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VARIOLE

Les recherches de Luginbühl, de Weigert, ont montré l’existence dans les pustules de la variole d’un travail tout à fait analogue à celui que nous avons trouvé dans les papules claveleuses. D’après Luginbühl, on trouve dans le réseau de Malpighi des groupes de cellules hypertrophiées contenant des micrococcus ; quelques-unes de ces cellules se transforment même en ces cellules géantes à noyaux multiples qu’avait déjà observées M. Chauveau dans la clavelée. Weigert, quoique en désaccord sur quelques points avec Luginbühl sur la structure du bouton varioleux, y retrouve les micrococcus, et les revoit dans l’intérieur des organes. Il a trouvé dans le foie, la rate, les reins, les ganglions lymphatiques, des foyers circonscrits ayant les dimensions et la forme des plus petits tubercules miliaires, et constitués par des cellules présentant des altérations semblables à celles du bouton varioleux. Nous n’avons pas à entrer dans des considérations anatomiques, notre seul but étant de montrer la concomitance de la variole et du développement du micrococcus. Il est vrai qu il nous manque de pouvoir mettre en parallèle, dans une expérience d’inoculation, le développement des granula-

tions virulentes et le développement de la maladie, commenous l’avons fait pour la clavelée. Mais on comprend que la chose est ici moins facile, l’organisme humain étant seul à constituer un terrain favorable à l’évolution complète de la variole. La ressemblance des deux affections nous autorise pourtant à conclure de l’une à l’autre, et à considérer notre affirmation au sujet de la variole comme aussi solidement assise qu’au sujet de la clavelée.

vaccine

Je serai bref à propos de la vaccine, parce que je n'aurai qu’à répéter à son sujet ce que j’ai dit à propos de la variole. Keber, de Dantzig, a le premier, en 186S, fait l’étude des organismes contenus dans la lymphe vaccinale, qui peut bien renfermer en abondance des microzoaires et des microphytes, quand elle a été conservée un certain tempsdans les tubes, et même quelquefois lorsqu’elle est fraîche et extraite de boutons un peu anciens, mais qui, lorsqu’elle provient d’un bouton vaccinal dans sa période d’augmentr est absolument dépourvue de toute forme organique pouvant être rapportée à des animalcules ou à des plantes microscopiques. Il n ya absolument que des granulations, des micrococcus, unis à des éléments cellulaires non virulents. C’est ce qui résulte des déterminations concordantes de Keber, Chauveau, Burdon Sanderson, Klebs et Cohn. Ce dernier a même vu ce micrococcus, qu’il appelle Micrococcus vaccinæ, se développer dans une goutte de vaccin sous le microscope, à une température de 35°, et il en a constaté l’identité complète avec le micrococcus de la variole. Mais ces deux dernières affirmations sont sujettes à caution. Pour la première, Cohn ne dit pas comment il s’est mis à l’abri des causes d’erreur pouvant provenir de l’introduction des germes étrangers, et le fait, s’il était réel, est trop important pour qu’on l’accepte sans preuves. Enfin, quant à l’identité des granulations de la vaccine et de la variole.

elle n’est établie que sur leur identité d'aspect, ce qui n’est pas suffisant.

C’est en effet une grosse question , et qui a beaucoup préoccupé les savants, que celle de l’identité fondamentale entre la vaccine et la variole. A la suite des travaux très bien conduits d’une commission lyonnaise présidée par M. Chauveau, elle semblait devoir se résoudre par la négative. Il avait été impossible, quelle que fut la variété des procédés mis en œuvre, de passer, par des cultures du virus sur le même animal, ou sur des animaux divers, de la vaccine à la variole, ou inversement. Mais le travail de M. Pasteur sur le choléra. des poules exige que la question soit remise à l’étude, car ce n’est pas par le passage du virus de cette maladie à travers le corps de certains animaux qu’on obtient son atténuation, c’est par diverses influences dont la plus importante est l’action de l’air. Constamment cultivés dans le corps des poules, au contraire, deux virus identiques à l’origine peuvent manifester et conserver des degrés très divers de virulence, et se montrer aussi dissemblables en apparence que celui de la vaccine et de la variole.

Remarquons en passadt qu’un grand nombre des problèmes soulevés depuis qu'on utilise le vaccin, tels que la véritable signification de l’éruption pustuleuse, les variations et surtout la diminution dans la virulence, dans le degré de la vaccination, dans la durée de l’immunité conférée, tous ces problèmes restés sans solution tant qu'on n’a étudié que la vaccine seule, et dont quelques-uns même étaient sans signification bien précise, ont fait un pas depuis les études sur le vaccin du charbon ou du choléra. Il est probable maintenant qu’il y a vaccin et vaccin, que celui qui vient de la vache peut n’être pas identique à celui qu’on transmet de bras à bras, que sous une identité apparente se cachent des effets de vaccination très divers, que l’on est rarement vacciné au maximum, etc. Rien à priori ne nous permet donc de séparer un virus

bénin comme celui de la vaccine d’un virus actif, comme celui de la variole. Mais ces mêmes découvertes dont nous venons de parler ne nous autorisent pas non plus à les confondre sous prétexte que l’un confère l’immunité par rapport à l’autre, car nous avons vu que les poules vaccinées du choléra des poules devenaient incapables de contracter le charbon. En résumé, tout est possible, mais il n’y a encore rien de démontré.

Nous avons débuté par des maladies dans lesquelles, en inoculant un petit organisme, nous récoltions une maladie bien déterminée et le même petit parasite. Nous avons ensuite trouvé des cas dans lesquels l’ensemencement reproduisait bien la maladie originaire, mais dans lesquels nous n’avions pas le droit d’en accuser nettement l’organisme que nous semions et que nous récoltions. Voici venir des maladies dontle caractère contagieux est certain, mais que l’on ne sait pas sûrement reproduire par la culture, et dont le caractère parasitaire est par suite encore plus douteux que pour aucune de celles qui précèdent.

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