CHAPITRE VU
cette chambre, qu'il allait quitter pour jamais, ua long et triste regard, puis élevant la voix :
«Mes hôtes, — dit-il, — adieu I Adieu, franchise, honneur et loyauté que j'ai trouvés assis à ce foyer I Adieu, grâce et beauté dont j'emporte le parfum dans mon cœur i Adieu, demeure hospitalière dont le souvenir me suivra partout I Si mes vœux montent jusqu'au ciel, mes hôtes, vous aurez de longs jours exempts d'ennuis et de misères, et vous vieillirez dans la joie de vos âmes, sous les ailes de l'ange qui habite au milieu de vous. Allons, Messieurs, — ajoutat-il en tendant sa main; — ma main est digne de toucher les vôtres. »
A ce moment suprême, les trois Legoff se sentirent émus. Us s'étaient pris pour ce jeune homme d'une affection vive et sincère; Joseph lui-môme, malgré toutes les amertumes dont il l'avait abreuvé durant son séjour au Goat-d'Or, n'avait pu s'empêcher de rendre justice aux aimables qualités de sir George. En le voyant près de partir, sa paupière se mouilla de pleurs. Christophe lui ouvrit ses bras et le tint longtemps embrassé. Jean l'embrassa aussi à plusieurs reprises.
Enfin, quand ce fut le tour de Joseph, ils se pressèrent l'un contre l'autre avec effusion et répandirent des larmes abondantes. Ils souffraient du même mal; on eût dit que leurs douleurs se comprenaient.
«.Vous êtes un noble cœur! — s'écria Joseph en sanglotant.
«— Mais, mille tonnerres I — - disait Christophe ea