ATTÉNUATION DES MICROBES
les individus mordus par des chiens enrage's, M. Pasteur enraie complètement cette terrible affection. Nous croyons inutile d'insister sur le service immense que, après tant d'autres, l'illustre savant a rendu à l'humanité.
§ V. — Classification des bactéries.
Il n'existe pas encore de système de classification naturel des bacte'ries.
Des essais nombreux ont été faits, qui sont basés sur la forme des cellules, leur grandeur, leur coloration, leurs mouvements, etc. Nous citerons celle de Cohn, qui est une des plus simples qu'on ait proposées.
Cohn range les diverses bactéries dans quatre groupes :
I** Spherobactéries ou bactéries globulaires, comprenant le genre unique Micrococcus; — petites cellules sphériques ou ovales, de i à 3 [x de diamètre, isolées ou réunies en chapelets (torula)^ ou assemblées par tas de quatre, immobiles ;
2** Microbactéries ^ bactéries en bâtonnets courts, comprenant encore un seul genre Bacterium; — cellules cylindriques plus longues que larges, isolées ou groupées par deux, trois ou quatre, jamais plus, mobiles ;
3^ Desmobactéries ou bactéries en filaments très étroits ; comprend deux genres : a) Bacillus^ filaments rectilignes, longs ou courts, disposés en chaînes d'articles souvent nombreux, mobiles ou immobiles; — b) Vibrio^ filaments ondulés et mobiles;
4° Spirobactéries ou bactéries en filaments contournés, en forme de tire-bouchon, à mouvement rapide et réversible, comprend deux genres : Spiril-» lum et SpirochcetCy qu'on peut réunir en un seul.
Le genre Leptothrix est envisagé aujourd'hui comme résultant de la réunion, bout à bout, d'un grand nombre de desmobactéries, sans étranglement au niveau des articulations, ce qui les distingue des lorulacées.
Au point de vue spécial des fermentations, c'està-dire de l'action des micro-organismes sur les composés fermentescibles , auquel nous devons nous placer, nous diviserons les fermentations produites par les bactéries, avec Henninger, d'après la nature des réactions chimiques qu'elles provoquent, avec ' des sous-divisions suivant la nature des substances fermentescibles. Dans ces conditions, la réaction chimique essentielle observée nous permettra de diviser la fermentation en quatre groupes :
I ° Fermentations par hydratation ;
2** Fermentations par dédoublement;
3® Fermentations par réduction ;
4° enfin, fermentations par oxydation.
Deux des principaux modes de fermentations sont représentés par ceux qui consistent en phénomènes d'oxydation et ceux où il y a réduction ; mais ces deux genres si opposés dans leurs résultats ne doivent pas nous conduire à une différentation trop absolue dans le fonctionnement des ferments aérobies et anaérobies, et nous faire admettre que les fermentations par réduction sont spéciales aux ferments anaérobies, et les fermentations par oxydation propres aux êtres aérobies. En effet, dans les oxydations les plus nettes produites par les microbes, dans la fermentation acétique ou nitrique, par exemple, le ferment vit et se développe ; cette production de tissus organiques de nouvelle formation constitue un phénomène essentiellement réducteur ; dans les dé- ■compositions produites par les anaérobies, dans la fermentation alcoolique par exemple, il y a, simulta-? nément,. réduction dans la formation de tissus nouveaux et dans la production de l'alcool, et oxydation