ACTION RÉDUCTRICE DE CERTAINS MICROBES
cause première de la minéralisation d'eaux thermales qu'on expliquait autrefois uniquement par la dissociation des sulfures métalliques au contact de la vapeur d'eau à haute température et sous pression, ou par la réaction des silicates alcalins sur les pyrites, avec formation, dans le premier cas, d'oxyde et d'hydrogène sulfuré, dans le second de sulfures alcalins et de silicates de fer et de cuivre.
3. Réduction des nitrates, — • Nous avons vu précédemment les nitrates se former dans le sol par l'oxydation de l'ammoniaque provoquée par un microbe aérobie spécial découvert par MM. Schlœsing et Mtintz ; c'est le phénomène inverse, c'est-àdire la réduction des nitrates, qui va nous occuper.
Les eaux ne renfermant primitivement que des nitrates, abandonnées à elles-mêmes, peuvent donner plus tard les réactions des nitrites ; pour que cette réduction s'opère, l'eau doit contenir des éléments hydrocarbonés ; elle ne se produit plus ou s'arrête, en présence du chloroforme, de l'acide phénique ou de la chaleur ; ces faits, observés par M. Meusel, ont été attribués par lui à l'action de bactéries auxquelles l'hydrocarboné sert d'aliment ; cet aliment hydrocarboné peut-être un sucre, un alcool, mais non pas un acide, en présence duquel il ne se produit plus de nitrites, ceux-ci étant décomposés, dans le milieu acide en acide azotique et bioxyde d'azote.
Le phénomène a été étudié de plus près par MM. Gayon et Dupetit qui ont observé que, en abandonnant un mélange de nitrate et d'eau d'égout sucrée ou de bouillon de poule, le liquide se peuple d'abondants organismes anaérobies, sous l'influence desquels la réduction en nitrite s'effectue, et peut même aller jusqu'à la production d'azote dont la quantité peut correspondre à i gramme de nitrate de potasse par litre et par Jour. Ici encore la matière organique et l'aliment hydrocarboné sont nécessaires à la réduction qui s'arrête sous l'action de la chaleur, du
chloroforme, du sulfate de cuivre, mais non plus du phénol et de l'acide salicylique. Les auteurs ont reconnu que cette réaction est provoquée par de petits microbes en forme de bâtonnets qui paraissent d'espèces différentes en rapport avec une intensité d'action réductive également variable.
Enfin MM. Dehérain et Maquenne ont observé une nouvelle réduction des nitrates qui s'arrête à la phase de protoxyde d'azote, et qu'ils attribuent également à un ferment spécial, en se basant sur la nécessité de la présence dans le liquide d'éléments organiques, et sur l'arrêt du phénomène sous l'influence de la chaleur ou du chloroforme.
En résumé, certains ferments spéciaux, d'espèces et par suite d'activité variables, opèrent dans la nature la dénitrification partielle des nitrates, en donnant comme produits de réduction, tantôt des nitrites, tantôt du protoxyde d'azote, et d'autrefois de l'azote libre ; il se forme en outre de l'ammoniaque, ainsi que l'ont démontré MM. Boussingault et Schlœsing.