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au roi de Prusse par son ministère, et suivant lequel il était convenu avec les ministres d'Angleterre et de Hollande < que, dans le cas où les Brabançons pourraient soutenir leur indépendance hautement, ou même seulement en balançant la fortune , les trois puissances alliées devaient reconnaître cette indépendance et la protéger comme une suite des usurpations de l'Empereur; et que, dans le cas contraire et si l'Empereur venait à renverser et à subjuguer les Brabançons , les trois puissances alliées devaient lut faire, en leur qualité de garantes de la constitution belgique, les représentations les plus fortes pour qu'il fût obligé de rétablir l'ancienne constitution en entier. >
Ce rapport était trop conforme aux vues du roi , pour qu'il n'en adoptât point la conclusion. A dater de ce moment, les négociations devinrent officielles : une note, datée du 15 novembre, fut remise aux ministres de Prusse et de Hollande, pour être adressée à leurs cours respectives. Si MM. du comité de Bréda avaient pu soupçonner le contenu de cette note, ils auraient acquis la conviction qu'il y était fort peu question d'eux et des intérêts de leur cause. On y parlait, à la vérité, du système constitutionnel des Pays-Bas; mais ce n'était que pour en vanter l'excellence , comme obstacle à tout développement de force nationale ( 1 ) : seul point de vue sous lequel les puissances maritimes
duite future des insurgent*, dont elles ont dû écouter les plaintes» le peuple brabançon réclamant les engagements sacrés que les puissances maritimes avaient contractés vis-a-vis de cette nation, dans le commencement de ce siècle. Les alliés, en fondant leur démarche, tant sur le droit que leur donne leur garantie, que sur les engagements que la maison d'Autriche a pris vis-avis d'eui, en recevant ces provinces de leur main , allégueront enfin encore que leur propre intèrft ne leur permet pas de vmr enfreindre les privilèges des Brabançons, et encore moins changer la constitution de ces provinces en un gouvernement arbitraire. * ( i) Voici le passage le plus explicite de ce document :
• Il peut arriver, par les efforts qu'on fait, de part et d'autre, et par les suites des événements, ou que les insurgent* brabançons et flamands, qui prennent déjà le titre d'KULs de Brabaut, se soutiennent par leurs propres forces et s'érigent en Eut indépendant, ou que le gouvernement autrichien parvienne a les réduire par lu force des armes , et & les soumettre a l'obéissance ou plutôt à la discrétion de l'Empereur. Si le premier cas arrive, il semble que l'intérêt" des trois puissances exige de rccouuaitre l'indépendance des étals du Brabanl et de la Flandre, et de prendre les mesures les plus efficaces et les mieux combinées pour que ce nouvel étal indépendant se forme une constitution qui eu fasse un Étal véritablement libre et indépendant , et surtout pour empêcher que le nouvel État belgique ne puisse pas s'allier avec la nation française.
< Si, au contraire, lc> insurgent* venaient u être écrasés par le» force» supérieure» de l'Eni
no
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fussenl habituées à envisager les affaires de ce pays, depuis le commencement du siècle précédent.
Déjà les événements avaient marché, quand l'Angleterre et la Hollande répondirent à la note de Sa Majesté prussienne. Par dépèche, datée de Whitehall, M décembre, M. le duc de Leeds fit connaître à M. Ewart les intentions de sa cour , et ce ne fat que le 31 du même mois , que les étals-généraux des Provinces- Unies prirent une résolution. Les trois puissances alliées se trouvèrent être d'accord sur la nécessité d'intervenir conjointement dans la crise des Pays-Bas autrichiens, pour la diriger (tune manière conforme à leurs intérêts communs. Le grand pensionnaire dressa un projet de convention préliminaire, pour servir de base générale au premier concert à établir entre les puissances alliées. Ce fut ainsi que ces puissances furent amenées à conclure le traité de Reichenbach. Mais ceci nous éloigne un peu de l'époque dont nous avons entrepris d'esquisser les événements : bâtons-nous d'y revenir, afin d'en compléter, autant que possible, le tableau.
L'affaire de Gand avait ranimé l'ardeur des patriotes de Bréda. Van der Mersch aurait bien voulu se jeter dans la Flandre, pour réunir à sa petite armée les troupes que l'on commençait à y organiser; mais le comité , sous les ordres suprêmes duquel il était placé, arrêta un nouveau plan de campagne et le lui imposa. Il reçut l'ordre de rentrer dans la Campinc, en même temps qu'une colonne commandée par le lieutenant-colonel Àrnoldi, passerait par le pays de Liège dans le Hainaut, en laissant Namur sur sa droite , afin d'y soulever les populations et de les associer au mouvement insurrectionnel des Flamands. Ce partage de forces ne plaisait pas à Van der Mersch , qui avait déjà
pereur, il est a prévoir que ce prince traitera les Pays Bas en pars conquis et leur Alera tons leurs privilèges, cl que n'étant plus gtnr par leur constitution, il pourra former dans 1rs Pays Bas mêmes une puissance très formidable aux voisins par le* grandes ressources que ce pays a , en population et en richesses internes de sol et de fabrications. Dans ce second rai , les trois puissances alliées auraient un intérêt encore plus grand a s'opposer, par tous les moyen* comcnablcs, au renversement de la constitution primordiale et légale de toutes les pro\inces belgiqucs, à commencer par des représentations énergiques, à adresser conjointement à la cour de Vienne , et k prendre , si ces représentations ne sont pas écoutées , les mesures les plus eflîea ces que les circonstances pourront suggérer, pour roaiutenir ou pour faire rétablir l'ancienne et véritable constitution belgique. •
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perdu une partie de ses soldats, depuis sa retraite; mais il fut obligé de se soumettre à la décision du comité. Ce fut avec deux mille hommes qu'il entreprit cette nouvelle campagne. 11 entra à Hoogstraeten le 21 novembre, et poursuivant sa marche par Turnhoul, il arriva, le troisième jour, à Gheel. Arnoldi, de son côté, partit de Hasselt avec quatre cents hommes, pour Liège, où il recruta encore une centaine d'hommes; il se dirigea ensuite vers Dinant, par Ciney.
Le général d'Alton était informé, depuis le 17 novembre, des desseins des patriotes; mais il croyait que la colonne qui devait passer par le pays de Liège, avait mission d'aller prendre les places de Namur et Mons. Il avait donc averti le colonel De Bleckem; lui avait ordonné de mettre le château de Namur en état de défense, et lui avait, selon son usage, promis du secours, quand il en aurait besoin. Namur n'avait, dans ce moment, qu'une division du régiment de Wurtemberg , tirée de la garnison de Luxembourg. D'Alton avait écrit aussi au général d'Happoncourl , à Mons, et lui avait ordonné de se préparer à quitter cette ville, dans le cas où il croirait ne pouvoir s'y maintenir , et de se rendre alors à Binche, d'où il enverrait son artillerie à Namur, et se porterait lui-même, avec sa troupe, à Nivelles.
De Bleckem n'eut rien de plus pressé que d'établir des relations avec Liège et avec Mons , d'un côté pour se tenir au courant des mouvements des patriotes, de l'autre pour se procurer du secours , en cas de besoin. 11 réclama vivement aussi les troupes que le général d'Alton lui avait promises; mais celui-ci avait peu l'habitude de tenir compte du temps. Ce fut seulement le 20 novembre qu'il donna ordre à une division de Wurtemberg, qui était à Louvain, d'aller remplacer celle de Namur, qui devait retourner à Luxembourg : encore devait-elle laisser un capitaine et soixante hommes à Perwez, pour entretenir les communications. Il lit suivre cette division d'un escadron de cavalerie, et enfin le 21, il fit partir d'Assche pour Namur un bataillon de Clairfayt. Avant que ces troupes fussent arrivées à leur destination, le colonel De Bleckem avait reçu des avis de Liège , qui lui annon-
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çaicnt la marche des insurgés , et justement allarmé de sa position, il avait écrit à d'Happoncourt pour lui demander son assistance (i). Celui-ci, qui avait ordre de se tenir prêt à partir, et d'envoyer son artillerie de Binche à Nam or, se mit en route sans hésiter, avec toute sa garnison , composée d'un bataillon d'infanterie et d'un détachement de cavalerie. Sa sortie de Mons fut le signal d'une suite de désordres et de pillages; les bourgeois s'armèrent, pour défendre leurs propriétés d'abord , et plus tard pour s'opposer à la rentrée des Autrichiens. Le magistrat, qui paraissait désirer le rétablissement de l'ordre , fut débordé par les passions de la multitude, et Mons fut définitivement perdu pour le gouvernement, comme l'était la Flandre, comme Tétaient également Tournay et toute la ligne des villes qui joignent la Flandre au Hainaut.
Cependant, l'avis donné de Liège au colonel De filcekem était prématuré. Arnoldi et un autre aventurier, qui s'intitulait comte de Dolomieu , avaient perdu, dans cette ville, beaucoup de temps en rodomontades et en orgies. Toutes les troupes envoyées par d'Alton étaient arrivées à Namur, avant que le colonel De Bleckeni eut occasion de s'en servir. Aussitôt qu'il fut positivement informé du mouvement des insurgés, il prit les dispositions nécessaires pour les envelopper. Ayant appris qu'ils se dirigeaient sur Dinant par Ciney, il fit sortir deux divisions, commandées l'une par le major Vogelsang, l'autre par le major Tancrède. Le premier de ces officiers eut ordre de se rendre directement à Dinant par la nouvelle route , le second , de marcher sur Ciney et de n'y entrer qu'après que les patriotes en seraient sortis pour se porter vers Dinant. Ce double mouvement s'exécuta avec une précision
( t ) Voici le texte de la lettre du colonel Ile Blcckcm au général d'Happoncourt :
« Nainur.20 novembre 17H9.
• J'ai l'honneur de tous envoyer ci-joint copie d'une lettre de M. Oastin, notre chargé d allai res à Liège , par laquelle vous verrez que la ville de Namur est fort menacée. Comme ceci est un poste essentiel pour assurer la retraite du gouvernemeut et du trésor , lesquels doivent passer ici dans deux jours, je vous prie de vouloir m'euvoyer du secours le plus tôt possible, surtout de la cavalerie et de l'artillerie. Je crois que vous ne devez pas attendre des ordres ultérieur* à re sujet, Son Excellence le commandant général m'ayaui mandé, passé quelque temps, que vous aviez l'ordre de m'envoyerdes troupes à ma réquisition- •
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parfaite : lorsque les patriotes arrivèrent à Dinanl, ils furent étonnés d'y rencontrer des Autrichiens, et lorsqu'après un combat de quelques minutes, ils se retirèrent sur Ciney, ils furent encore plus étonnés d'y trouver également des Autrichiens. En un mot, ils furent battus et mis complètement en déroute.
La campagne ne fut guère aussi brillante du côté de lxmvain. Le lieutenant-général comte de Baillet-Latour , sur le nom duquel le régiment dont il fut propriétaire jeta un certain lustre, était un digne successeur du lieutenant-général comte d'Arberg. 11 ne fit pas un mouvement, sans avoir été poussé par les ordres de d'Alton; sa retraite sur Louvain, en présence d'un ennemi qui lui-même fuyait, fut le seul fait militaire dont on le vit prendre la responsabilité. Encore ce fait était-il conforme aux vues exprimées par le général d'Alton : car celui-ci, dans ses premières instructions qui sont du 20 octobre , avait dit qu'il fallait considérer Tirlemont comme un poste avancé, dont les troupes devaient se replier sur Louvain à la première attaque. Il en était de même, suivant lui, de Diest à l'égard d'Aerschot. Aussi , donna-t-il l'ordre , le 22, de ne laisser à Aerscbot qu'une division d'infanterie avec 55 chevaux , et d'en détacher à Diest quatre-vingts hommes et douze chevaux seulement. Mais Latour n'avait pas encore eu le temps d'exécuter ces ordres, lorsque Van der Mersch, qui celte fois avait accéléré sa marche, arriva devant Diest, le 24 novembre, à A heures après-midi. Il y trouva le major Broéta , avec une division de Bendcr, quarante cavaliers et une pièce de canon. La pièce avait été placée au haut de la montagne, du côté de la porte de tous tes Saints, d'où elle semblait destinée à faire retentir l'air du bruit de ses détonations. Les troupes se trouvaient réunies sur le rempart, ù gauche de la porte d'Anvers. Van der Mersch, qui avait toujours les trois pièces d'artillerie prises :i Turnhout, en fit diriger le feu sur cette dernière porte, et s'étanl frayé un passage, il ne tarda point à entrer dans la ville. Ias Autrichiens se retirèrent vers la GrandTlace, et de là, après un échange de coups de fusils, ils sortirent par la porte de Sichcm , abandonnant deux caissons chargés de munitions de guerre et
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lavant-train de leur canon. Ils perdirent dix hommes à cette affaire, dont un tué, et sept ou huit blesses. Il y eut aussi quelques hommes blessés et tués parmi les patriotes.
Cependant le général d'Alton s'était décidé, le 23 novembre, à envoyer le général de Baillet-Latour à la rencontre de l'ennemi, avec quatre divisions d'infanterie et six pelotons de dragons : il devait chercher l'armée patriotique et tâcher de la battre en rase campagne. Le lendemain, 24, d'Alton lui avait donné avis de la marche des insurgés sur Diest et Westerloo. Nous ne savons pas au juste quel jour et à quel moment Lalour se mit en marche, par suite des ordres précités; mais ce qui est certain, c'est que le 26, c'est-à-dire deux jours après la prise de Diest, il se trouvait à Aerschot, et que ce même jour il battit en retraite sur Louvain , et écrivit au général d'Alton qu'il croyait les insurgés trop nombreux à Diest et à Montaigu et qu'il craignait que Louvain ne fût attaqué. Ce qui rend cette retraite d'autant plus extraordinaire, c'est que, dans le même moment, Van der Mersch qui ne se croyait pas en force pour résister aux troupes impériales, évacuait la ville de Diest et se jetait sur sa gauche. En rentrant à Louvain, le général de Baillet-Latour entendit le bruit du canon dans la direction de Tirlemont. C'était Van der Mersch qui chassait de cette ville le commando placé sous les ordres du capitaine D'Harnoncourt. Latour envoya une division pour le soutenir contre un ennemi devant lequel il venait de se retirer avec tout son corps d'armée.
Ici se présente un spectacle nouveau et certainement inattendu. Trauttmansdorff et Van der Mersch semblent tout à coup se prêter la main, pour clore les troubles par un arrangement, l'un à l'insu du général d'Alton, l'autre en dépit du comité de Bréda. Le tableau que nous allons esquisser, de cette double manœuvre, nous conduira jusqu'à l'armistice d'Orsmael.
D'Alton fit, pour la troisième fois, un vaste plan de campagne, à triple colonne, sans compter les commando-volants. Il voulait, comme toujours, exterminer les insurgés, brûler leurs lieux de retraite, détruire à jamais, par un exemple terrible, toule
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velléité de révolte. Déjà des ordres avaient été donnés pour concentrer l'armée, à laquelle d'Happoncourt, qui définitivement avait perdu Mous, devait venir se joindre, en marchant par Nivelles et Wavre,sur Hamme et Mille. Mais, d'un autre côté, le gouvernement de Bruxelles, loin de vouloir exterminer et détruire, était en train de faire des concessions aux patriotes. Les décrets d'amnistie générale du 25 et du 26 novembre venaient de paraître. En présence de ce fait, la responsabilité de d'Alton devenait immense : car, si les moyens de force qu'il voulait mettre en œuvre venaient à échouer, les moyens de douceur du ministre plénipotentiaire sauvaient celui-ci de toute solidarité, et d'Alton portait lui seul tout le poids de la défaite. Or, il ne s'agissait pas seulement du gain ou de la perte d'une bataille; il s'agissait du maintien ou de l'anéantissement de la domination autrichienne dans les Pays-Bas. D'Alton recula devant l'étendue de cette responsabilité. Il voulut la faire partager par le ministre plénipotentiaire et par le conseil général du gouvernement. Ce fut dans cette vue qu'il adressa à M. de Trauttmansdorff des notes trèspressantes, pour le forcer à s'expliquer sur l'emploi des moyens violents, et particulièrement sur la destruction de la ville de Diest, qu'il proposait de brûler.
Le ministre plénipotentiaire n'osa pas lui dire de renoncer à ces inutiles rigueurs; il n'osa pas surtout le détourner d'une entreprise décisive contre Van der Mersch; mais il fit tout ce qu'il put pour laisser à d'Alton la responsabilité exclusive de ses œuvres. 11 eut soin aussi de lui communiquer une lettre du prince de Kaunitz, qui défendait toute démarche, civile ou militaire, propre à aigrir les esprits; par ce moyen, il laissa le général dans l'irrésolution, tandis qu'il faisait de nouvelles tentatives auprès des insurgés pour leur faire goûter son amnistie. Afin de leur prouver ses intentions toutes bienveillantes, il fit mettre en liberté un grand nombre de détenus politiques , entre autres, l'échevin et ci-devant bourgmestre d'Anvers, M. Del lafaille, et le greffier de la châtellenie d'Audenaerde, M. Raepsaet. 11 chargea même ce dernier d'une mission dans la Flandre, espé-