‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 58 sur 102 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

YAINBS TENTATIVES POUR PARVENia A L'tfTABLlftSEMBlIT DU StfMnrAIBB OlfetÉBAL.

L'année 178S s'ouyrit sous de singuliers auspices; voici ce qu'en dit un auteur contemporain : c Le premier jour de l'an il y eut gala au palais de Son Excellence le comte de Trauttmansdorff-Weynsberg , ministre plénipotentaire de Sa Majesté impériale au gouremement général des Pays-Bas autrichiens. Son Excellence reçut les félicitations des ministres étrangers et de la première noblesse. Â onze heures, elle se rendit à la chapelle de la cour , où , après la grand'messe , un Te Deum fiit chanté par

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l'abbé de Caudenberg, Grégoire Joseph Yanderheyden, premier chapelain de la chapelle royale et curé de la cour. Les canoaniers de la ville, qui faisaient partie du Serment de S*-Christophe et S^*-Barbe, avaient reçu ordre, de la part de MM. les échevins de cette résidence princière, suivant l'usage de tous les ans, de tirer le canon pendant le Te Deum et d'annoncer la nouvelle année, du haut des batteries de la ville. Mais aussitôt que la poudre à canon leur eut été distribuée, elle fut saisie et enlevée par des soldats de la ligne, en exécution des ordres de Son Excellence le comte Richard d'Alton, général commandant les troupes dans les Pays-Bas. De sorte que les canonniers de la ville durent s'en retourner chez eux, et ne purent exécuter les ordres du magistrat. >

Cette page, que nous avons traduite presque littéralement de la chronique de Goetval (i), vaut tout un commentaire sur la situation des choses. L'auteur ajoute cette simple réflexion, qui est également significative : c Wat daer al van %at komen moet c ons den tyd uyltvyzen. Ce que de tout cela il adviendra, le temps € nous l'apprendra. >

C'est trois jours après cette équipée , que commença l'exécution des grandes mesures ordonnées par TEmpereur. Le 4 janvier 1 788, M. de Trauttmansdorff fit connaître aux états des diverses provinces et à tous les évéques quelles étaient les intentions de Sa Majesté relativement au séminaire général. S'il n'y avait pas eu irritation de part et d'autre, et par cela même mauvaise volonté, on n'eût pas été si éloigné de s'entendre. Pendant son séjour à Vienne, l'archevêque de Malines avait adressé au gouvernement impérial un mémoire, dans lequel il désapprouvait hautement les désordres qui avaient eu lieu à Louvain, et il proposait, comme moyen d'en prévenir le retour : !<> d'assurer aux évéques l'inspection et la surveillance de l'enseignement des sciences théologiques; 2« de défendre 1 usage des auteurs protestants ou suspects d'hétérodoxie ; S"" de remplacer le professeur de droit canon Leplat par

(i) Manuscrit de la bibliothèque Van Hultbem , actueUement de la bibliothèque de Dourgof ne , n» iH9hi de rinvtntaire général.

le professeur Nelis , alors docteur en droit civil à la même université ; 4* de renvoyer du séminaire les abbés Stoeger, Lajoie et Coppine, et d'y faire entrer M. Manderlier (i), doyen de l'église collégiale de S^Pierre, à liOuvain, et président du collège de Savoie; 5** de diviser les élèves (qu'il supposait devoir être portés au nombre de 1500) par diocèses , dans divers collèges et sous l'administration de leurs évêques respectifs, avec obligation pour tous de suivre les cours publics de l'université. Ces exigences furent en partie satisfaites par la dépêche que M. de Trau Itmansdorff adressa aux évêques, le 4 janvier, et dont il donna communication aux états le même jour. Le ministre plénipotentiaire y exprimait le désir que les évêques lui proposassent un candidat pour être investi des fonctions de directeur du séminaire général, s'en rapportant d'ailleurs à eux quant au choix des sous-directeurs, dont la nomination leur était dévolue. C'est dans cette même dépêche qu'il leur annonçait la substitution du plan de l'institut du séminaire général de Pavie (d'après celui de saint Charles Borromé) , au plan de l'institut de Vienne, qui avait été adopté d'abord. Enfin, il les invitait à &ire connaître aux supérieurs des maisons religieuses et des ordres mendiants de leur diocèse, que les religieux, actuellement étudiants , étaient exemptés d'entrer au séminaire général, mais qu'ils auraient à se rendre sans délai à Louvain, pour y suivre les cours de théologie, sauf à se loger dans les couvents de leur ordre, ou dans tels collèges qui leur seraient désigna par leurs supérieurs.

Il semblerait, d'après cela , que les vœux du clergé eussent dû être accomplis, ou que du moins il n'eût dû lui rester que peu de chose à désirer encore. Mais ce qu'avait demandé l'archevêque de Malines, lorsqu'il se trouvait à Vienne, à l'abri de Finfluence du clergé brabançon et assez éloigné du théâtre où se jouaient

(i) Léopold Pierre Joseph Manderlier, Dé k Bruxelles» licencié en droit, le 90 juillet 1770; Tice-président du collège de Savoie, en 1771 ; chanoine de la première fondation de Téglise collégiale de Saint-Pierre, à Lourain, au mois d'août 1775 ; président du collège de Sayoie, en 1777; élu , le 13 octobre 1785 , doyai du chapitre susdit de Stint-Pierre, et installé en cette qualité , le 23 du même mois ; conservateur des privilèges de Tuniversité , et juge synodal de l'archevêché d« Malines. f I conserva ces fonctions jusqu'à l'époque de l'invasion française , en 1794.

les scènes du séminaire général, pour les juger sainement, n'était pas ce que lui-même et oe clergé voulurent, lorsqfue, dominés par Tesprit séditieux qui régnait despotiquement en Belgique, ils ne virent dans les concessions du gouvernement que le signe d'une défaite. En présence de cette manière de voir , qui était généralement partagée dans le pays, on sent qu'il n'y avait pas de transaction possible : il fallait ou vaincre ou s'avouer vaincu. M. De Trauttmansdorff mt beau doubler la dose des concessions, en annonçant encore aux évéques, dès le lendemain, S janvier , que la volonté de TEmpereur était qulls exerçassent une surveillance active sur l'enseignement qui se donnerait à Louvain et sur les livres dont il y serait Êiit usage; que S. M. voulait qu'en swtant du séminaire général, leurs élèves leur fussent rendus, pour subir, dans \ed séminaires épiscopaux, transformés en maisons de prêtres, les dernières épreuves scientifiques et morales; il eut beau adresser aux états copie des mémoires présentés à l'Empereur par l'archevêque de Malines, pendant son séjour à Vienne : rien ne put empêcher l'épiscopat de se lever en masse contre les ordres du gouvernement. Dès le 7 janvier, l'évêque d'Anvers écrivait au ministre plénipotentiaire qu'il considérait comme impossible de donner les mains à l'exécution de ces ordres : c Mon chapitre , disait-il , dont j'ai cru devoir demander l'avis dans une affaire aussi délicate, s'y oppose le pins formellement et me rappelle le serment que j'ai prêté, dès ma prise de possession. > Il en Ait à peu près de même de tout le clergé. Le chapitre métropolitain de Malines écrivit au cardinal-archevêque, dans son avis doctrinal du 4 janvier : c Nous mmmes fermement persuadés qu'il n'est pas dans le pouvoir de Votre Eminence d'aliéner le droit, qu'elle a reçu de Jésus^Ghrist, d'enseigner les fidèles confiés à ses soins , et d'avoir sous sa dépendance complète ceux qu'elle commet pour la suppléer dans cette importante fonction. >

Voici ce qu'écrivait de Louvain, à cette occasion, le correspondant du chanoine De Neuf, sous la date du 7 janvier : t Les chapitres métropolitains et cathédraux de Malines, Anvers et

Namur se sont conjoints aux ëvéqnes pour combattre lé séminaire général , et je suppose que les autres feront on auront déjà fait de même. Je crois que cette semaine nous apportera de grandes nouvelles pour le séminaire général, qui, j'espère, sera dissipé par l'assistance du Ciel , que Ton implore ici avec ferveur : car il y a tous les jours des grand'messes à cette fin dans Tune ou l'autre église. »

Qu'on ne s'étonne pas, au reste , de ce qu'à Louvain même, où le séminaire général devait être établi, dans la ville qui semblait devoir {Ht)fiter de cette institution, on adressât des vœux au Ciel pour obtenir sa destruction : l'université aussi n'avait-elle pas été attaquée dans ses privilèges? N'était-elle pas dès lors cfiitrée dans l'opposition? On se rappelle sans doute les cris lamentables, les évanouissements, les spasmes de cette tant bénigne et propice mère (i). Depuis lors, elle avait persisté dans ses réclamations avec toute l'insistance que peut inspirer l'esprit de parti. Elle était, disait-dlle incessamment, un corps brabançon ; ses statuts et ses privilèges fiiisaient partie de la consti- ^ tution du duché ; elle était donc placée sous l'égide de la joyeme entrée; comme telle, on ne pouvait la traiter que par droit et sentence. Â l'aide de ce raisonnement , elle arrivait à cette singulière conclusion, que, pour lui imposer des règles nouvelles, il fallait l'attraire en justice réglée et obtenir contre elle un arrêt du conseil de Brabant. Vouloir la traiter autrement , vouloir, par voie d'autorité, modifier ou réformer un corps brabançon, c'était porter atteinte aux institutions du pays, c'était manquer à la foi jurée, c'était par conséquent provoquer le pays à l'insurrection. Cest ainsi que la question de l'université avait été traraformée en question d'ordre social, et que cette bonne mère [aima mater) avait trouvé, elle aussi, son moyen de trouble et d'émeute.

Le gouvernement, qui était en train de faire de la force, fit entendre sa grosse voix à l'université de Louvain. Dans sa dépêche <hi ^ janvier, M. de Tramtmansdorff lui fit connaître toute sofi indigmftton , et la menaça de toute sa colère , en cas de

(0 Vdjrif tome l"', page S36.

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récidive, c Vous osez encore , dit-il , insister à vouloir confondre les statuts et les privilèges de l'université avec la constitution du pays , et réclamer , sous le prétexte de la prétendue qualité de corps brabançon^ que vous vous arrogez, la voie de la justice réglée contre les dispositions souveraines sur le régime de l'université. Ne voulant pas qu'il reste dans les actes du gouvernement aucun vestige de pareille réclamation, nous vous renvoyons ci*jointe cette réponse (de l'université à la dépêche du 19 janvier) et vous réitérons 9 pour la dernière fois, que Sa Majesté n'entend absolument pas d'admettre une prétention aussi contraire à la nature même et à la constitution de l'université, qu'au droit incontestable et à la possession constante, dans laquelle les souverains des Pays-Bas se sont maintenus depuis l'existence de l'université , d'en être les seuls juges , comme les modérateurs et administrateurs suprêmes, et, en conséquence, les maîtres absolus d'y changer, modifier et réformer tout ce que, dans leur justice et dans leur sagesse, ils peuvent trouver convenir pour le bien

général des études Nous vous ordonnons de nouveau, à tous

en général et à chacun de vous en particulier, de vous soumettre et de vous conformer à la décision souveraine portée par notre dépêche du 29 décembre dernier, confirmée par celle du 19 de ce mois, et vous interdisons d'articuler encore, soit de vive voix , soit par écrit, cette prétention, qui vous est pleinement et irrévocablement abjugée par Sa Majesté, à peine que ceux qui oseraient se permettre encore la moindre démarche à cet égard , seront traités comme désobéissants et réfractaires aux ordres de l'Empereur : vous prévenant que, non-seulement nous ne recevrons ni admettrons plus aucune représentation, députation ni protestation quelconque à ce sujet; mais que, si vous osiez en faire, nous les tiendrons pour des actes formels de désobéissance et y disposerons en conséquence , d'après les ordres que nous avons de Sa Majesté. >

D'après cette dépêche, l'université pouvait se tenir pour avwtie : il était impossible qu'un nouvel acte d'opfKMsition ne donnât pas lieu à quelque effort violent de la part du ministre plénipo-

tentiaire. Et cependant, même après l'affaire du 22 janvier, le coup de force du général d'Alton, telle était la faiblesse reconnue du gouvernement, tel était le contraste entre sa force affectée et son impuissance réelle, que les menaces de M. de Trauttmansdorff furent considérées comme vaines. L'université n'en continua pas moins à protester contre toutes les mesures du gouvernement. Elle alla jusqu'à refuser d'enregistrer les décrets qui lui étaient adressés. Le 6 février 1788, elle reçut à ce sujet la visite du sieur Cuylen, fiscal de Brabant, accompagné de M. Stoc* quart de Courtaubois (i), lieutenant du prévôt général de l'hôtel de Sa Majesté, et du sieur Yan Trier (2), lieutenant-mayeur de la ville de Louvain. Les membres de l'université se réunirent à huit heures du matin , et après avoir délibéré jusqu'à près de deux heures, ils refusèrent formellement d'enregistrer les décrets du gouvernement général. Il leur fut alors infligé des arrêts civils , jusqu'à ce qu'ils eussent obéi. Ils reprirent leur délibération, et, à la majorité des voix, ils refusèrent de nouveau. Enfin , les trois commissaires du gouvernement exhibèrent leur commission , qui les chargeait de procéder eux-mêmes à l'enregistrement refusé, et ils se mirent en devoir d'opérer en effet cet enregistrement dans le livre des résolutions de l'université. La

( I) François Xavier Stocquari de Coarlaubois, oiBcier daos larmée impériale, puis lieutenant prévôt général des Pays Bas et de Fhûtel de Sa Majesté , à Bniielles , fut nommé prévôt général au mois de janvier 1789, en remplacement de Charles François Albert De Vertegans, seigneur de MIraumont. Il fut le dernier prévôt général et exerça ses fonctions jusqu'à Tépoque de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1794. Il émigra alon à la suite des armées autrichiennes. Crumpipen en fait un pompeux éloge; il rappelle Fhomme le plus zélé, le plus actif, le plus intelligent et le plus utile que Ton puisse désirer. 11 a rendu, dit-il, de grands services pour faire cesser les d^rdres les plus menaçants à Anvers , à Lierre, au pays de Waes,et on peut dire qu'on lui a Tobligation d'avoir prévenu les désordres particuliers à Bruiel^ les. C'est par lui, dans l'inaction des officiers publics , que l'on a en les meilleures notions.

(i) Jacques Joseph Antoine Van Trier, né à Anvers, Gis de Pierre Van Trier, seigneur de Bleulenberg et de Brandt, mort le 6 février 1767 , et de Jeanne PétroniUe Van Vlimmeren. U avait épousé, le 29 mai 1781, Catherine Louise d'Awans, fille de Philippe Joseph d'Awaos, seigneur de Sluys, lieutenant- mayeur de la ville de Louvain, depuis le 25 mars 1752, et de Marie Barbe Artois. Il fut nommé adjoint lieutenant-mayeur de la ville de Louvain , avec droit éventuel de succession au mayeur titulaire , qui était son beau-père , et prit possession de cette place , le 21 mai 1784. Philippe Joseph d'Awans étant mort le 8 novembre de la même année. Van Trier lui succéda immédiatement dans ses fonctions de lieutenant-mayeur de la ville da Louvain.

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plupart des membres de ce corps protestèrent, immédiatement après , contre cet acte.

C'était là ce que le gouyernemeDt appelait £aâre preuve d'énergie. Pour appuyer cette grave opération, il avait fait suivre ses coDunissaires par quelques prévôts à pied et à cheval de la prévôté de rhôtel , dits de la verge rouge , et du drossart de Brabant. Ces troupes firent des patrouilles le long du marché et des rues voisines de la Halle, sous prétexte d y maint^iir Tordre; mais tout était parfaitement tranquille, et ces démonstrations furent aussi vaines, quant à leur effet sur le public, que les arrêts civils infligés aux membres de Tuniversité le furent, quant à la conduite ultérieure de ce corps.

Le 15 février, une autre expédition fut dirigée contre l'université et son livre des résolutions. M. De le Yielleuze, conseiller au conseil royal du gouvernement général (i), et M. De Launay,

(4) Martial Joseph Louis De le Vielleuze , seigneur de l*Hove, né à Lessines, le 12 mars 1739 » fils de Georges Louis De le Vielleaze, seigneur de FiloTe, gmd baily de LeKinei, anobli par lettres patentes de rimpératrice reine Marie-Thérèse, en date du 29 décembre 1743» et de Marie-Thérèse De Brabant. Après avoir obtenu le grade de licencié en droit à l'université de LoQvain, il embrana la carrière d'avocat, devant le grand conseil de Matines^ auquel ressoctissait en dernière instance la province du Haioaut. Il devint grand bailly de Lessines , et fut nommé conseiller maître des requêtes au grand conseil , par lettres patentes du 16 février 1777, en remplacement du conseiller Daniel Servaes , qae des intrmités rendaient incapable de remplir ses fonctions ; ce dernier mourut à Malines , le 25 avril de la même année. Comme M. De le Vielleuze avait épousé la fille du conseiller Pierre Deudon, mort le 21 octobre 1781 , il obtint du gouvernement les dispenses spéciales pour pouvoir siéger dans ce conseil en même temps que son beau- père; il y fut admis et prêu serment, le 24 février 1777. L'empereur Joseph II le nomma conseiller privé, par lettres patentes du 21 novembre 1782, et il occupa cette place jusqu'à l'époque de la conquête de la Belgique par les armées françaises, en 1794. Dans son rapport sur les membres du gouvernement , M. De Grumpipen dit de lui qu'il était un galant homme , instruit, zélé, ayant la considération publique : « il est éclairé , dit-il , ferme , et ses observations sont toujours faites k propos; son style n'est pas brillant , mais il est au moins clair. » En 1814, M. De le Vielleuze reparut dans la carrière des emplois , et sortit de la vie privée où il s'éUH concentré pendant toute l'époque de la domination française; le AU février 1814, Il fut appelé à faire partie du gouvernement provisoire de la Belgique , en qualité de membre du conseil administratif généval. Lorsque le prince souverain des Provinces-Unis, depuis roi des Pays- Bas, organisa, en qualité de gonvemeur général, le gouvernement de la Belgique et créa le censeil privé par son arrêté du 14 août 1814, n» 251 , il appella M. De le Vielleuze à y siéger, et lorsque , l'année suivante , il organisa le gouvernement royal , dont H venait de prendre les rênes, il le nomma , au mofo d'octobre 1815 , conseiller d état en service ordinaire et membre de la commission spéciale de ce conseil , chargée des affaires du culte cathoh'que. Il fut nommé , le 24 novembre 1816 , chevalier de l'ordre royal du lion Belgique. II mourut à Bruxelles h Tàge de près de 82 ans, le 7 février 1821. Il avait épousé, le 30 novembre 1709, Anne Joséphine Deudon, née à Malines, en 1748, morte à Bruielles, le 2 février 1784, inhumée dans Tégitse collégiale des Saints Michel et Gudule en cette ville.

secrétaire du méaie ccNOiseil (i), arrivèrent à Louvain, en qualité de commissaires royaux, sous l'escorte de M. Stocquart de Cour*taubois, lieutenant du prévôt général, et de sa compagnie. Ils étaient chargés» cette fois, de faire biffer du livre des résolutions la protestation qu'on s'était permis d'y inscrire, le 6 , à la suite de l'enregistrement opéré par les premiers commissaires. Ils convoquèrent, pour assister à cette opération, tous les membres de l'université, à l'exception de quatre d'entre eux, qui, après qu'elle fiit faite, protestèrent encore.

(i) Jean Louis Wenceslas De Laanay , né à Vienne, licencié en droit à l'université de Lou- ▼alo, le ^ mars 1769, avocat au conseil souvoain de Brabant, et ensuite secrétaire de Sa Majesté et greffier du conseil des domaines et finances des Pays-Bas, membre de Tacadémie impériale et royale des sciences et belles -lettres de Bruxelles, le ii septembre 1776, confirmé dans cette qualité , le 39 mars 1817. Ce corps savant lui avait décerné un accessit au concours de Tannée 177i, pour son Mémoire sur la culture des terres nouvellement défrichées, (inséré dans le Recueil des mémoires couronnés par Tacadémie de Bruxelles). M. De Launay fut égalenent nommé men^re de la société célandaise des sciences de Flessingue, le 7 octobre 1786. Il mourut à Vienne, le li avril 1817. I^ était fils de Charles Louis Theur de Launay, ministre de TEmpereur à k cour de France et de Marie Thérèse Nell de Nellenberg. Il avait épousé à Bruxelles, le 6 août 1781 , Anne Christine De Tiege, née h Hervé, dans le pays de Limbourg, fille d'Adolphe Alexis De Tiege, conseiller maître k la chambre des comptes de Bruxelles, et d'Antoinette Françoise Lidimut de la Louvière«

M. De Launay était un savant distingué» Quérard, dans sa Framoe Ultéraire, t. IV, p. 616, cite quelques-uns de ses ouvrages et de ses mémoires académiques; mais il en fait erronnément deux personnages distincts, Tun, selon lui , avocat et membre de l'académie de BruxeUes , et Pautre médecin et minéralogiste. Outre plusieurs mémoires qui ont été insérés dau l»^ecueti$ de Tandcnne académie de Bruxelles, nous avons encore de M. De Launay :

i* Bssai SMflt t histoire naturelle des roches, précédé «fuit exposé systématique des terres #1 40S pierres, ovvrage auquel Facadéanie impériale de Saint-Pétersbourg adjugea le premier «ceessit , ei^it« de la question qu'elle avait proposée en 1783. firaxelles, Lemaiie, 1786, in-8*.

2» Traités sur Vkuioire naturelle et la minéralogie, Londres, 1786, in-12.

3* Les genres sexuels des plantes, établis par Linnée et mis à la portée de tout le monde, ou Manuel de botanique , destiné à servir de guide pour étudier dans un ordre systématique lea description» des végétaux données par Miller, àans son Dictionnaire des jardiniers et des oMvateurs, avec deux tables alphabétiques , Tune des noms français et l'autre des noms latins. Bnuelles , 1791 , in-8<». Imprimé sous le privilège de l'académie de Bruxelles. 11 est devenu très-rate.

4fi Minéralogie des anciens , ou exposé des substances minérales connues dans r antiquité, aupvole d'un Tableau de comparaison de la minéralogie des anciens avec celle des modernes. Pans, 1803, deux volumes ifr>8*. M. De Laanay avait lu ce travail à l'académie de BnixeUea, en 1792. Une traduaion allemande, par M. d'Occhi, a paru avant le texte même. Elle est intitulée J. Von Launay 's Minéralogie der alten aus der fransosischer handsckrift. Prague, 1802 , tiois volumes in-8*.

3*> Lettre à M. le chevalier De Bom, sur la tourmaline du Tyrol, par M. Muller, conseiller du département des mines et des monnaies en Transylvanie. Traduction de TaUemand , augmentée de plusieurs notes de l'éditeur, avec figures. Bruxelles, 1779, in«4o. M. De La«nay n'a pas mis son nom à cette publication , mais il a signé la lettre de l'éditeur à M. De Bom, qni se trouve en tète de cet opuscule.

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Mais bientôt les mesures adoptées par le gouvernement prirent un caractère plus sérieux. Le 19 février , le recteur magnifique de l'université (i) fut mandé au gouvernement général, où le ministre plénipotentiaire lui signifia qu'il était mis aux arrêts civils, par ordre de Sa Majesté, et que la ville de Bruxelles lui était assignée pour lieu de détention. M. Clavers, le recteur, protesta contre cette mesure, disant que personne, en Brabant, ne pouvait être mis aux arrêts, avant que sa culpabilité eût été prouvée par une procédure en règle. En conséquence, il adressa requête au conseil souverain de Brabant, à Teflet d'être maintenu dans ses fonctions, en se fondant sur la qualité de corps brabançon, attribuée par lui à l'université dont il était membre.

Le 20 , les commissaires du gouvernement général , MM. De le Vielleuze et De Launay se rendirent de nouveau à Louvain , et ayant convoqué les membres de l'université au local des Halles, ils installèrent, au nom de l'Empereur, M. le docteur Van Leempoel (s) dans les fonctions de recteur magnifique. Le 22 , l'avocat De Burleus (5) fut nommé adjoint promoteur, et, le 25, l'université ayant été convoquée de nouveau , on installa le sieur Raymaekers (4) régent de la pédagogie du faucon, comme vice-recteur, adjoint à M. Van Leempoel.

(1) Henri Glaven, né à Louvain , 51-* en pbiloiophie, sur iM élèfes , dans la pédafogie da faacon , au concours général de Tannée l''85, régent de la pédagogie du porc , bachelier formé en théologie , recteur magniOque de Tuniversité, depuis le 28 février 1780 jusqu'au 51 août de la même année, avait été de nouveau élu recteur magnilique , le i" septembre 1787.

(a) Jean Guillaume Van Leempoel, né à Rotterdam, licencié en médecine à Tuniversité de Leyde, puis à l'université de Louvain, le 7 novembre 1775; nommé, le 15 novembre de la même année , professeur de cette dernière université. 11 prononça, à cette occasion , un disconn inaugural qui fut imprimé. 11 obtint en même temps un canonicat de la seconde fondation , annexé à sa chaire, dans Téglise collégiale de S'-Pierre. 11 devint docteur en médecine , le 2S octobre 1785 , et fut le dernier docteur promu i Tancienne université de Louvain. 11 fut élu recteur magnifique de l'université, le 50 août 1784, réélu le 50 novembre suivant, continué le 6 mars et le 51 mai 1785. Ayant été nommé recteur magnifique par le gouvernement , en 1788 , il ftn réélu dans cette fonction , le 8 juin 1789 , quoiqu'il demandât k en être déchargé. Le corps uaiversitaire envoya une dépulation au gouvernement, pour le prier de conserver ce professeur k la tête de l'université. 11 perdit sa chaire en 1791 , lorsque Tuniversilé fut rétablie dans ses droits par l'empereur Léopold 11. Il était frère de Guillaume Van Leempoel, président du collège de Hollande.

( s ) Fraoçois Ernest De Burleus , né au village d'Ovcral , licencié en droit k l'université de Louvain, le 5 février 1779.

(4) Joseph De Raymaeckers, né k Louvain, bachelier formé en théologie; professeur de langue latine au nouveau collège; nommé régent dans la pédagogie du faucon , le 50 août 1779.

Ce ne fut que le 25, que le gouvernement parut s'occuper de la requête de M. Qavers. Les archiducs adressèrent, sous cette date, une dépêche au conseil souverain de Brabant , lui interdisant de prendre connaissance de tout objet qui regarde l enseignement, la police^ la discipline, les employés et autres affaires de ^universités lui défendant, en conséquence, de donner aucune suite quelconque ni à la requête de Qavers ni à celle des ci-devant professeurs en théologie qui se sont plaints de leur exclusion des assemblées de cette université, ni à toute autre affaire tenant à cette université. Cette dépêche se terminait par la menace accoutumée, de considérer toute infraction à son contenu comme un empiétement sur l'autorité souveraine et dCagir ctaprès ce que demanderait une désobéissance aussi caractérisée.

Cependant, depuis l'installation de M. Yan Leempoel, comme recteur magnifique , une trentaine de membres et fonctionnaires de l'université, qui ne voulaient pas reconnaître ce nouveau recteur , avaient cessé de se rendre aux réunions qui se tenaient aux Halles. Le gouvernement en fut informé, et, dans une dépêche qu'il adressa à M. Van Leempoel, sous la date du 25 février, il l'invita à convoquer immédiatement une assemblée générale de l'université, et à faire connaître. à chacun de ses membres, qu'il avait résolu de déclarer déchus de tous offices et fonctions académiques, ceux qui, ayant été appelés de la manière accoutumée, s'abstiendraient d'assister aux assemblées, sans qu'ils fissent conster d*un empêchement légitime. Une copie authentique de ce décret devait être signifiée à chacun des membres de l'université, qui n'auraient pas répondu à la convocation du recteur, et M. Yan Leempoel était invité à adresser au gouvernement la liste de tous ceux qui n'assisteraient pas à la première des assemblées suivantes, en indiquant leurs fonctions, et en proposant d'autres personnes, pour les remplacer provisoirement.

L'assemblée générale fut convoquée pour le 28 février; mais aucun des membres opposants ne s'y présenta. M. Yan Leempoel envoya la liste des absents, en se conformant aux ordres qu'il avait reçus. Le lendemain, 29 février, était le jour où, suivant

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