ATTÉNUATION DES MICROBES I
ments salins des liquides de culture, c'est-à-dire à la re'action acide ou basique de ces produits.
§ 4. — Atténuation des virus.
Nous allons, dans ce paragraphe relatif à Tatténuation de l'action des bactéries virulentes, résumer d'une façon très succincte les résultats des beaux travaux de M. Pasteur sur le microbe du charbon et sur le virus de la rage.
Quand on ensemence un liquide de culture approprié avec un microbe, il pullule abondamment, et les phénomènes de la fermentation se manifestent tout le temps que le liquide contient de la substance fermentescible ; Toxygène de Tair extérieur est absorbé en grandes quantités et remplacé par de l'acide carbonique ; mais une fois la fermentation achevée^ on voit avec surprise qu'il y a encore absorption de l'un et dégagement de l'autre gaz, mais en très faible quantité, bien qu'il n'y ait plus d'élément nutritif oxydable. A ce moment la bactérie vit sur elle-même et oxyde ses propres éléments, sans trouver au dehors de quoi récupérer les pertes qu'elle éprouve dans sa propre substance; elle se résout en spores, qui tombent au fond du liquide. Que devient dans ce cas sa fonction physiologique ?
Si l'on soustrait complètement au contact de l'oxygène le liquide, au moment précis où la fermentation s'arrête, où la dernière trace de substancefermentescible disparaît, absorbée par la bactérie,, celle-ci conserve intégralement son action et, ensemencée dans un autre milieu nutritif, reprend toutes ses qualités primitives.
De même, si l'on fait des ensemencements successifs d'une bactérie très virulente dans des liquides nutritifs convenables, en prenant une parcelle de liquide d'une fermentation en pleine activité pour
l6Ô BACTÉRIES
rintroduire dans un liquide neuf, et continuant indéfiniment de la même façon, la bactérie conserve intégralement sa virulence primitive et se perpétue à travers ses générations successives, avec ses caractères extérieurs et ses fonctions physiologiques. Mais il faut, pour cela, espacer de quelques jours seulement les ensemencements, ou ne laisser arriver au contact du liquide qu'une quantité limitée d'oxygène, sans quoi la prolifération du microbe est tellement rapide, qu'il consomme en peu de temps les aliments contenus dans le liquide et arrive à vivre sur lui-même, comme nous le disions précédemment.
. Si Ton vient, au contraire, à espacer de plus en plus les ensemencements; si, par exemple, nous prenons le cas limité d'une durée de un ou deux mois, il peut arriver qu'à ce moment le microbe soit mort; s'il vit encore, sa fonction physiologique est profondément modifiée, et, de microbe virulent à l'égard des animaux et de l'homme qu'il était d'abord, il est devenu inoffensif. Injecté dans les veines, il se développe, mais sans manifester sa présence par un trouble fonctionnel appréciable chez le sujet inoculé.
Ainsi donc, au contact prolongé de l'oxygène de l'air, et avec un apport alimentaire nul ou insuffisant, les bactéries virulantes finissent par perdre leur virulence et meurent ensuite.
. Reprenons maintenant notre bactérie primitive, par exemple le bacillus anthracis du charbon maintenu à l'air, à 42-43°, dans du bouillon de poule, et, de temps en temps, injectons dans les veines d'animaux une même quantité du liquide rendu homogène par l'agitation. Chose étonnante, nous voyons qu'avant d'atteindre le moment où il a perdu toute virulence, où il est reconnu inoffensif pour les animaux, il passe par tous les degrés d'une virulence décroissante. Après avoir tué un bœuf, il ne fait plus