‹ Fernand suivi de Vaillance ét de RichardChapitre 18 sur 118 · PREMIÈRE PARTIE. S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. S

Mondéberre à Peveney, j'appris à le connaître et à l'apprécier. C'est un jeune homme charmant, joignant aux plus nobles qualités de l'âme les dons les plus précieux de l'esprit. En arrivant à Peveney nous étions déjà de vieux amis. Nous nous reverrons à coup sûr.

Telle est l'histoire de ma journée. Je t'écris, comme l'autre soir, à la même heure, près de ma fenêtre ouverte. La nature est bonne, la solitude est douce. En cet instant, la lune éclaire le sentier où j'ai vu passer hier mademoiselle de Mondéberre à cheval ; qu'elle était belle^ gracieuse et charmante avec sa jupe d'amazone et ses blonds cheveux au vent ! On eût dit une jeune guerrière. Qu'ai-je donc aujourd'hui et d'où vient à mon cœur la douce ivresse qui l'inonde?... Abîme, abîme mystérieux!

KARL 8TEW A FERNAND DE PEVENET.

Pardieuîje te trouve plaisant avec tes mystérieux abîmes. En tout cela, je n'aperçois ni plus d*aiîmes que sur ma main, ni plus de mystères que d'étoiles en plein midi. Tu aimes mademoiselle de Mondéberre. Eh bien, mon cher garçon, je n'y vois pas grand mal. Elle est jeune, elle est belle; tu es jeune encore, et, nous pouvons le dire, passablement tourné. Vos propriétés se touchent : les armoiries de Peveney écartelées de Mondéberre ne feront point mal sur un écusson. Si vous vous aimez, il faut vous marier, mes enfants. Et pourquoi pas, Feruand? Ce n'est pas moi qui t'en voudrais blâmer. La fa-

mille, à tout prendre, est une bonoe cbose, etje d« sache pas que dos socialistes modernes aient rien imaginé de mieux. J'ai longtemps réfléchi sur tes goûts, sar ton caractère : je te dois cette justice, qu':iu milieu même de tes plus grands écarts, j'ai loujriiirs reconnu ea toi une âme amie de l'ordre et du il I voir. Je te crois né pour le mariage; j'ai la coLivirlion que, si ton choix est bon, tu goûteras en cet ùl.it, le seul convenable en ce monde, tout le boDliciirqu'îl est permis de goûter icî-bas. Je me réjouis donc de te voir rôder, peut-être à ton insu, au- Iniij'iiL' la vraie destinée de l'homme : jeté sens près de Irutiverlavoie. Seulement, neteMte pas; que ton cd'ur se repose encore; avant de l'offrir et de le (loiiiin-, laisse-lui le temps de s'épureret de refleurir, qu'il >ijit digne de l'enfanlqui l'aura su charmer. Et l)iiis, Fernaod, puisqu'il en est ainsi, tu dois à mailauii'deRouèvres, tu dois surtout à mademoiselle de Monili'berre d'en finir, sans plus attendre, courageuïciijciii et loyalement avec le passé. N'outrage ni tes ïiouvriiirs ni tes espérances. Que madame de Rouëvic uv puisse jamais supposer que tu l'as délaissée pou I' (urmer de nouveaux liens ; qu'elle ait du moius, dans son abandon, la consolation de se dire que tu lie l'a^ pas sacrifiée à une rivale plus belle et plus jeune, mais que ton amour a cessé parce que tout iinil sur la terre. D'une autre part, que mademoiselle de Mi>iidcberre ne puisse jamais soupçonner que ton amour pour elle a germé sous les cendres encore Lièdes d'un autre amour à peine éteint, et que tu as profané son image en la mêlant aux préoccupations d'uiiepassioa agooisaote. Respecte ces deux iemmes:

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