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PROPRIÉTÉS ET DÉVELOPPEMENT

mis à l'analysé que les bactéries de la putréfaction de la gélatine plus ou moins mélangées de zooglée, simplement lavées à Teau acidulée par l'acide acétique, puis à l'eau distillée, et enfin essorées entre des feuilles de papier à filtre. Les chiffres qui suivent expriment les résultats de l'analyse élémentaire, déduction faite des cendres, pratiquée par MM. Nencki et Schoflfer.

Analyse immédiate.

Bactéries Zooglée pure, adaltes*

Eau 84,81 83,82

Albumines 85,76 84,20

Graisses 7,89 6,04

Cendres 4,20 4,72

Mat. non déterminées 2,1 5 5,04

A naîyse élémentaire.

Zooglée. Bactéries.

Az 14,47 «3,92

Les matières albumînoïdes qui forment les 4/5 de la matière sèche des bactéries, sont constituées en grande partie par cette substance spéciale, la mycoprotéine, qui paraît très voisine, sinon identique à l'albumine de la levure de bière qui a été analysée par Schlossberger, et à l'hémiprotéine de M. Schutzenberger, comme le montrent les chiffres suivants :

Albumine Bactéries de la

de la gélatine. levure. Hémiprotéine.

Az 14,71 i3i9 14,22—15,08 -

i;8 BACTÉRIES

On extrait la mycoprotéîne en traitant les bactéries par une solution de potasse à 5 pour looo; on obtient un résidu insoluble très faible, de 2 pour 100 pour la zooglée, de 5 pour 100 pour les bactéries, qui parait de nature cellulosique et qui provient très probablement de la membrane d'enveloppe, La solution alcaline, neutralisée par un acide et saturée de chlorure de sodium solide, abandonne la myco« protéine.

Cette substance est soluble dans l'eau, les alcalis et les acides ; par ses caractères, elle se place, comme produit intermédiaire, entre les matières albuminoides et les peptones.

§ 3. — Nutrition et conditions d'action des microbes.

Chaque microbe vit de préférence dans un milieu favori qu'on détermine par des expériences comparatives, en opérant sur des liquides de composition diverse qui renferment tous, comme substances alimentaires, des matières azotées organiques ou ammoniacales, des composés ternaires (hydrocarbonés, acides végétaux, alcool, glycérine, etc.,) et des sels minéraux dont les principaux sont le phosphate de potasse et la magnésie.

On emploie le plus souvent des liquides dits de culture^ tels que : albumine de l'œuf ou sérum sanguin étendus d'eau, urine normale neutralisée ou étendue d'eau de façon à marquer ioo5, bouillons de viandes diverses neutralisés et de densité 1024, solution d'extrait de Liebig à 5o gr. par litre également neutralisée, petit-lait, jus de viande, décoction de levûrie à 3o gr. par litre, sucs de fruits [raisins, fraises), ou de certaines légumes (concombre, betterave, oignon, etc.), infusion de foin, gélatine à 5o pour 1 000 additionnée de sels minéraux, gelée d'agar-

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agar rendue nutritive par l'extrait de viande ou les peptones, etc. etc..

Le liquide de Cohn a pour formule : lo gr. de tartrate neutre d'ammonium, 5 gr. de phosphate bipotassique, 5 gr. sulfate de magnésium, o,5 de phosphate de chaux pour i litre d'eau.

La formule suivante donne une gélatine nutritive excellente pour la culture des microbes des eaux potables : Gélatine loo, peptone 2, sucre 2, phosphate neutre de soude 2, blanc d'œuf battu n° i, pour eau 1000 ; on coagule à la température du bainmarie bouillant et on passe sur filtre à enveloppe chaude.

A priori un liquide de culture des microbes est; d'autant meilleur que, abandonné au contact de l'air, il devient plus vite un foyer de fermentation sous l'influence des germes qu'apportent les poussières atmosphériques, en d'autres termes qu'il est plus altérable. Or les différents liquides énumérés précédemment sont loin d'être aussi favorables les uns que les autres au développement des bactéries, et suivant Tyndall, il n'en est pas de plus altérable que le jus de concombre.

Dans ses recherches sur les microbes atmosphériques, M. Miquel a été amené à déterminer l'altérabilité relative de divers liquides ; ses résultats, comparés à celui que donne la solution aqueuse d'extrait de viande prise comme unité, sont des plus curieux.

Degré Stérilisation, d'altérabilité.

Liqueur de Cohn à loo» o,o5

Albumine d'œuf. à froid. 0,22

Urine normale àfroid. 0,40

Urine normale à iio* o,5o

Bouillon d'extrait de viande. . à 1 1 o« x .00

Sérum sanguin dilué à froid. 6,00

Suc de choux dilué àfroid. io,go

Jus de veau àfroid. i3,3o

lÔO BACTÉRIES

En général, pour un même liquide (Purine exceptée), la stérilisation par filtration à froid donne une altérabilité plus grande que la stérilisation par la chaleur.

Chacun des liquides de culture qjue nous venons d'indiquer peut servir au développement d'un nombre plus ou moins grand de bactéries d'espèces différentes. Cependant chacune de ces dernières a un milieu de prédilection dans lequel, trouvant J'aliment qu'elle préfère à tous les autres, elle se développe avec plus d'intensité que dans les autres liquides ; et comme plusieurs de ces bactéries sont utilisées par le chimiste et l'industriel, pour la production de certains corps qui dérivent de la matière alimentaire par excellence de ces organismes, cette matière alimentaire constitue la substance fermentescible. C'est ainsi que le ferment lactique exige la présence d'une matière sucrée, que le ferment acétique ne se développe que dans les milieux alcooliques, produisant l'une de l'acide lactique, l'autre de l'acide acétique.

Ici encore, comme pour les moisissures, on retrouve les différences dans la facilité d'assimilation par les bactéries des modifications opposées des corps doués de pouvoir rotatoire, dont l'une est plus vite transformée et assimilée que l'autre, ce qui permet d'utiliser les bactéries, comme les moisissures, pour isoler celle des deux modifications qui est la plus réfractaire, du mélange optiquement inactif par suite d'une compensation; c'est par ce moyen que M. Pasteur a pu isoler l'acide tartrique gauche, et M. Le Bel le propylglycol gauche de leurs modifications droites qui sont détruites les premières.

/. Réaction du milieu, — Les milieux dans lesquels se développent les. bactéries doivent être neutres ou alcalins (Chamberland) ; cependant une faible acidité due à des acides organiques ne fait qu'en ralentir l'activité, sans y apporter une entrave complète ; mais quand la proportion d'acide augmente,

CONDITIONS d'action DES MICROBES l6l

comme dans la putréfaction des matières organiques, l'état languissant des bactéries, joint à la réaction du milieu, favorise le développement des moisissures qui viennent détruire et brûler complètement les produits de déchets et de dédoublements provenant de Faction primitive des microbes.

Ces derniers sont très sensibles à l'action des acides minéraux même très étendus ; et leur action est complètement paralysée par la présence d'une dose de 0,5 pour 100 de ces derniers.

2 . Influence de la température, — Comme pour les moisissures, la température la plus favorable à la multiplication des bactéries est en général comprise entre 3oet4oo; au-dessous, il se produit un ralentissement d'autant plus sensible que la température est plus basse ; mais ce n'est que vers o^ que la vie est arrêtée, pour disparaître souvent au-dessous ; une température plus élevée que celle qui correspond, pour chaque espèce, au maximum de prolifération atteint vivement cette faculté, mais elle disparaît à des degrés très variables suivant l'espèce. Ainsi le bacillus anthracis^ bactéridie du charbon dont la température la plus favorable à son développement est de 36-37°, ^^ donne plus de spores à 42-43°; un peu plus haut, la reproduction par scissiparité est à son tour arrêtée ; enfin on arrive rapidement au point où la vie cesse complètement, où la bactéridie est tuée. Nous avons ainsi l'explication d'une observation curieuse due à M. Pasteur : les inoculations de virus charbonneux sont inoffensives pour les oiseaux chez lesquels l'activité des combustions organiques maintient une température sensiblement plus élevée que chez les mammifères; mais il suffit de refroidir une poule inoculée de 4 ou 5°, pour lui faire contracter le charbon.

Le bacillus butilicus, dont la température la plus favorable est de 40°, fructifie encore abondamment à 42° dans la glycérine, et devient inactif à 45° (Fitz).

L, Gabnier. — Ferments. 1 1

, A la température de loo®, la plupart des microbes adultes périssent ; mais leurs spores résistent en général bien. Beaucoup de ces germes résistent à 120'*, et même à 1 3o% s'ils ont été desséchés à une température relativement basse ; mais à cette température et au contact de la vapeur d'eau sous pression, elles sont toutes détruites sans exception ; il en est souvent de même à des températures inférieures, mais toujours au contact de Peau ; et le degré correspondant à la disparition de la vie varie suivant les espèces d'où proviennent les spores. M. Miquel a encore déterminé le point auquel meurent les spores de diverses bactéries chauffées dans l'eau distillée pendant 2 heures.

Micrococcus vulgaire 5o — 55o

— ellipsoïdus 94 — gS

Bacillus elongatus 96 — 97

— subtilis 100— 102

— ureae 94 — 95

Gros bacille 98 — 100

Bacterium termo 49 — 5o

— en bâtonnets 49 — 5o

Leptothrix ramosa 59 — 60

\a2i force de résistance de ces spores^ non seulement à la chaleur, mais aux intempéries, à la putréfaction, à l'action des sucs digestifs, est telle que, si les cadavres des animaux morts du charbon ne sont pas brûlés, ou inhumés profondément et couverts d'une épaisse couche de chaux vive, pendant de longues années, les spores de bacillus anthracis^ ramenées à la surface par les vers de terre dont elles ont traversé le tube digestif, font périr du charbon les animaux qui viennent paître sur le terrain d'enfouissement. D'ailleurs, la bactéridie peut se perpétuer dans le sol,, par une série de générations ;.et c'est ainsi qu'on a trouvé des germes encore vivants do^ze ans après l'enfouissement dans la fosse d'un animal charbon-^ neux (Pasteur).

CONDITIONS D ACTION DES MICROBES lô^

3. Action de Voxjrgène. — Les microbes se divisent, au point de vue de Tinfluence qu'exerce sur eux l'oxygène, en deux groupes opposés : Fun renferme les microbes aérobies, qui exigent pour vivre le contact de Toxygène qu'ils empruntent à l'air, ou plutôt au liquide nutritif qui le contient en dissolution; ces microbes oxydent énergiquement les matériaux organiques du liquide et exhalent une quantité d'acide carbonique sensiblement égale au volume d'oxygène disparu ; ils peuvent même enlever l'oxygène aux corps qui le renferment faiblement combiné, tels par exemple que le carmin d'indigo qui, introduit dans une culture faite à l'abri de l'air, perd peu à peu sa coloration bleue, preuve de sa réduction.

Dans l'autre groupe se placent les bactéries pour lesquelles l'oxygène est toxique, bactéries anaérobies.

Citons un exemple frappant, dû à M. Pasteur, de cette différence dans le fonctionnement des microbes, suivant leur affinité ou leur répulsion pour l'oxygène. On abandonne à l'étuve, à 35-40^, une solution de sucre de lait additionnée de craie en poudre, d'un peu de matière organique (vieux fromage), et de sels minéraux; le liquide devient le siège d'une fermentation lactique; une goutte examinée au microscope se trouve peuplée d'une quantité énorme de bactéries ténues et très mobiles, qui nagent dans toutes les directions ; puis tout mouvement cesse au centre de la goutte où n'arrive plus l'oxygène ; les bactéries se portent au pourtour pour y respirer, et y sont ramassées autour des bulles d'air emprisonnées dans le liquide. Ces organismes sont évidemment aérobies; ils absorbent l'oxygène du liquide : et une fois ce gaz entièrement disparu, ils deviennent inertes et tombent au fond du vase, cédant la place à une autre espèce d'êtres animés dont la présence est annoncée par un dégagement gazeux abondant, constitué par de l'hydrogène; ce sont les vibrions de la fermen-

tation butyrique, plus gros et plus allongés que ceux qu'ils ont remplacés, et qui, au microscope, se comportent d'une façon absolument opposée. C'est sur le pourtour de la lamelle que cessent le mouvement et la vie qui se concentrent au centre, à l'abri de l'oxygène ; mais peu à peu ce gaz arrive par diffusion jusqu'au milieu de la préparation, ettoutmou-» vement cesse. Le vibrion butyrique, essentiellement anaérobie, est tué par l'oxygène, dont il suffit d'ailleurs de faire passer quelques bulles à travers une fermentation butyrique en pleine activité pour l'arrêter.

Mais entre ces deux degrés opposés, il existe des termes intermédiaires, c'est-à-dire des espèces de bactéries qui vivent dans des atmosphères plus ou moins pauvres en oxygène, et périssent dans une atmosphère trop riche. D'ailleurs, comme nous le verrons bientôt dans l'étude de l'atténuation des virus, si les aérobies adultes vivent très bien dans l'air, ils finissent toujours par souffrir de son contact prolongé. Ainsi s'explique l'action toxique de l'oxygène pur et comprimé à 8 ou lo atmosphères pour tous les ferments, même les aérobies par excellence, qu'a observée P. Bert; dans ces conditions, toute fermentation, toute putréfaction et en général tout phénomène qui exige l'intervention de ces êtres microscopiques s'arrête rapidement et définitivement.

Les spores des bactéries anaérobies sont infiniment moins sensibles qu'elles à l'action de l'oxygène; cependant il les tue par un contact prolongé au degré de dilution qu'il possède dans l'air, et rapidement sous l'influence de la pression.

4. Action de divers agents physiques. — La lumière paraît sans influence sur le développement des bactéries; l'électricité a une action manifeste, mais qui doit plutôt être attribuée à la nature des produits de décomposition électrolytique des élé-

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