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l'observation de la joyeuse entrée , auraient de la répugnance à continuer les devoirs et fonctions de leurs charges , offices ou emplois, pourront s'en déporter, sans manquer pour cela envers nous, et que, sur la première annonce qu'ils en feront à notre gouvernement général , l'acte de leur démission leur sera accordé sans frais.
« Mandons et ordonnons que la présente ordonnance soit imprimée, publiée et affichée dans la province de Brabant, ès lieux accoutumés, et partout où besoin sera, afin que personne n'en puisse prétexter cause d'ignorance. En témoignage de quoi nous avons fait mettre à ces présentes notre grand scel.
c Donné en la ville de Bruxelles, le 26* jour du mois de janvier. Tan de grâce mil sept cent quatre-vingt-neuf, et de nos règnes, savoir : de l'empire romain le 24e , de Hongrie et de Bohème le 9'-
« Était paraphé Ta. V\ « Contresigné le B°" de Lederer. »
Cette pièce fut communiquée aux états , sur qui elle parut faire une vive impression. Le greffier reprit ensuite son rapport, au point où il avait été interrompu , et , après une longue et mure délibération de MM. les prélats et nobles, il fut entendu qu'une déclaration serait adressée par les deux premiers ordres à Sa Majesté , au sujet du refus de consentement du tiers, et qu'on y inscrirait cette clause : t Que, bien qu'il fût imj>ossible aux étals de déroger aux privilèges de la province et du tiers-ordre, néanmoins MM. les prélats et nobles déclaraient être prêts à obéir en toute soumission à ce qu'il plairait à Sa Majesté de statuer, en vertu de son pouvoir princier et de son autorité souveraine, concernant la demande immédiate des objets sur lesquels les consentements étaient restés incomplets : espérant, MM. les prélats et nobles, que, conformément à ce qui s'était fait autrefois en pareille circonstance , Sa Majesté daignerait leur accorder à cet égard acte de non préjudice pour l'avenir. >
Par suite de cette résolution, les états s'occupèrent aussitôt de formuler une supplique (smeektchrifl) à l'Empereur. À dix heures du malin, une dépu talion se rendit chez le ministre pléni-
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potentiaire, pour lui remettre cette pièce; mais le style en ayant déplu à Son Excellence, ils la rapportèrent bientôt à rassemblée, et la délibération recommença. Pendant ce temps, les fidèles encombraient les églises , où se célébraient des messes solennelles pour invoquer l'intervention du Tout-Puissant. L'autel du St-Sacrement de Miracle, dans l'église de Sainte-Gudule , avait été orné extraordinairement. Il en était de même de l'autel de Notre-Dame de Bon-Secours, dans l'église de ce nom, et de l'autel de Notre- Dame de la Paix, dans l'église de St-Nicolas (t). La délibération des états dura jusqu'à deux heures après-midi. Ce fut alors seulement que la députation se remit en marche, pour aller reporter au ministre plénipotentiaire, la supplique modifiée et dont la rédaction avait été définitivement arrêtée dans les termes suivants :
« A l'Empereur et Roi,
< Les très-humbles et soumis vassaux et sujets de Votre sacrée Majesté, les prélats, nobles et députés des chefs-villes, représentant les trois états de votre pays et duché de Brabant, demandent avec une profonde humilité, qu'il leur soit permis d'exposer à Votre Majesté l'affliction extrême où ils sont d'avoir pu vous déplaire, Sire, au point que l'exprime la dépêche donnée, le 7 de ce mois, sous votre seing auguste.
c Votre Majesté y annonce, nous chercherions vainement à nous le cacher, Votre Majesté y fait éclater contre nous et son peuple tout le poids de son indignation : hélas! Sire, et nos regrets et l'abîme de notre douleur ne pourront jamais trop bien être représentés à votre sensibilité paternelle, à cette clémence, Sire, qui sans cesse ajoute à l'éclat de votre justice, de votre gloire!
< Dès le moment, Sire, qu'il a été possible d'embrasser les moyens de désarmer votre courroux , ils ont été saisis avec empressement : et ces moyens, Sire, ce sont, ce seront toujours
(i ) A pesle , famé <•/ beUo libéra nos , Maria pacù, était U devise adoptée par une confrérie connue mus le nom de brotdertehap van O. L- V. van Ptys. L'origine de celle confrérie remontait a l'année 1143, et on l'attribuait a la paix, conclue en l'église de Si Nicolas, entre Godefroklau berceau, troisième du nom, duc de Lothier, comte de Louvain et de Bruxelles, et les Bertboud , seigneurs de Grimbergbe et de Malines. (Goetval, Mm.)
HAI'ÉDIIS
ceux-là dictés uniquement par la soumission la plus parfaite.
« Quoiqu'il ne soit pas dans nos droits de pouvoir déroger aux privilèges du tiers-état , il ne vient pas moins d'être pourvu sans délai au service de Votre Majesté, par la déclaration de nos prélats et nobles composant les deux premiers ordres, d'obéir en toute soumission à ce qui sera statué au nom de Votre Majesté, en vertu de la plénitude de votre puissance, Sire, et de votre autorité souveraine, sur le recouvrement immédiat de ces impositions.
c Votre Majesté daignera entendre au surplus, par les rapports ministériels qui lui seront faits, que, suivant la forme de nos délibérations, il n'était pas possible aux députés du tiers-état de donner à Votre Majesté, conjointement avec les deux premiers ordres, cette marque certaine d'une entière obéissance.
€ Oui, Sire, c'est la même voie d'une soumission véritable et sans bornes que nous suivons, en suppliant Votre Majesté d'agréer la prière humble et précise que nous lui faisons ici, de daigner regarder comme non avenues nos dernières représentations en date du i" décembre dernier, qui ont excité l'indignation de Votre Majesté; attachés comme nous sommes, comme nous seront uniquement, Sire, au soin de vous servir et de tâcher de vous complaire en toutes choses, d'aller au-devant du moindre désir que Votre Majesté daignera nous manifester.
« Que ne nous est-il permis, Sire, d'exprimer nous-mêmes, aux pieds de Votre Majesté, le sentiment loyal, honorable pour nous, qui ne nous fait respirer que votre service : au moins daignez, ô vous, Sire, le meilleur comme le plus accessible des rois, veuillez souffrir que nous puissions députer vers Votre Majesté quelques personnes des trois ordres, pour la supplier, non-seulement d'accepter l'hommage que nous faisons ici d'avance de toutes les ressources de vos sujets, mais surtout de rendre à votre peuple toute l'étendue de vos bonnes grâces, Sire, de votre bonté et de votre clémence; surtout encore de conserver à ce peuple l'intégrité de ses lois constitutives, sous la douce influence desquelles il vit heureux depuis tant de siècles.
« Ce serait alors, Sire, ce serait par le moyen de ces députés,
DE BKIIC.
inibus de nos principes, pénétrés de notre esprit, que Votre Majesté pourrait se convaincre que si , dans ces mêmes lois , faites et destinées pour assurer le bonheur public, vous jugiez, Sire, qu'il puisse se trouver des points incompatibles avec les vues salutaires que se proposerait Votre Majesté, elle pourrait nous les communiquer avec cette confiance que doivent inspirer, qu'il nous soit permis de le dire, notre soumission non moins que notre zèle, nous qui devons vous en donner, Sire, les premiers exemples, comme les plus notables appelés d'entre vos sujets.
« Ce serait alors, Sire, que ces députés, instruits, éclairés, dirigés par la sagesse propre à Votre Majesté, pourraient à leur retour nous en transmettre les oracles : dès lors la félicité deviendrait générale dans tous les ordres de l'État : et quels nouveaux efforts, Sire, ne pourrait pas faire votre clergé, assuré de son existence, pour concourir aux vues de Votre Majesté! tout en un mot deviendrait bientôt une source précieuse et féconde de joie, de bénédictions qui s'élèveront de toute part vers le trône de Votre Majesté.
c Telle est, Sire, la disposition sincère et à jamais des cœurs de vos états; tels sont les seuls titres qu'ils osent invoquer auprès de Votre sacrée Majesté, pour mériter son indulgence, sa protection et sa souveraine clémence.
c En quoi, etc. »
Cette supplique satisfit le ministre plénipotentiaire, qui promit de tenir en suspens l'exécution des ordres de l'Empereur; mais elle souleva l'indignation des patriotes. Lorsqu'elle vint à être publiée dans un supplément à ta Gazette des Pays-Bas , du 2 février 1789, on prétendit qu'elle était fausse et de l'invention du gouvernement. Ce système mensonger fut poussé si loin par les meneurs de l'opposition, que, dans la nuit du 5 au 4- février, ils firent distribuer et placarder dans les rues de Bruxelles, une affiche qui nous paraît assez curieuse pour être reproduite ici textuellement :