et qui têngiâs vas frèrév, Qui sont préU à agir et voqa tendent le* bras, Défendès-fes, il est temps, sauvés les Pays-Bas! »

(i) Borgnet , LiUruêHrlaréw>luiUmhrabançotm9, i« i , p* i55. ( f) Conseiller au conseH privé de Se BlaiesCé.

Yinei m^ior^ im (leiit ^mlUIon des amétnUh du teiBfB :

« Moàsiénr Lecleroq (4) doit aDer aux enfën.

Les Crampipen brûlés, Le pays sera purgé.

Rè^etyrauÀiu»»

Peuple Belgique Saivei Texemple de rAmérique. »

M. De Berg eut, comme on le pewe bien; sa part d^avanies à 0iti>pQrter« Nous aT<NQS déjà parlé» dans une note, d'une caricature représentant un homme fustigé par l'intendant du cercle.. On en publia une autre encore^ à peu près semblable, mais beaucoup plus significative. Nous ne pouvons en dœuier qu'une description icoparfaite, à cause de Tiiidéceace du sujet. Qu'il suffise de savoir que des tonneaux et des sacs d'or et d'argent, accumulés aatour d'un patient qui succombe sous le poids du bâton , indiquaient l'idée d'une contribution arrachée par des tortures, et que l'intendant du cercle figurait sur cette scène, le corps et les membres ceints de tonneaux cerclés, et remplissant les fonctions d'exécuteur des hautes œuvres. Le but évident de cette ÎDËunie était de faire accroire au peuple fue les intendants waieiàt reçu mission d'extorquer son argent, et le sel consistait dans ces mots écrits sur celui des tonneaux qui enveloppait le corps de l'intendant : Tonneau général de la montagne, ce qui était une allusion aunc^a de M. jDe Berg (s). Afin qu'il ne fût pas possible de se méprendre sur le sens de ce chef-d'œuvre de l'art et de l'imagination, l'auteur l'avait enrichi de l'inscription suivante,, dont nous conservons l'orthographe et la ponctuation ; . c Machine dévinatoire* Ipgénieuse inventioin pour trouvw les .% trésors sans descendre dans les entraillei^ de la terre { et con- 4 nattra la valeur de toutes choses : Trouvé par un inattre tonne- « lier issu d'un cordier, cette admirable machin est d'autant 4 plus estimable , qu'elle est applicable à toutes les espèces , tant

( I ) Conseiller d'État de robe , membre du conseil privé.

(i) L^nn était dû éonteil privé et fautre da coAséH des domaîdes et fioalWïes.

(9) Le flMl SummI darnr «%BiftiflioMgn«.

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c mâles que femelles et sans distinction^ Elle m'a qu'on deffkut, c c'est qu'elle n'a aucune vertu dans les Pays-Bas.

c Bienheureux les cercles; ils font parler les muets sans leur 4 couper le filet.

c Bienheureux les cercles; ils trouvent tout ce qui n'est pas c perdus.

c Bienheureux les cercles ; ils anéantissent les grands; élèvent c ceux qui sont nés dans l'ordure.

€ Bienheureux les cercles; ils font des armées sans enroller c de soldats.

c Bienheureux les cercles; ils chassent les rhumatismes en < échauffant les reins.

€ Bien heureux les cercles ; ils bannisse l'avarice et font ché- € rir la pauvreté.

c Bienheureux les cercles ; ils rétablissent l'ordre en cassant f tous les ordres.

c Bien heureux les cercles; ils ont réveillés tous les lions c endormis. »

On voit qu'il y avait à cette époque des pan^^létaires d^aussi bas étage que de nos jours. Ils savaient un peu moins de français, voilà toute la différence. Quand on considère cependant Tinfluence que ces misérables grossièretés exercèrent réellement sur Tesprit du peuple brabançon» on ne saurait trop blâmer l'imprévoyance du gouvernement y pour avoir rejeté Yoiïte de M. De Berg» et pour avoir éloigné du pays le seul honune peut-être qui f&t en position de rectifier les idées fausses répandues dans la bourgeoisie de Bruxelles. Si cette faute ne fut pas l'origine de la popularité de Yan der Noot, elle en fut au moins une des causes indirectes : car elle livra les Nations à la merci du plus grand ennemi de Tordre, d'un homme qui organisa la révolution de sang-froid, en se servant de cette espèce de moyens qui produit tant d'effet sur l'esprit du vulgaire, quand il ne se présente pas de contradicteur, et qu'il est presque toujours possible de neutraliser, quand on ne dédaigne pas de prouver l'évidence. Or, partout où il existe des honunes de l'espèce de Van der Noot,

Dft BtM. 297

et des lois qm lâisseiit lé champ libre à rimposture et à Texagération , il £aiut satoir descendre dans l'arme qu'ils se sont ouverte; il Élût savoir riposter sérieusement aux attaques les |dus absurdes, même les (dus ridicules; il faut enfin ne jamais perdre de vue que les contes les plus invraisemblables trouvent créance dans le public, du moment qu'ils sont de nature à atteindre le pouvoir. Nous savons bien que c'est un triste rôle pour ceux qui ont Fâme un peu élevée; nous savons qu'il est parfois difficile de surmonter le dégoût qu'inspirent certaines attaques et certains adversaires; mais enfin, quand on veut gouverner les hommes, il faut les prendre tels qu'ils sont^ et savoir se mettre à leur niveau.

Lorsque le gouverneur général comte de Murray jugea à propos de rappeler M. De Berg à Bruxelles, pour lui faire reprendre ses anciennes fonctions y il était trop tard : la calomnie avait produit tous ses effets; elle avait détruit en quelques mois la confiance et la considération que le ci-devant amman s'était acquises par douze années d'intégrité et de pénibles travaux. Aussi , non-seulement il demandftà' être déchargé de fonctions dans lesquelles il ne pouvait plus rendre aucun service; mais il sollicita la &veur d'être expatrié pour toujours, et d'obtenir une autre destination. L'Empereur ne jugea pas convenable de se priver du secours de son expérience dans les affaires des Pays-Bas, et pour rendre ce secours plus efficace , il l'appela à siéger dans le conseil général du gouvernement. Cest à ces circonstances qu'il est fait allusion dans la lettre suivante, adressée à M. De Berg par le dépositaire des pensées intimes de Joseph II :

c Monsieur,

c J^ai reçu successivement toutes les lettres que vous m'avés bat l'honneur de m^écrire èe Paris, et j'en ai rendu compte à notre auguste maître. Yotre demande d'être employé à Vienne nayant eu pour motif que la crainte que vous aviez de r^rendre la charge d'amman , Sa Majesté n'a pas cru nécessaire d'y faire r^Kmdre, vous ayant placé, dans l'intervalle, au gouver-

996 miAdw»

^emen^: Getta raisop 4ort JpMîfiQr oioa.aikoeia.iU aa ote rtMte difK) qu% TOUS, re«otty«i|er qm^ imNix , qoe^ révnicttëc tMm g)^^ famille 4 voq8 soyea au9PÎ cpateiH de TOtre notivûlle dcistirq^tUon» que; je serai tç^oj/wr» empvemé à vous ftémoigoer la pcnt* ^i4^atioatt;i>è8-distiagiié0 avdo. laquelle j'^ Tbonneuir d'être» . .

c Monsieur,

€ Votre très-humble et très; obéis^ut serriteur, c Yienaei ce 6 octobre 1787. âsthou* »

Cest un des spectacles les plus affligeants pour rhumanité, .qpe celui d'un peuple dont les sommités intelligentes cbercbent k,s^ soustraire, par l'exil, aux effets de la perversité et du menj^Pjge. Qu^nd la société en est arrivée à ce point , qu'il n'y ait plus de foi dans la moralité et Tinlégrité de ceux qui la gouvernent» et que sa lie en fermentation puisse impunément en sonil- Jer les parties les plus élevées, sans même être refoulée par Hadignation publique, on peut dire qu'il y a sy||^ptôme de décomposition. Il en est à peu près de cela comme des idées religieuses : ^tes à la société ce saint respect pour certaines idées, pour certains objets , autour desquels elle s'est groupée comme par instinct, et le groupe va se rom{nre, et chacun des individiis l^i le composent va se jeter à Taventore dans le vague etTisoj^ent* Sous ce rapport, les enq[>iètements temporels du clergé cathçdique ont fait le pli|f grand mal aux sociétés qui professent cette religion : ils ont donné crédit à cette erreur des philosophes du dix-huitième siècle, que ce sont les idées religieuses qui ont produit rétat de décadence dans lequel étaient tbmbéâ la plupart :des;pay8 eath^que^^ 8i le x^ergé n-avait pas été riche et poisi^ant^ on n'aurait pa$ attribuée so* inftueiUfe ce qui n'fétatt que le^réMiltat des événements poliilqueB^ Fqur œ qui conceme la Bel^que, pat exemple» il suffit de jeter un coup d'inil sar le fablaiii, que nous avooa tracé» au chapitre Yll, de^ direrses ^haaesde sa décadence, pour être convaincu, nonnseulement que

rinfluence des idées religieuses y fat complëtement étrangère, mais encore que la prospérité temporelle du clergé fut elle-même un effet, et non pas une cause.

Que Ton parcoure, du reste, les états protestants, on verra que ceux qui renferment le plus d'éléments de prospérité, ceux qui ont le plus d'avenir , sont ceux où les idées religieuses sont le plus répandues. Si Voltaire vivait encore, et s'il pouvait comparer à la situation de ces états, celle de la France athée, s'il pouvait contempler les effets du défaut de foi en toutes matières, il déplorerait sans doute son erreur, comme le font tous les hommes qui, après avoir été élevés dans les principes du philosophisme, ont été ramenés, par l'expérience et la réflexion, à des idées plus saines et plus mûres.

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