CONCLUSION
nous fait voir, à la fois théoriquement et par des exemples irrécusables, que nous pouvons en triompher, et, sinon les faire disparaître, du moins les rendre inoffensifs. Cet espoir est-il chimérique? Il l’était quand on croyait que toutes les maladies étaient en nous et par nous, il l’est encore pour celles qui résultent de l’usure des organes, il ne l’est plus pour celles que produisent lesinfinimentpetits. L’homme n'est pas plus fait pour rester leur proie que celle des bêtes féroces entre lesquelles il a dû se faire une place à son arrivée dans le monde, et qu’il a détruites ou domptées à force d’industrie, d'intelligence et de travail.
Ce sont des efforts de même nature qu’il a à faire aujourd’hui. L’admirable ensemble des travaux de M. Pasteur lui permet de les diriger avec sûreté, et, au bout de l’œuvre, il y a la conservation de millions d’existences pour la famille et la patrie. Avec la grandeur du but pour exciter et relever son courage, avec des moyens d’action que l’expérience lui apprendra à rendre de plus en plus puissants, sa victoire n’est pas douteuse. Nos petits enfants connaîtront moins que nous les amertumes des séparations prématurées, et s’ils ne prennent pas un peu en pitié la patience avec laquelle nous avons si longtemps supporté la barbarie des infiniment petits, c’est qu’ils se souviendront de ce qu’il a fallu de génie pour découvrir leur importance et nous mettre à l’abri de leurs coups.
ri N.
EXPLICATION DES PLANCHES
Nota. — Toutes les planches de ce volume sont dessinées à la même échelle, avec un grossissement de 500 diamètres. Les êtres divers qu’elles représentent sont donc immédiatement comparables dans leurs dimensions.
Planche I. — Principales formes qu’on rencontre dans une macération de foin, au bout de cinq à six jours de séjour à l’étuve. — En a, gros kolpocles, portant à l’avant des rides couvertes de cils vibraliles, à l’aide desquels ils envoient les aliments dans une sorte de bouche, placée obliquement dans la partie rentrante. A l’arrière, vésicule contractile tantôt visible en gris bleuâtre, tantôt invisible quand elle est contractée, et qu’on doit assimiler à un cœur. — Un de ces kolpodes est en boule et commence à s’enkyster. C’est ce qui arrive quand les conditions d’existence deviennent difficiles. — En b, vibrions contournés régulièrement en spirale, qu’on appelle spirillums. — En c, monades avec un cil vibratile à l’avant. — En e, amas amorphes de micrococcns. — En micrococcus en chaînes. — Ça et là, dans le champ, petits bâtonnets mobiles et immobiles, rectilignes ou flexueux, composant le monde des vibrions. — Au milieu du champ, tout près de e, cellules rondes, de la grosseur des cellules de levure.
Pl. H. — Pénicillium. — En a, port général d’un filament fertile, rameux, sortant d’un mycélium très rameux mais non anastomosé, grossissement: 30. — En 6, filament fertile très chargé de bouquets de spores, portés tous par des pédoncules insérés au nombre de trois ou de quatre à l’extrémité d’un rameau plus ou moins long du filament sporifère. — En c, en cl, en e, diverses terminaisons de filaments fertiles, grossissement : lôO. — En f, spores au grossissement, commun de toutes les autres planches.
EXPLICATION DES PLANCHES
Aspergillus. — En a, port général de la plante, grossissement : 30. — En b, extrémité grossie 200 fois du filament fertile. Les chapelets de spores, dont on n’a représenté que le commencement, s’insèrent sur le renflement par l’intermédiaire de stérigmates. — En c, spores au grossissement commun des planches. — En d, spores germant et poussant leurs tubes mycéliens.
Pl. 111, Coté gauche. — Mycolevûre épuisée par un long séjour au fond d’un liquide minéral et sucré qu’elle a fait fermenter Les parois de la cellule sont devenues très fines, et le protoplasma intérieur est condensé en une grosse granulation, qui quelquefois semble noyée dans une gouttelette de matière grasse, — Quelques cellules, au haut de la figure, ont grossi et sont devenues monstrueuses.
Côté droit. — Aspect de lalevûre rajeunie par ensemencement dans un liquide minéral sucré. Les granulations ont disparu, l’aspect intérieur est devenu homogène, les globules sont turgescents, rameux, en plein bourgeonnement.
Pl. IV, Côté gauche. — Mycoderma vini, cellules de grosseurs diverses, mais de môme aspect et de môme constitution, — quelques unes bourgeonnent.
Côté droit. — Mycoderma aceti en articles isolés ou en chaînes, quelques-uns en amas d’où les chaînes irradient dans tous les sens. Le dessin ne rend pas bien l’aspect gracieux et onduleux qu’ont quelquefois ces chaînes.
Pl. V, Côté gauche. — Ferment lactique. — L’aspect est analogue à celui du mycoderma aceti, mais les articles sont plus gros et plus turgescents, — on les trouve isolés ou en chaînes. Les cristaux aciculaires que représente le dessin sont du lactate de chaux, qu’on trouve toujours associé au ferment lactique, quand on fait vivre ce dernier dans un liquide sucré, en présence du carbonate de chaux.
Côté droit. — Vibrion butyrique avec ses formes diverses, en bâtonnets isolés, longs ou courts, en couples, en chaînes. Par places, on assiste à la formation des spores. Quelques articles s’étirent en fuseau quand la spore s’y est produite.
Pl. Vf. — La planche VI donne au môme grossissement quatre espèces aérobies prenant part à la fermentation de la caséine
EXPLICATION DES PLANCHES
ilans le lait et à la maturation des diverses espèces de fromages.
1. Filament coudé. — Articles longs et chapelets d’articles courts. Au milieu du champ, filament où les spores se sont formées et qui est en voie de résorption.
2. Filament granuleux. — Plus gros et rempli d’un protoplasma plus granuleux que le précédent, — au bas, articles où les spores apparaissent ; — à droite, au bas, spores isolées.
3. Filament ténu. — Très fin et à intérieur homogène, — on y voit tous les passages du filament à la spore isolée et immobile.
4. Filament effilé. — Très grande variété de formes. L’étre se renfle irrégulièrement à une certaine période de son existence, en général au moment de l’apparition des spores, et parait effilé à ses extrémités, au moins à l’une d’elles, soit que l’effilure soit réelle, soit qu’elle résulte d’un contraste.
Pl. VII. — Tous les êtres de la planche VI sont des agents de combustion, prenant l’oxygène à l’air, le portant sur les matériaux azotés. Les vibrions delà planche VII sont des ferments donnant avec la caséine des dégagements gazeux plus ou moins abondants. Le vibrion filiforme seul est encore un aérobie.
1. Vibrion chaînette. — Chaînes plus ou moins longues dont les articles sont assez lâchement unis, et qui voyagent avec des mouvements à la fois connexes et indépendants, comme des files de bateaux sur un fleuve, — quelques articles se renflent fortement au moment de donner la spore.
2. Vibrion massue. — Articles assez cylindriques dans leur jeunesse.se renflant plus tard irrégulièrement à une extrémité, dans laquelle vient se former une spore.
3. Vibrion claviforme. — Très petits bâtonnets peu réfringents, difficilement visibles, dont l’extrémité se renfle quand ils vieillissent, en prenant un diamètre triple de celui du filament, puis se condense en une petite masse noire ayant le double seulement de l’épaisseur du bâtonnet. Cette sorte de tête se sépare du clou qui la porte, et qpj s'amincit, puis se brise au point d’insertion.
EXPLICATION DES PLANCHES
4. Vibrion filiforme. — Rappelle le filament ténu dont il se distingue par une largeur un pou plus grande et surtout par les produits de son action sur la caséine.
Pl. VIII. — Ferment de l'urée. — Fidèlement représenté, — il est comme modelé sous le microscope, et tourne nettement à l’œil, — se rencontre en granules isolés, accouplés ou en chaînes.
Pl. IX. — Aspect au microscope du magma qu’on obtient en broyant dans un mortier, avec un peu d’eau, un papillon de ver à soie corpusculeux. Les globules ovales, à contour doux, sont des corpuscules. Les globules plus ronds et d’aspect plus dur, éparpillés dans le champ, avec un point central d’ou irradient des lignes très fines, sont des urates provenant de la poche cœcale. On en trouve chez tous les papillons, malades ou sains, et il est urgent de ne pas les confondre avec les corpuscules. Çà et là, dans le champ, débris amorphes de tissus divers. A gauche, entrant obliquement dans le champ, un fragment de plumule de l’aile du papillon.
Pl. X, Côté gauche. — Aspect de la bactéridie charbonneuse cultivée dans du bouillon de veau, dans des matras Pasteur. Elle est en longs fils entrelacés, homogènes d’abord, mais où on voit bientôt apparaître des spores qui finissent par s’isoler et devenir indépendantes. La figure représente quelques-unes de ces spores non encore complètement libérées de leurs attaches primitives et arrangées en lignes régulières.
Côté droit. — Aspect de la bactéridie dans le sang d’un animal mort charbonneux. Beaucoup de bâtonnets isolés ou par couples, rarement des chaînes plus longues. Des globules du sang crénelés sur leur pourtour. En haut et en bas, deux leucocytes.
Pl. XI. — Microbe du choléra des poules.
Côté gauche. — Culture récente, formée de granules turgescents, isolés ou par couples, lorsque les micrococcus remplissent le liquide et le rendent trouble.
Côté droit. — Môme culture, après quelques jours, quand le liquide s’est éclairci, et que les microbes sont tombés au fond du vase.
EXPLICATION DES PLANCHES
Pl. XII. — Vibrion septique. — On a représenté dans la figure, et aussi bien qu’il a été possible, la variété de formes et de dimensions vraiment remarquable de ce microbe. Dans le quart du champ on a essayé de représenter ce qu’il devient quelques heures après la mort dans le sang, où il est pourtant moins visible que ne le représente la figure, à cause dès globules au milieu desquels il se glisse. On le devine plus qu’on ne] le voit alors, mais aucun dessin ne peut rendre cette impression. On l’a représenté traversant une de ces places vides de globules, comme il y en a quelquefois dans une préparation, quand la surface de l’un des deux verres qui la maintiennent présente quelques taches de matière grasse.