‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 59 sur 102 · II · texte numérisé non relu

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Tusage, devait avoir lieu Télection du recteur magnifique de l'université. Le gouvernement défendit l'assemblée, sous les peines les plus sévères. Néanmoins , les membres opposants se réunirent dans un autre local que celui des Halles; mais ils s'abstinrent de procéder à l'élection : ils se contentèrent de protester contre la défense qui leur en avait été faite , déclarant qu'ils la considéraient comme trouble. Dans la soirée du même jour, tous ces membres reçurent avis du gouvernement général qu'ils étaient déclarés déchus de leurs emplois et fonctions, et ordre formel fut donné au recteur et aux autres fonctionnaires restés fidèles , de proposer des personnes capables de remplir les fonctions vacantes.

Le 15 janvier avait été fixé pour l'ouverture des cours publics de thœlogie à l'université. Aucun des théologiens ne s'y présenta, pas même ceux qui jouissaient, dans divers collèges, des bourses fondées pour l'étude de cette science. Le 2 mars , décret des gouverneurs généraux , par lequel, c voulant mettre un terme à l'abus que l'on fait des bourses et fondations, qui ne sont établies que pour ceux qui suivent les leçons publiques de théologie, LL. ÂA. RR. chargent le recteur et les autres fonctionnaires de l'université de publier et faire afficher une ordonnance enjoignant à tous les théologiens de fréquenter exactement les cours publics de théologie, à compter du lundi suivant, 10 de ce mois , sous peine , contre ceux qui n'y comparaîtront pas et qui ne continueront pas à les fréquenter assidûment, d'être rayés du tableau de l'université et expulsés des collèges, et en outre sous peine, pour ceux qui seraient pourvus de bourses ou fondations, d'en être privés; peines que le recteur aura à décréter et à faire exécuter. >

Ce décret fut publié le lendemain, 3 mars, avec un avis du recteur, annonçant qu'à défaut de soumission de la part des théologiens, il appliquerait les peines énoncées dans le décret. Le même jour, après-midi , tous les philosophes des quatre pédagogies firent leur bagage et abandonnèrent l'université , à l'exception de quatre ou cinq d'entre eux, à qui Ton imputa de

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n'avoir pas d'autres moyens d'existence. Autant en firent la plupart des étudiants du nouveau collège de la S**-Trinité : de sorte que les quatre pédagogies et le nouveau collège se trouvèrent à peu près vides.

Cependant les cours devant être repris le 10, on se hâta de faire les mutations et nominations nécessaires dans le personnel des professeurs. Le 7 mars, assez tard dans la soirée, arriva au sieur Marant, doyen delà faculté de théologie, une dépêche du gouvernement général, par laquelle la provision accordée au sieur Dillen (i), pour donner les leçons du sieur Leemput (2), doyen du chapitre de Renaix , venait à cesser, par la raison qu'il n'avait pas encore le grade de licencié; et attendu que MM. Wuyts (3),

(1) Vincent Henri Dillen, né au village de Mail, siiiènie de la leconde ligne an concoorâ général de philosophie h runivenité de LouYain , en i778 , nommé leeteur au collège de Viglius , arait été chargé, au mois de février i788, de l'enseignement de la langue grecque et de Therméneutique sacrée , au séminaire général , en remplacement do docteur Leemput. Cette nomination fut révoquée, parce que le nouveau professeur ne possédait pas le grade de licencié en théologie. U fut ensuite admis a ce grade, le 50 juin i78S , et fut chargé, au mois de septembre suivant, de renseignement des éléments de ta théologie. Au mois d'octobre de la même année, il fut nommé régent du nouveau collège de la Sainte- Trinité. Il cessa de foire partie de l'université de Louvain , depuis sa restauration par l'empereur Léopold U , en 1791.

{i) Jean Josqih Hubert Leemput , natif de Rotterdam , second en philosophie dans la pédagogie du faucon , au concours général de Tuniversité cte Louvain , en i768; prêtre , leoteur du collège de Hollande , en janvier 1774; licencié en théologie , le 6 décembre de la même année ; nommé président du petit collège, le 9 juillet i776 ; docteur en> théologie» le Sa août 1780 ; président du collège de la Hante-CoUine j au mois d'août 178â ; recteur magnifique de l'université de Louvain , le 30 février 1783 (il fut réélu quatre fois de suite et exerça, pendant un an, ces fonctions trimestrielles), fut chargé, au mois d'octobre 1786, de l'enseignement du Nouveau Testament, au séminaire général , ainsi que des éléments de la langue grecque et de l'herméneatique sacrée. Au mois d'octobre 1787 , il tai nommé doyen de la collégiale de Renaix. Au commencement de 1788, il quitta Louvain , et fut déclaré déchu de ses fonctions par la dépêche du 25 février 1788. Leemput conserva la dignité de doyen du chapitre de S^-Uermès, à Renaix, jusqu'à la suppression des corporations reUgieuses en Belgique. U a publié des imiUuHenes Unguœ grœcœ, Lovanii, 1782, in-8*, ouvrage très-estimé et dont quelques collèges font eaeore i»age aujourd'hui.

(s) Pierre Wuyts , né au village de Tongerhx) , dans la Gampine , premier de Louvain dans la pédagogie du porc, au concours général de philosophie, en 1756; profosaeur de philosophie dans la même pédagogie du porc, puis président du collège de Malderus, depuis l'année 1771; prêtre, chanoine de la collégiale de S^-Hermès, à Renaix ; licencié en théoîogîe; docteur dans la même foculté, le 8 août 1773 ; recteur magnifique, depuis le 31 aoéi 1773 jusqu'au 31 août 1776 ; docteur régent en théologie , le 30 septembre 1780 ; président du collège de Ray , le 16 octobre de k même année ; président du collège de Standonck , au mois de juillet 1782. Le 11 octobre 1783 , il foit nommée par les bourgmestres de Louvain, professeur ordinaire de théologie et fut en mêÉae temps pourvu d'un eanonicat de la première fondation , annexé k cette chaire , dans l'église eoUégtole de St-Pierre. Le 31 août 1785 , il fut élu de nouveau recteur nuignificpie de l'université de Louvain et raerça ces fonctions temporaires jusqu'au 98 février 1786. Au mois d'octobre de

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Herffs (0 et Fruyt (2) étaient déchus par la dépêche du 25 février, le gouvernement déclara que M. Marant enseignerait provisoirement l'histoire ecclésiastique et la théologie pastorale; M. De Mazière la théologie dogmatique; M. Wouters (s) l'Ancien et le Nouveau Testament, et M. Sentelet (i) la morale.

la même année, il fut nominé professeur royal de théologie morale au séminaire général qui venait d'être érigé. 11 était en outre secrétaire du chapitre de la collégiale de S^-Pierre, à Louvain. Il mourut dans le collège de Standonck , dont il était président , le 16 mars 1788. Il avait été déclaré déchu de ses fonctions au séminaire général, en vertu de la dépêche du 25 février 1788.

(1) Le père Vincent llerffs, religieui dominicain, docteur régent de la faculté de théologie à l'université de Louvain , fut nommé , le 15 novembre 1786, pour enseigner la théologie morale au séminaire général. Ayant abandonné son poste , il ftit au nombre de ceui qui furent déclarés déchus de leurs fonctions, par la dépêche du 25 février 1788. Rentré plus tard dans ses droits , Il continua k faire partie de Tuniversité de Louvain, jusqu'au moment de sa suppression.

(s) Le père Pie Fruyt, religieui de Tordre des dominicains, né h Gavre, au pays d'Alost; profèsau couvent de Gand; licencié en théologie, le il octobre 1774; régent des études , au collège de son ordre à Louvain ; docteur en théologie, le 351 août 1780; nommé, au mois d'octobre 1786 , professeur de théologie pastorale au séminaire général Au commencement de Tannée 1788 , il quitta son poste et fut déclaré déchu de ses fonctions , par la dépêche du 35 février 1788. Réintégré postérieurement, il conserva sa chaire, à l'université de Louvain , jusqu'à l'époque de la suppression de cet établissement.

(s) Henri Wouters , né k Louvain , sixième de la deuxième h'gne dans la pédagogie du château , au concours général de Tannée 1770; licencié en théologie, le 50 avril 1776; nommé lecteur au petit collège, dans la même année, et , le 13 novembre 1783 , président du collège des trois langues , k Tuniversitéde Louvain. Au mois d'octobre 1786 , il fut cha^ de l'enseignement de l'Ancien Testament et de la langue hébraïque, au séminaire général. Au mois de septembre 1788, il fut nommé président du collège de Viglius , en remplacement du docteur Pierre Jacques Marant, nommé président du collège d'Arras. A la restauration de l'université de Louvain , après les troubles de 1787 , il ne fût pas replacé.

(4) Jean Ferdinand Sentelet, né au village d'Overwinden , province de Liège, près de Tirlemont , le 17 juillet 1754, fils de Henri Ferdinand Sentelet et d'Anne Colette Lovret ; quatrième de la première ligne dans la pédagogie du lys au concours général de philosophie , en 177i , sur 145 concurrents; lecteur dans la pédagogie du Ijs, depuis le 26 février 1781 ; llcendé en théologie, le 13 février de la même année ; président du collège de Craependonck , en 1786 ; nommé, au mois d'octobre de la même année , professeur de théologie, et chargé de l'enseignement de la théologie dogmatique , au séminaire général.

il s'adonna plus tard k Tétude des sciences et fût nommé professeur de f^yslque et de chimie, k Tacadéoiie de Bruxelles , dont il devint aussi membre du conseil académique. Il fut nommé, en 1808 , professeur de physique et de chimie, au lycée de Bruxelles , qui venait d'être organisé. En 1814 , il devint doyen de la faculté des sciences de l'académie de Bruxelles. L'année suivante, il fût nommé de la commission d'instruction publique chargée de présenter un plan d'organisation de Tenseignement supérieur dans les provinces méridionales du royaume des Pays- Bas. Lors de l'érection de Tuniversité de Louvain, en 1817 , il y fut nommé professeur dans la faculté des sciences physiques et mathématiques et fut chargé de l'enseignement de la physique expérimentale et mathématique, de l'astronomie physique et de l'économie rurale. Il fut recteur magnifique de cette université pendant Tannée 1819-1830. Lors de la réorgankation de l'académie royale des sciences et belles-lettres de Bruielies, il en fut nonuné membre par arrêté royal du 3 juillet 1816. De même, k la réorganisation de l'Institut royal des Pays-Bas, il fut nommé membre ordinaire de la première classe de ce corps savant, par arrêté du 38 mai 1816. Il obtint le titre de prof^vseur émérite, tant de l'université que du collège philosophique , eo 1826.

Le lundi, 10 mars, jour fixé par la dépêche du gouyernement et par mandatum de Tuniversité , pour la fréquentation des leçons de théologie , sous les peines y statuées , pas un théologien ne parut dans le lieu où se donnaient les leçons ; la plupart avaient d'ailleurs précédemment quitté la ville de Louvain. Malgré ce nouvel échec, le gouvernement n'en persista pas moins à poursuivre son but avec une admirable constance. Il fit commencer , pour la seconde fois , les cours de théologie, le 51 mars ; le rédacteur du Journal de Louvain, Lecharlier , et l'éditeur de V Esprit des Gazettes, Urban (i), furent chargés de répandre le bruit que les

Il mourut à Louraîn le 27 novembre 1829. On ne trouve sur ce professeur aucune notice biographique , dans les publications de Tacadémie de Bruxelles ; la date de sa mort est indiquée d*une manière erronée ( 1850 pour 1829), dans le tableau officiel des membres de ce corps, erreur que TAnnuaire de l'académie reproduit tous les ans. A roir sur Sentelet le manuscrit n* 868 du fonds Van Hulthero, à la bibliothèque de Bourgogne; il est intitulé : RenseignemenU servant de matériaux pour les fastes de Taeadéme de Bruxelles,

(i) Louis Joseph Urban, né à Dinant, dans la province de Namur, en 1742, décédé à Saint- Josse-tenNoode, le 18 mai 1853. Après a?oir fait ses études humanitaires à Liège, il s'occupa de Tétude des sciences politiques, et vint ensuite s'établir k Braxelies, où il créa et rédigea Y Esprit des Gazettes , pendant un quart de siècle. Ce recueil est presque le seul qui réunisse les principaux documents relatifs à l'histoire de la Belgique, pendant la période qui précéda immédiatement lluTasion. La collection complète de ce journal , qui est devenue aujourd'hui extrêmement rare , se compose des parties suivantes :

1« Esprit des Gazettes, ou Recueil des événements politiques extraordinaires qui ont pu fixer V attention du public; avec une table alphabétique raisonnes au moyen de laquelle on peut retrouver tous les articles principaux contenus dans chaque volume. De rimprimerie de VEspril des Gazettes. (Brux. , 1780.) 36 vol. in-8«, depuis le 1*' avril 1780 jusqu'au 3 juin 1796. Il changea alors son titre primitif et reparut immédiatement après sous le titre de :

2* VÈcho des feuiUes politiques et littéraires, ci-devant Esprit des Gazettes; 3 volumes, depuis le 2 juillet 1796 jusqu'au 12 vendémiaire an VI.

Les propriétaires, entrepreneurs, auteurs et directeurs de ce journal furent condamnés à la déportation par la loi du 22 messidor an V , qui prononçait la même peine contre quarantedeux autres journaux. Urban se cacha , et son journal , publié sous le nom de sa femme , la citoyenne M. G. H. Urban , continua de paraître , mais il prit le titre de :

3* Le Rapporteur, A volumes , depuis le 5 octobre 1797 jusqu'au 10 germinal an VU. Puis enfin :

4<* Le Compilateur des nouvelles nationales politiques et littéraires , depuis le 13 germinal an VII jusqu'au 30 septembre 1810 , 24 volumes in-8*. 11 dut cesser de paraître, en eiécutioo du décret impérial du 5 août 1810, n* 6^A0 {Bulletin des Lois, n<> 533). Il était alors le plus ancien journal politique de tout l'empire français. Il tai remplacé par VOracle, rédigé par H. Fiocardo et G. Picard , et qui fut depuis , jusqu'à la chute de l'empire français , le seul journal politique autorisé à paraître dans le département de la Dyle.

Urban a publié aussi :

Indicateur général des journaux politiques et littéraires de la capitale de V empire français : le Moniteur , la Gazette de France , le Journal de l'Empire , le Journal de Paris , etc., depuis le l*' janvier jusqu'au 1«' juillet 1812. Bruxelles, 1812, in-folio.

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théologiens arrivaient en foule au séminaire général et qu'on y attendait les séminaristes des autres diocèses. La vérité était , selon Keuremenne, qu'il n'y avait que dix élèves» dont il donna les noms, les prénoms et l'origine.

Il parait que, vers cette époque, le gouvernement voulut essayer d'un autre moyen pour arriver à l'accomplissement de ses vues. Il ouvrit des négociations avec les évéques , pour les engager à nommer des sous-directeurs au séminaire général, conformément à la dépêche du 4 janvier, et à s'entendre avec lui pour la nomination d'un directeur, en remplacement de Stoeger, qui avait quitté le pays. 11 réussit en partie dans cette entreprise : d'accord avec l'évêque d'Ypres, Charles Alexandre comte d'Arberg de Yalengin, il nomma directeur du séminaire général et de la faculté de théologie, Jacques Houcke, chanoine de l'église cathédrale de S^-Martin, à Ypres, et président du séminaire épiscopal de cette ville. Ce choix fut assez généralement goûté, et il parait qu'il obtint l'approbation, non-seulement de l'évêque d'Ypres, mais encore des évéques de Gand et de Tournay, ainsi que des archevêques de Cologne et de Trêves et du prince-évêquede Liège. Quant à l'archevêque de Malines, le gouvernement général lui fit savoir qu'ayant négligé d'user de la faculté qui lui avait été laissée, de présenter un candidat pour les fonctions de directeur du séminaire général, il en était déchu, et qu'il ne lui restait qu'à nommer un sous-directeur pour surveiller l'éducation des élèves de son diocèse, comme l'avaient fait les évéques de Gand et de Tournay. Cette dépêche, étant parvenue à la connaissance de M. Houcke , faillit le faire renoncer à l'entreprise; mais il fut appelé à Bruxelles et on parvint à vaincre ses scrupules. Après quelques moments d'hésitation , il résolut de se rendre à Louvain, où il fut installé le 14 avril.

L'espèce d'intrigue ourdie par le gouvernement ne tarda point à être déjouée par une contre-intrigue, et les évéques, qui avaient prêté la main à la première, furent trop faibles pour résister à celle-ci. On fil tourir le bruit que l'évêque d'Ypres n'avait jamais consenti à la nomination de M. Houcke. Celui-ci fut représenté

comme un misérable. On alla jusqu'à nier la nomination d'un sous-directeur, faite par Tévêque de Gand. Ces faits ne pourraient être mieux exposés qu'ils ne résultent de la lettre suivante, extraite de la correspondance du chanoine De Neuf, et datée de Gand, 22 avril! 788:

€ Une nouvelle favorable, qu'il est nécessaire de divulguer ^ est que , bien loin que Tévêque d'Ypres aurait, selon la Gazette de Gand, coopéré à l'établissement du malheureux M. Houcke, ce digne prélat vient d'écrire deux lettres de suite à ses chanoines, dans lesquelles il répète à plusieurs reprises, qu'il ne veut sd)solument pas envoyer ses théologiens à Louvain. Ce sont là les termes dont il s'est servi. Une personne de ma connaissance , à Ypres, grand ami des Messieurs à qui leur évéque avait écrit de sa propre main une telle lettre, vient de me l'écrire. Il est informé par ces chanoines mêmes. Les théologiens d'Ypres sont unanimement dans la résolution inébranlable de ne pas aller se jeter au centre des abominations. Croyez et divulguez cette nouvelle, comme d'une par&ite certitude.

€ Noire évêque, contre toute attente, reste de même très-ferme contre le séminaire général. Nos jeunes théologiens viennent de lui envoyer une députation. Leur demaijide était qu'ils suppliaient Son Altesse de ne pas les envoyer hors de son diocèse. La réponse du prélat était conçue en ces termes : c Mes chers enfants, je ne € vous envoie pas, je ne vous enverrai jamais; je vois bien que c cette affaire du séminaire général ne réussira pas , et je n'en ai € aucune confiance. Vermeulen (le sous-directeur pour le diocèse c de Gand) y est allé sans ma permission et sans mon consente- € ment. Pour vous autres , soyez assurés que je ne vous enverrai c jamais. > M. Vermeulen peut bien être informé que Monseigneur notre évêque a pris de très-mauvaise part qu'il est parti pour Louvain. Notre prélat a dit à M. Yinck qu'il ne le connaissait plus pour son sujet. >

Quelque respectable que puisse être la source de ce document, le but de sa fabrication n'en est pas moins évident, et quelquesunes des assertions qu'il contient n'en sont pas moins menson-

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gères. Quelle apparence, en effet, qu'un individu quelconque fût allé s'installer comme sous-directeur au séminaire général, sans y avoir été envoyé par son évêque, lorsque c'était aux évêques seuls qu'appartenait la nomination des sous-directeurs? L'envoi de M. Vermeulen à Louvain, par Févêque de Gand, est d'ailleurs un fait historique incontestable, fait qui donna lieu à un écrit trèsconnu, intitulé : Briefvan eenen theologant aen den doorluchtigsten bisschop van Gend , toestemmende tôt oprechtinge van het seminarie generael. Tel est malheureusement le résultat habituel de l'esprit de parti : tous les moyens sont bons aux yeux de ceux qui s'y abandonnent, pourvu qu'ils conduisent au but indiqué, et ce qui est véritablement triste à observer, c'est que de tous les moyens mis en œuvre dans les luttes politiques , le mensonge est celui dont il est le plus difficile de combattre les effets.

On voit, par tout ce qui précède, que, malgré tous ses efforts, le gouvernement général n'avait fait aucun progrès dans la difficile entreprise que lui avait confiée Joseph IL II eut beau employer la menace et la violence d'une part, faire des concessions de l'autre, mettre en fuite les professeurs opposants de l'université, abandonner les fonctionnaires dévoués du séminaire général, rien ne put lui faire faire un pas au delà de certaine limite, où se trouvait retranchée une force d'inertie insurmontable.

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