‹ Fernand suivi de Vaillance ét de RichardChapitre 28 sur 118 · FERNAND · texte numérisé non relu

FERNAND

a;[nour ombrageux et jaloux s'irritait de n'être pas pour moi la vie tout entière ? Sois heureux, je n*ai plus que toi. Ne t'effraye pas de ce que j'ai fait, surtout ne m'en remercie pas. Ce que je quitte ne vaut pas un regret ; j'aurais quitté le ciel avec joie, si le i ciel pouvait être où mon Fernand n'est pas. Que ? n'es-tu pauvre, malheureux et proscrit I Je ne sais que ta fortune qui soit de trop dans mon bonheur. Mais parle-moi donc, Fernand ! dis-moi donc que tout ceci n'est point un rêve, car ce rêve enchanté, je l'ai fait si souvent, qu'à cette heure même, à tes genoux que j'embrasse, je me demande si ce n'est pas une illusion près de m 'échapper encore une fois.

— Non, non, ce n'est point un rêve I s'écria en se frappant le front M. de Peveney, que ces derniers mots venaient de ramenerviolemment au sentiment de la réalité ; mais vous n'avez donc pas reçu ma dernière lettre ? ajouta-t-il en se levant.

— Voilà deux jours^ répondit Arabelle, que je suis sortie de ma maison pour n'y plus rentrer. De quelle lettre parles-tu ?

— Sortie de votre maison pour n'y plus rentrer I Mais votre mari ? demanda M. de Peveney, qui se contenait à peine.

— Mon mari, mon amant, mon dieu, c'est toi !

s'écria madame de Rouèvres toujours agenouillée, en pressant contre son sein les genoux de Fernand.

L'espoir que tout n'était pas perdu rendit à M. de Peveney sa présence d'esprit. Il sentit qu'il avait besoin de tout son sang-froid pour examiner la situation, et voir s'il n'était pas possible de se tirer d'un si mauvais pas.

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