DE BF.P.G
de leur présence qu'une affiche portent maison à louer. La garde de la chancellerie et de la caisse de guerre , composée de quatre hommes, fut désarmée; mais on la remplaça par une compagnie entière du régiment de Bender. Le poste qui était au magasin des Minimes se rendit aux patriotes; mais ils n'occupèrent pas longtemps ce local : une compagnie de grenadiers vint s'y établir, et se répandit dans le couvent, où elle fut disposée comme dans une forteresse, pour en défendre l'accès.
Tous ces actes, non-seulement entretenaient la fermentation, mais augmentaient incessamment son intensité. Vers le soir, elle se trouva portée à un tel degré, que l'on craignit de voir l'écume populaire déborder et se répandre dans la ville en flots de pillards. Depuis le malin, le magistrat de Bruxelles avait fait des démarches, devenues légitimes, pour qu'on rendît aux bourgeois les armes qu'on avait saisies chez eux, et pour qu'on permît aux Serments de monter la garde. M. De TrauttmansdorfT avait voulu accéder à cette demande, mais d'Alton s'y était opposé. Ce ne fut que dans la soirée, lorsqu'on vit qu'il était impossible de compter sur aucun poste dans la partie basse de la ville, que l'on consentit à rendre à la bourgeoisie des armes sans lesquelles il n'y avait plus de sûreté pour elle , les fusils pris aux soldats étant tombés entre les mains de la populace. Les Serments furent en même temps convoqués et l'on organisa des patrouilles, qui, pendant la nuit, se dévouèrent au maintien de l'ordre.
La glorieuse journée du 41 fut remplie par des événements d'une importance toujours croissante. C'était un vendredi, jour de marché. La matinée fut assez tranquille ; on vit les bons bourgeois de Bruxelles circuler, selon leur usage, au Marché aux Poissons, au Marché aux Poulets, et s'approvisionner pour le reste de la semaine. Pendant ce temps, le gouvernement, qui était préoccupé de soins plus graves, avisait aux moyens de sauver le trésor et les archives de l'État. 11 songeait aussi à mettre en sûreté les personnes des membres du conseil général. M. De Cobenzl devait être parti de Vienne, le 50 novembre ; il pouvait arriver dans peu de jours à Bruxelles; mais, s'il venait à y trouver le conseil du