PROPRIÉTÉS ET DÉVELOPPEMENT
3 heures, et après 24 heures, c'est-à-dire en une journée complète, le chiffre énorme de 2^*, soit plus de 1 6 millions 700 milles ; en deux fois 24 heures on aurait une prolifération de 281,475 milliards de microbes.
Etant donnée cette puissance de reproduction des microbes, on conçoit en quelle abondance ils doivent se trouver disséminés à la surface du globe, et avec quelle intensité doivent se produire leurs manifestations.
Dans les conditions défavorables que nous avons mentionnées, la multiplication des bactéries se fait par sporulation; le protoplasma primitivement homogène donne naissance, soit en son milieu ou à un bout ou même aux deux bouts à la fois, à un noyau très réfringent qui devient une spore cylindrique ou ovalaire, à contours très foncés. Les spores deviennent libres par la destruction de la cellule, mais ne germent d'ordinaire que dans un liquide de culture nouveau ; ce n'est, en effet, pas le cas de certains microbes, par exemple celui du lait bleu qui, ensemencé dans le liquide de Cohn (voir plus loin), se développe en bacilles mobiles, à Tune des extrémités desquels se forme une spore qui germe dans le liquide où elle devient libre, tandis que le bacille continue à vivre et à s'agiter.
Quand les cellules des microbes, par suite de leur premier mode de prolifération par segmentation, étaient réunies en chaînettes, les spores en résultant, emprisonnées dans une masse glaireuse nommée \ooglée^ restent quelque temps réunies bout à bout en longs filaments qui ne se segmentent que plus tard.
Ensemencées dans un liquide nutritif convenable, et au contact de l'oxygène libre (Pasteur), les spores se gonflent et doublent de volume en 2 heures ; leur contour devient moins net, puis il se produit deux pôles plus foncés entre lesquels, au bout de i ou 2
If6 BACTÉRIES
nouvelles heures, apparaît un renâement qui grossit, ^'allonge rapidemeot hors de la spore, à laquelle elle reste liée pendant quelque letnps. cherchant à s'en séparer par ses mourements ; la jeune bactérie finît par devenir libre, laissant la spore inerte se refermer comme une coque vide, et reprend dès lors sa vitalité normale manifestée par la prolifération par scissiparité.
• La forme des spores est une forme protectrice » de l'éire, ei lui communique, comme nous le ver- » rons, une sorte d'insensibilité vis-à-vis des agents
> extérieurs. La forme vivante est, au contraire,
• celte sous laquelle l'être doit pouvoir traduire les
> inâuences du milieu ambiant par cet ensemble de
• réactions qui constituent la vie. C'est celle que
• nous envisageons de préférence. On sait qu'un . * grand nombre d'espèces ne sont connues qu'à cet
a état. » Duclaux .
S 2. — Composition immédiate des microbes.
La détermination des principes immédiats des bactéries suppose qu'on peut isoler nettement ces dernières des milieux dans lesquels elles se sont développées ; il n'en est rien dans la pratique, du moins jusqu'à présent. Si l'on ensemence un liquide nutritit avec une espèce de vibrion, de façon à obtenir une abondante prolifération, et qu'on essaie ensuitede séparer, par le filtre, l'organisme du liquide nourricier, elles traversent d'abord le filtre, puis en obstruent complètement les pores. On a proposé de soumettre à la coction le liquide acidulé par l'acide chlorhydrique ; les bactéries se réunissent alors, réunies en coagulums fioconneux, mais certainement altérées dans leur composition, et par l'action de l'acide, et par celle de la chaleur.
En présence de ces difficultés, on n'a encore sou-