PRO ARIS ET FOCIS
e Tout homme raisonnable sent l'élat malheureux de ce pays, trois millions d'âmes gémissent sous le joug de l'esclavage, desquelles non-seulement la plus grande partie, comme en Hollande, mais pas même la centième, n'a des mauvaises vues.
€ Dans ces trois millions se trouvent bien sept cent milles hommes bien pensans et en état de se battre , qui , à cette heure sont mécontens; dans ceux-ci sûrement l'on en trouverait plus de
trois cens milles qui risqueraient leur bien et leur sang pour la patrie.
c Mais comme un geôlier peut aisément dompter seul deux cents prisonniers, parce qu'il les tient séparés, de même un si petit nombre de militaires, à peine de treize mille hommes, nous tient tous séparés et dans Tesclayage.
. c Chacun prévoit que, si seulement cinq mille hommes ou même moins, pouvaient s'attrouper, ils pourraient remettre le tout dans Tordre, et s'il y en avait tant soit peu de plus, tout plierait tellement devant eux, qu'il n'y aurait point lieu de craindre l'eflfusion de sang ni de pillage.
c L'on a donc résolu, après mûre délibération, de se procurer une réunion.
c Cette réunion servira pour redemander, à mains armées, notre constitution que l'on refuse à nos prières : et si l'on ne nous la rend et qu'elle ne nous soit assurée plus fermement que par un oubli verbal ou de papier, nous ferons tel usage de notre force que nous trouverons convenir.
c Nous pourrons quelque part prendre librement les armes , faire de troupes et recruter.
€ De sorte qu'il ne reste qu'à trouver le moyen de nous assembler.
c L'endroit sera tel que, quoique l'ennemi le saurait d'avance, il ne nous pourrait pas en empêcher l'accès : au contraire , chacun pourra aisément s'y rendre , d'où il pourra s'en retourner quand il lui plaira , sans crainte d'être accusé de l'une ou de l'autre partie.
c Pour pouvoir s'entre-donner la parole et faire parvenir des ordres sans que cela peut être empêché, l'on a trouvé le moyen suivant :
c Nous sommes six hommes , nous nous sommes juré la dernière fidélité et le plus grand secret , avec promesse de risquer biens et corps pour la patrie , là et partout où cela pourra se faire avec fruit.
c En conséquence, nous avons formé une association, sous le
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nom d'ASsoaATioN pro aris et fogis : dont nons serons les chefs.
t Chaque de nous a six ou sept amis, auxquels chaque en particulier a parlé et dont il a reçu le serment de fidélité d'être toujours prêt à risquer biens et corps pour la patrie, là où il jugera le pouvoir faire avec fruit.
c Nous chefs» nous nous connaissons Tun Tautre, mais nos six ou sept amis, que chacun de nous a enrôlés en particulier, et que nous nommons nos enrôlés, ne se connaissent pas Tun l'autre.
t Chaque enrôlé , enrôle de même trois , quatre, cmq , six amis, qui sont par conséquent ses enrôlés et lui leur enrôleur, et de la sorte, chaque enrôlé continue à en enrôler d'autres , c'est ce qu'à la fin sera un nombre considérable de monde.
c Chaque enrôlé prend à son enrôlement tel nom qu'il veut , formé de deux mots, l'un le nom d'un saint, l'autre celui d'un pays , ville ou village ; par exemple : Jean Brabant , Pierre Paris, etc.
t L'enrôlé met d'abord le nom qu'il a pris sur un papier , de la grandeur d'une carte, lequel il met entre les mains de son enrôleur.
c Au-dessous du nom de cet enrôlé, l'enrôleur y pose le sien, qui est également adoptif , et celui-ci fait ainsi parvenir ce papier avec ceux de tous ses enrôlés , et ceux des enrôlés de ses enrôlés à son enrôleur, par conséquent, tous ses papiers parviendront dans les mains des chefs.
€ Chacun pourra envoyer, avec son billet, des lettres clauses, avec l'inscription : aux chefs de [association pro aris et fods.
€ Les chefe feront parvenir, à chaque individu, leur billet, avec un nombre au-dessous des deux noms : qui sera le nombre des associés.
c Quelquefois l'on communiquera des ordres qui ne tendront qu'à sonder l'efiet de cette association , pour faire remarquer aux associés combien nombreuse et puissante est la congrégation.
t L'on tiendra, sur tout ce qui regarde l'association, le plus grand secret.
€ Puisque l'association sera un peu lente dans la communica-
tion, chacun est prié de faire la reddition le plus tôt possible.
c II est essentiel de n'enrôler que de gens fidèles, et seulement ceux dont les intentions sont bien connues.
c L'on doit être assuré que les chefe de cette association sont vraiment bons patriotes : qu'ils sont soutenus et aidés par les principaux membres des états, et qu'ils sont aussi de l'association qui travaille aux affaires publiques , tant en dehors qu'en dedans du pays.
c Chaque enrôleur , avant de rendre les billets ou les cartes de ses enrôlés à son enrôleur respectif, aura soin de les lier ensemble avec le sien d'un petit filet, et ceux qui recevront les paquets, doivent les laisser liés : ce qui épargnera la peine aux chefs de chercher Tordre et la subordination, et donnera en même temps beaucoup d'aisance pour la reddition. D'ailleurs, de cette façon, rien ne pourra s'égarer.
c Finalement, les associés s'engagent que , s'il arrivait que quelqu'un d'eux, au sujet de patriotisme, fat arrêté, enlevé par mainforte, ou renfermé, soit à la citadelle d'Anvers, soit dans une autre prison , ils s'assembleront , sans délai , pour délivrer leur associé, par des armes, ou par tel autre moyen qu'ils trouveront le mieux convenir.
c L'on a trouvé bon de ne pas trop multiplier ces exemplaires, de sorte que chacun est prié de faire passer le sien à ses enrôlés et arrière-enrôlés. >
Il n'est pas sans intérêt de connaître la manière dont ce plan fiit apprécié par l'Empereur, lorsqu'il vint à en avoir connaissance : € Le plan d'insurrection formé par le parti soi-disant pro ariset focisj écrivait-il , sous la date du 15 août , est certainement conçu avec la plus noire malice; mais il est aussi trop compliqué pour pouvoir réussir. Cest dans un moment d'effervescence que la multitude , qui connaît son chef ou boute-feux , se livre à des démarches irréfléchies et même dangereuses pour elle; mais elle s'y engage rarement et bien difficilement avec l'esprit rassis, lorsqu'elle se trouve sans chef ou point de ralliement. >
Joseph II aurait eu raison, peut-être, s'il s'était agi de faire,
dans l'intérieur du pays, un de ces coups de main qui exigent de la spontanéité, de l'entraînement, et pour lesquels il ne suffît pas d'une direction occulte, la présence d'un chef connu pouvant seule enlever la multitude. Mais ce n'était pas ainsi que Yonck entendait opérer. La Belgique d'ailleurs n'avait pas un seul homme capable de jouer le rôle que Joseph II supposait devoir être celui d'un chef de parti. Van der Noot était sans doute le plus téméraire de tous , et on ne le vit remettre le pied sur le sol du Brabant que lorsqu'il n'y eut plus un seul Autrichien à Bruxelles. Beaucoup plus circonspect que Van der Noot, l'avocat Vonck n'était pas homme à se montrer au peuple, à l'exciter par ses discours ou par son exemple. C'était du fond de son cabinet qu'il tramait une révolution , en organisant des souscriptions patriotiques, en excitant les troupes impériales à la désertion , en formant des corps d'émigrés sur la frontière , en entretenant, par des écrits anonymes, la fermentation des esprits. Sa manière était celle que nous avons vu pratiquer à une époque plus récente. Qui ne croirait, par exemple, lire une lettre d'un de nos grands citoyens de 1830 , en parcourant la pièce ci-après, que nous avons trouvée dans la correspondance de Vonck (i) et que nous traduisons littéralement :
c Monsieur et fidèle ami ,
c Comme les citrons allemands n'arrivent pas, il sera nécessaire de se servir des indigènes , d'autant plus que les indigènes ont réussi abondamment. Je vous prie donc de soigner sans délai pour des caisses, attendu que le marchand ^ notre correspondant^ ne veut pas recevoir de citrons qui ne soient régulièrement enfermés dans des caisses. Le sieur W. vous en dira davantage. Si vous avez besoin de quelques courtiers, vous n'avez qu'à en parler au porteur, lequel est très-expert et vous donnera des instructions complètes. Notre correspondant, qui a fait longtemps le marchand de citrons, m'a inspiré de l'éloignement pour les citrons
(i) Correspondance de Vonck, manuscrit de la bibliothèque de Bourgogne, n* 14890 de Hnventaire général.
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allemands ; il dit qu'il aimerait beaucoup mieux que nous ne fissions consister notre commerce qu*en citrons des Pays-Bas ; il dit connaître très-bien les allemands; que nous devons agir avec beaucoup de précaution à leur égard ; que nous ne devons pas les laisser venir dans notre entrepôt, avant que les nôtres ne soient expédiés. Ainsi , je vous prie de vous hâter le fins possible et de me faire savoir sur quel pied je vous ferai parvenir le paiement des frais nécessaires.
c Monsieur,
i Votre dévoué serviteur et ami ,
€ Signé Plascaert.
< Ninove , le 31 août. »
Au bas de cette minute de lettré se trouve la note suivante , écrite et signée de la main de Yonck :
€ Nota. Copie d'une lettre écrite par l'avocat Vonck à l'avocat Van den Eynde (i), au commencement de l'insurrection patrioti-
(i) Thomas Van den Eynde, né k Mtliocif , fili d'Augottin Van den Eynde et de Barbe Van Aenchot , sixième de la seconde ligne dans la pédagogie du château , an concours général de philosophie de Tunifersité de Louvaio, de Fannée 4765, licencié en droit dans la même université, en 4766 , et ensuite avocat au grand consejl. 11 avait été élu grelBer de la diambre des orphelins de sa ville natale, le 19 juillet 1779. Dès les premiers jours de septembre 1789 , Il se rendit au village de Tessenderloo , où 11 s*occupa activement du recrutement de Tarmée patriotique , dont il fut immédiatement après nommé lieutenant auditeur général. Il exerça ces fonctions jusqu^au mois de février de Tannée suivante. H revint alors à Malines , et , le 22 mars de la même année, il fàt élu conseiller pensionnaire de cette ville , lors du renouvellement de la loi , qui eut lieu , selon la forme usitée, par les anciens magistrats, réunis aux doyens des dixsept métiers et formant avec eux ce qu*on appelait le large conseil {den breeden roH). Il fut remplacé dans ces fonctions lors du retour des Autrichiens.
L'avocat Van den Eynde publia , tant en françafo qu^n flamand , plusieurs brochures politiques tendantes à exciter les esprits à la rébellion. Ses principaux écrits, publiés presque tous sous le voile de Tanonyme , sont :
i*" Redenvoeringe over hel verlrek van ket romeynseh volk buyUn de $tad Roomen , op den heyligen berg^ om te doen ophouden de openbaere verdrukkingen, ende toeder teeyiêcKen hunne fondamentaU eansMulionnele weUken. (Sic). Sans lieu ni date, i^ août 4789, pp. 74, in-8\
2« Trompette anti-auêriehienne. Le prince déchu de sa souveraineté, et le êang de$ fidèles sujets , avec la religion vengés. Sans Heu ni date , pp. 20 , in-S^".
5« Tegen vergift, en het xelve versterdU, In-8* , sans lieu ni date.
4» D*afscha/finge van de abdye van Perek, In -8*.
50 Waersdiouwinge waerby beknooptelyk %yn aengeloond aUe de particulière infrac tien. ln-8*.
6* Joseph Ontmomt, Sans lieu ni date, in-8*.
7* Het gexond oordeel over de rechten van de souveryniteyt der nieuwe vereenigde provincien der Nederlanden. in *t land der waerheyd. 1790, in-8* , tweeden druk, vermeerdert met staetkundige aenmerkingen opzigtelyk tôt Brabant. Sans lieu ni date , pp. 28, in-8.
8* AnHochus herboren. 1789, in-8^
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que. Le sieur Robyns avait été envoyé expressément avec cette
9« Door hei r'echt V€m den natuer endê wm ée volkeren bêiraeht de ru$t endê vrede van de êtad ende provineie van Mechelen. 1790 , pp. 14, in<8*.
iO* JuitificatUmpour Th. Tan den Eynde , pensionnaire de ta viUe et province de MàUlUi, approuvée par le congrès souverain, imprimée et distribuée avec leur approbaHon. 1790 , pp* ft , in-8«. A la On de cette pièce se trouve la ngnature aatograpbe de raoteor. La même apologie a étéausi publiée en flamand, mus le titre de :
Justificatie ofte verontschuldinge van Th. Van den Eynde, pensionnam der stad ende proYÎncie van Mechelen, goedgekeurt in het souvereyn congres. Gedruckt en uytgegeven met faunnenooriof, 1790, pp. 8, in-8«.
Plusieurs pamphlets furent dirigés k cette époque contre Tavocat Van den Eynde. Void le titre de ceux que nous sommes parvenu k nous procurer :
1« Kort en bestandig verhael der heldadigheyd van den roemweerdigen Beere Thomas Van den Eynde, advocaet tôt Mechelen, Sans lieu ni date , pp. 4, in-8«.
i* Den advocaet vem quaede saeken onderwesen, oftc vrindelyhe vermaeningen voor den autheur van het schrift binnen Mechelen gestroeyd, op den 5 julius 1790 , voor titei voerende : Aenmerkinge op een uytgestroeyd geschrift van eenen die synen naem niet gesleld heeft ende die hier genoemd word den Medulschen droomer don Queerdo. Tôt Mechelen, by Daniel Renatus , in den gestampten Duivel, pp. 20, in-8*.
S« De souverynityt opgehelderd door DuUus Sanctus , klugUpel in drie aden, door den capucien Canoning, Tôt Mechelen, uyt de drukkerye van den jongen Typis , geswooren drukker van de naemloose stukken van Dullus Sanctus. Alwaer men vindt aile de verkoi van de vonckisten^ de welke aldaer onder de correctie van Dullus Sanctus worden gedrudLt ende uytgegeven met privilégie excluiief tôt spy t van de wtedieyd , pp. 94 , in-8*.
Le sobciqnet Dullus Sanctus désigne Tavocat Van den Eynde, et celui de dianoine capucin , le chanoine De Brou , qui avait été enfermé au couvent des capucins.
4* De souverynityt opgehelderd door Dullus Sanetus, etc., tweeden ad verbeldende den naeht raed der VonMsten van Mechelen, Mechelen , pp. 31 , in-8*.
5* De souverynityt opgeheldert door Dullus Sanctus, derden act verbeldende den verdienden loon van Dullus Sanetus. Mechelen*
6« Verhael van eenen Mechelschen droom met desselfs breeder uytlegginge^ toegepast aen de tyds omstandigheyd , raekende de despotieke regeeringe van DuUus Sanetus, aUas Van den Eynde en den betMemitischen Merbois. Gedrukt in de Voile Maen, pp. 16, in-8».
Par le bethlemétique Merbois, on désigne id Augustin Joseph Husmans De Merbois , élu écoutette ou premier magistrat de la ville de Malines, le 23 mars 1790.
7* Thomas Ontmomd ofte briefvan eenen Meehelsehen souveryn aen synen medesouveryn Thomas Van den Eynde , raekende syne justificatie uytgestroeyd op den 5 juUw 1790, ende de volgende daegen publiekelyk verkogt. Tôt Mechelen, uyt de vry dnikkery van de souverynityt exduafief, pp. 16, in-8*.
8* Lammen in de Maen, ryse van eenen rust soekende Mechelschen borger naer de maen , dienende dese voor antwoord ende sleutel , %oo van de souvereyniteyt opgehelderd door Dullus Sanctus als van den Mechelschen droom raekende den selven. Tôt Mechelen , uyt de drukkerye van Joseph den Droomer , in Philippus den II , koning van Spagnien , regt over graef Willem, met gratie ende privilégie van de vraerheyd, pp. 4%, in-8<».
9« Liedeken opgedragen aen den roemweerdigen Heere Thomas Van den Eynde, als lieutenant auditeur generael van 't palriotieks léger , op syne gelukkige wederkomste binnen Mechelen, In-8*.
10* Den roem van den roemweerdigen advocaet Thomas Van den Eynden, bethaemer van %ekere quaste klik. In-8«. Void le refrain des couplets de cette ballade : Maer 't is nogthans een saek die Mékêr en die vast is Dat van de quaste kUk den allergrootsten quast is, Thomas Van den Eynden.
11* Brief van den waeren Brabandef aen dHeer Jan Van den Eynde, aivocaeten
lettre à Tessenderloo, où l'avocat Van den Eynde se tenait alors, avec les înstructîoM nécessaires comme suit :
c Les citrons allemands signifiaient les troupes étrangères.
c Les indigènes signifiaient les patriotes.
« Les caisses signifiaient les uniformes.
€ Le marchand était le général Van der Mersch.
€ La lettre W était le sieur Weemaels.
c Les courtiers étaient les auxiliaires de Tinsurrection.
€ Le correspondant était encore le général Van der Mersch.
€ Ventrepôt signifiait les Pays-Bas.
c Les mots avant que les nôtres soient expédiés signifiaient : avant que nous ayons une armée patriotique sur pied.
f Ninove signifiait Bruxelles.
€ Plascaert était le nom de M. l'avocat Vonck, qui, après le l**" juin, était convenu avec Tavocat Van den Eynde de s'en servir pour toutes les affaires patriotiques. De la même manière , l'avocat Van den Eynde avait pris le nom de Romain Bourgeois.
c Ita est.
€ J. F. VoNCK. »
Quand on songe que c'est à l'aide de ces grosses malices que le gouvernement autrichien se laissa renverser , on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, de la niaiserie des conspirateurs ou de l'incurie du pouvoir. Certes , celui-ci ne pouvait prétexter ignorance de ce qui se passait. Déjà le comité de Bréda avait lancé sa brandrbrief 2lwl états de Brabant, rapportée ci-dessus; déjà le comité vonckiste avait fait un appel public aux mécontents, en faisant paraître la brochure de Van den Eynde, intitulée Redenvoeringe op het vertrek van het rameynsch volk buyten de stad Roomen, op den heyHgen berg, etc. Cet opuscule contenait, dans une espèce de paraphrase de Thistoire romaine , une provocation assez directe à l'émigration et à la guerre civile. L'auteur
penHonnaris lot Xteehelen , gehoorHg van Med^len , dienende toi antwoord aen een êchrifl door hem gemaekl, onder den tytel T Gexond Oordeel , etc. , en in tusschen tyd voor n<> 2 van het groot licht, in den weïken ontegensprekelyk aengetoond word , daX de souveryniteyt inzit in de daedelyk regeerende dry staeten, waere en wettige representanten van *t volk van Brabant, 1790, sans lieu d'impression, pp. 52 , in-8<>.
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s'efforçait d'engager le peuple à s'enrôler sous la baunière pro ari$ etfocis : les jeunes gens pour offrir à la patrie te sacrifice de leur sang, les habitants paisibles pour fournir aux besoins de la future armée réyolutionnaire.
Afin d'exciter d'autant plus les patriotes à payer de leur personne , le comité avait fait courir le bruit qu'il s'était mis en rapport avec quelques membres de l'assemblée nationale française, et notanunent avec Mirabeau , qui avait, disait-on, exprimé son opinion dans les termes suivants : c La nation belgique doit € employer ses propres forces pour se soustraire au joug autric chien et se rendre indépendante. Cela étant fait, il sera temps c alors de penser aux alliances à contracter. » Cette phrase avait été imprimée à un grand nombre d'exemplaires et publiée comme un oracle.
Le succès de ces manœuvres fut tel que la caisse patriotique se remplit conmie par enchantement, et que l'émigration devint générale. Bientôt les bureaux où se délivraient les passeports se virent encombrés. Il y eut même un jour , à Bruxelles , le 16 août 1789, où tant de personnes se présentèrent à la fois à l'hôtel de ville , pour obtenir un titre qui leur permît d'émigrer impunément, qu'on crut qu'il y avait une émeute, et qu'un détachement de dragons fut envoyé pour la réprimer. Tous ces émigrants se retirèrent sur le territoire hollandais ou li^eois, et la plupart y furent entretenus par la caisse du comité.
L'avocat Yonck, qui ne méconnaissait pas la popularité et l'influence de Van der Noot , lui envoya l'avocat De Brouwer , pour l'engager à s'associer à son œuvre. Mais Van der Noot reçut cet émissaire du haut de sa grandeur , lui parla de ses relations avec les puissances, et lui dit que l'armée qu'on lui avait promise suflQrait bien à ses desseins. Ce fut alors que Yonck entra en négociation avec Van der Mersch (i), et qu'il tourna ses vues vers
( 1 ) Jean André Van der Hencb , né k Menin , le 10 féYrier 1734 , issu d'une ancienne famille noble de cette ville. Il avait embrassé de bonne heure la profession des armes , et était entré au service de France dans le régiment du comte De Lamarck. Il se distingua , par sa bravoure , dans la guerre de sept ans , obtint la croix de chevalier de Tordre royal de S^Louis , sur le champ de bataille, et fut nommé, en 1761 , lieutenant-colonel. II quitta le service de France «
le teiTÎtoire de la principaaté de Liège, Van der Mersch s'était retiré du service d'Autriche avec le grade de colonel. Il cultivait paisiblement ses terres dans la Flandre, lorsque Vonck alla réveiller son ambition, en lui promettant le grade de lieutenantgénéral et de gros appointements, hypothéqués sur des biens d'abbayes. Cette négociation dut s'ouvrir vers la fin du mois d'août , si nous en croyons une note écrite de la main de Yonck , sur la minute d'une lettre datée du 2 septembre. Cette note est conçue en ces termes :
€ Den volgende brief is geschreven geweest door den advocaet
en 1778, et entra, avec son grade de lieatenant-colonel, dans rarmée autrichienne. Il avait quitté également le service de l'Empereur, depuis 1786, avec le grade de colonel, et s'était retiré dans ses terres à Dadezeele, près de Menin , lorsqu'il fut appelé à prendre le commandement de l'armée brabançonne. Il se contenta provisoirement du grade de général-najor ; mais il eut soin de se faire donner une garantie, par acte du 6 octobre 1789 , conçu en ces termes :
a Nous soussignés, abbés respectivement des abbayes de S*-Bemard et de Tongerloo, membres de l'état ecclésiastique de Brabant , considérant que le noble sieur Van der Mersch , colonel au service de Sa Majesté impériale, ensuite de l'interpellation qui lui a été faite, de la part des réprésentants du peuple brabançon, de se rendre au service du pays et d'abandonner celui de Sa susdite Majesté, a bien voulu déclarer et s'engager de se rendre au service du pays, et qu'il ne serait ni raisonnable , ni équitable qu'il se trouvât exposé à }a perte de toutes ses possessions, par la conOscation d'icelles; ce que voulant prévenir et lui donner , k cet égard, une assurance , nous déclarons que nous nous obligeons, conjointement, de bonifier À lui ou à ses héritiers, dans le cas de telle confiscation effective et de défaite finale , la somme de cent mille florins, argent courant de Brabant ; pour quel effet, nous engageons les biens de nos abbayes , situés sous la domination des Provinces-Unies des Pays-Bas, et d'en payer l'intérêt selon le cours qui y sera en usage, à dater du jour de la confiscation effective ; le tout sous obligation et engagement comme de droit. Fait dans la ville de Bréda , le 6 octobre 1789. »
Après la bataille de Tumbout, Van der Mersch fut promu, par le comité de Bréda, au grade de lieutenant- général. Le 26 avril 1790, le congrès belgique lui conféra le titre de feld-marécbal, avec quinze mille florins d*appointements et dix florins par jour de frais de table. Les états de Flandre lui avaient , en outre , fait une pension de deux mille florins. Au mois d*avril de la même année , il fut arrêté et détenu k la citadelle d'Anvers. Transféré plus tard k Louvain , il ne recouvra sa liberté qu'à l'approche des armées autrichiennes, au mois de décembre suivant. II se réfugia d'abord k Lille; mais , peu de temps après , il retourna k Dadezeele , où il mourut , le 14 septembre 1793. On a prétendu, dans le temps, qu'il était mort des suites d'un poison qui lui avait été administré pendant sa détention; mais rien n'autorise cette assertion. Quelque temps avant sa mort, on vit paraître un ouvrage intitulé :
« Mémoire hUiorique et pièces justificatives pour M» Tan der Mersch, où Von donne u les preuves de la loyauté de sa conduite , durant la révolution belgique ; par E. J. Dinne , « officier de la première armée belgique et témoin occulaire de la plupart des faits» Lille , %i Jacquez, 1791. » Trois volumes in-8« , avec portrait de Van der Mersch , dessiné et gravé par Durig , k Lille.
On trouve des notices biographiques du général Van der Mersch dans la Biographie nouvelle des contemporains, t. XX, p. 145; Biographie universelle classique, t. III, p. 3159; Delvinne, Biographie ancienne et moderne du royaume des Pays-Bas, 1829 , t. II, p. 142, etc. M. Coomans a fait sur ce sujet une espèce de nouvelle historique, insérée dans la Revue de Bruxelles , novembre 1840, p. 27.